La piraterie recule en Somalie


Au premier trimestre, le recul des actes en Somalie, zone la plus dangereuse du monde, a favorisé une diminution de la piraterie globale. En revanche, la situation devient préoccupante en Afrique de l'Ouest et en Indonésie.


© EUNAVFOR
© EUNAVFOR
La piraterie mondiale a reculé entre les premiers trimestres 2011 et 2012, avec 102 actes enregistrés contre 142 l'an passé. Dans son rapport trimestriel publié lundi 23 avril, le Bureau maritime international (BMI) rappelle néanmoins que ces chiffres restent élevés par rapport aux années précédentes (62 en 2010, 102 en 2009 et 49 en 2008) et que 2011 était une année record, avec 439 attaques au total.
Sur les trois premiers mois de l'année, 11 navires ont été capturés, 45 abordés, 14 se font fait tirer dessus et 32 tentatives d'attaques ont été signalées. Quelque 212 membres d'équipage ont été pris en otage et 4 ont été tués. La Somalie, le golfe d'Aden, l'Indonésie, la mer Rouge et le Nigeria sont les zones les plus dangereuses, avec 70 % des actes de piraterie commis dans le monde.

Renforcement de la mission Atalante

Le large de la Somalie constitue la principale menace pour les navires, avec 43 attaques au premier trimestre, dont 9 captures, et 144 membres d'équipage pris en otage. "Si le nombre d'actes et de détournements sont moins importants en 2012 qu'à la même période en 2011 (97 actes, 16 détournements), ce n'est pas tant dû à la baisse de la piraterie en Somalie sur le court terme qu'aux actions prises pour la combattre", peut-on lire dans le rapport du BMI. L'institution attribue en effet ce repli aux "actions dissuasives et préventives menées par les marines étrangères dans la région".
Parmi les dispositifs, figure l'opération Atalante, lancée par l'Union européenne en 2008 pour lutter contre les pirates somaliens dans l'océan Indien. Elle a depuis permis l'arrestation de 117 pirates présumés et, en 2011, le démantèlement de 27 groupes de pirates. Le 23 mars dernier, cette mission a été renforcée et prolongée jusqu'en 2014. Les députés européens ont donné leur feu vert à de nouvelles mesures, notamment sur le littoral. Concrètement, le BMI explique que les forces européennes présentes "pourront désormais neutraliser les infrastructures des pirates, leurs dépôts d'armes" le long des côtes et sur la plage, immobilisant leurs bateaux et réserves de carburant entre autres.

"La zone d'action des Nigérians s'étend"


Autre facteur de dissuasion : le recours aux sociétés de sécurité privées et la présence de gardes armés à bord des navires. En 2011, aucun navire défendu par des hommes armés n'a été attaqué, selon le BMI. Fin janvier, Pierre Martinez de Securymind, société de conseil en sécurité, estimait que, même si la location d'escortes armées est facturée très cher aux armateurs. "C'est quand même moins coûteux que de payer les rançons ou de transformer les navires en forteresses. Les pirates sont pragmatiques : si cette cible s'avère dangereuse et bien protégée, ils se retirent et attendent le passage d'une autre", analyse-t-il. Les rançons sont en effet de plus en plus élevées : de 4 à 5 millions de dollars en moyenne en 2011. La piraterie somalienne a coûté à elle seule 7 milliards de dollars l'an dernier.

Croissance inquiétante en Indonésie

Le BMI insiste par ailleurs sur l'inquiétante montée de la piraterie au large de l'Afrique de l'Ouest. En trois mois seulement, 10 navires sont tombés aux mains de pirates nigérians, soit le même nombre enregistré sur l'année entière de 2011. "La piraterie au Nigeria augmente en nombre d'actes et sa zone d'action s'étend", indique le directeur du Centre d'observation de la piraterie du BMI, Pottengal Mukundan. Il précise qu'"au moins six des attaques recensées ont eu lieu à plus de 70 miles nautiques de la côte, ce qui suggère que les bateaux de pêches sont utilisés en tant que "unités centrales" pour attaquer les navires plus loin". Il cite notamment la capture d'un vraquier à 110 miles des côtes, pendant laquelle 2 membres d'équipage ont été tués avant de souligner "que la violence des actes augmente dangereusement".
Les Nations unies ont d'ailleurs appelé les États du golfe de Guinée à développer une stratégie pour lutter contre la piraterie qui empire dans cette zone, ajoutant la nécessité d'un soutien de la communauté internationale.
Une forte progression des vols armés a aussi été relevée en Indonésie. Ces actes ont presque quadruplé, passant de 5 au premier trimestre 2011 à 18 en 2012. Sur les 102 actes de piraterie, 18 ont été réalisés dans la région entre janvier et mars. Quinze navires y ont été abordés et 5 membres d'équipages ont été pris en otages.


Mercredi 25 Avril 2012





     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers








Accès rapide
























 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse