La piraterie favorisée par la hausse de l'or noir


Les attaques de navires et essentiellement de pétroliers sont en hausse dans le golfe de Guinée, un phénomène qui inquiète en Afrique de l'Ouest et serait favorisé par la montée des prix de l'or noir.


© Eunavfor
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Ces actes de piraterie se concentraient au départ au large des côtes du Nigeria, premier producteur de brut d'Afrique, mais ils touchent désormais aussi le Bénin voisin, faisant de la zone un nouveau point chaud de la piraterie dans le monde. Selon Rob Borthwick, analyste chez Maplecroft, un groupe basé à Londres spécialisé dans l'analyse de risque, plusieurs facteurs expliquent la recrudescence. Les "tensions actuelles liées à l’amnistie de 2009 dans le delta du Niger et la hausse des prix du pétrole sur les marchés depuis un an sont sans doute des facteurs", estime-t-il. À Londres, le baril de Brent a atteint la semaine dernière son plus haut niveau depuis mai 2011, à 123,62 dollars. Le Nigeria est parvenu à largement réduire la violence dans sa zone de production, le delta du Niger, en offrant une amnistie aux groupes armés. Mais le vol de brut persiste dans cette région largement sous-développée. La hausse des tarifs du carburant au Nigeria à la suite d'une réduction des subventions des prix à la pompe, en janvier, "peut aussi être devenue une raison de plus pour cibler les pétroliers", juge M. Borthwick.
Michael Howlett, directeur adjoint du Bureau maritime international, estime lui aussi que l'augmentation du prix du baril peut avoir actuellement un impact sur les attaques dans le golfe de Guinée. L'attaque mi-février d'un navire au large de la capitale économique nigériane, Lagos, s'est soldée par la mort de deux membres d'équipage, soulevant des craintes d'une escalade de la violence. Selon le groupe de réflexion RiskIntelligence, trente-quatre actes de pirateries ont été recensés l'an dernier au large de Lagos et de Cotonou, la capitale économique béninoise, contre treize en 2010. En réponse, le Nigeria et le Bénin ont lancé un programme de patrouilles maritimes conjointes.
Bien que le phénomène soit encore localisé, il inquiète en Afrique de l'Ouest. La semaine dernière, le président togolais, Faure Gnassingbé, a proposé au Conseil de sécurité de l'Onu la création d'un "Groupe de contact international sur la criminalité transnationale organisée" comprenant la piraterie. Ce groupe serait créé sur le modèle de celui existant pour la piraterie au large de la Somalie, a-t-il suggéré. "Actuellement c'est très localisé mais le risque c'est que ça se propage à davantage de pays", a souligné Mamadou Makhtar Gueye, membre de la délégation sénégalaise au sommet des 16 et 17 février de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao, quinze pays membres) à Abuja. Les dirigeants présents ont souligné le besoin d'accroître leur coordination pour combattre la piraterie. "C'est un sujet qui préoccupe. Tout passe par le golfe de Guinée, nos importations. Par où on va passer sinon, par le désert ?", s'est interrogé un diplomate ouest-africain.
Si certains craignent un scénario à la somalienne, les experts soulignent qu'il y a peu de similitudes, en Afrique de l'Ouest, avec la piraterie au large de la Somalie, où les assaillants réclament des rançons après la prise en otage d'équipages, souvent pendant des mois. Il s'agit de "dynamiques très différentes", estime Thomas Horn Hansen, de RiskIntelligence. De plus, le Nigeria dispose, selon lui, de la capacité militaire et économique de combattre le fléau. Un ancien haut responsable de la marine nigériane s'est cependant interrogé sur la volonté politique d'Abuja d'y mettre fin, soulignant que le commerce très lucratif sur le marché noir du pétrole volé bénéficie directement à certains "parrains" d'hommes politiques au pouvoir. Les structures du Nigeria pour lutter contre la criminalité "sont très faibles, la police est corrompue et la justice est lente", a en outre estimé cette source.

Susan Njanji

Lundi 27 Février 2012





     

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