La réplique de "l'Hermione" prend le large



© Hermione
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La réplique de "l'Hermione", frégate sur laquelle La Fayette rallia les insurgés américains en lutte contre l'Angleterre en 1780, a effectué sa toute première sortie en mer dimanche 7 septembre depuis Rochefort, étape décisive d'un chantier titanesque long de 17 ans. Ce n'est pas encore le grand départ pour les États-Unis, sur les traces de Gilbert du Motier (1757-1834), marquis de La Fayette, prévu en avril 2015. Mais la sortie du trois-mâts au large de la Charente est un premier aboutissement pour ce défi lancé en 1997 par quelques passionnés : reconstruire "l'Hermione" à l'identique, à l'emplacement même où avait été édifiée la frégate originale, en faisant revivre l'arsenal et les métiers de l'époque.
Organisé en deux étapes, le départ de cette réplique a débuté samedi 6 septembre, avec les manœuvres pour l'extraire de sa cale de construction - sa forme de radoub - et un premier appareillage en direction du port de commerce rochefortais, plus en amont. De là, la frégate a descendu la Charente au moteur dimanche 7 septembre, pour s'élancer sur l'océan Atlantique en direction de l'île d'Aix, avant plusieurs semaines d'essais en mer.
En 17 ans, la construction du navire - 65 mètres de long et 47 mètres de haut - a mobilisé des artisans venus de France, Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne et Suède, ainsi que des dizaines de bénévoles. Les plans du navire ayant disparu, il a fallu rechercher ceux du "navire-jumeau" de "l'Hermione" et travailler sur la base des rares peintures de la frégate, coulée en 1793. Tout cela pour un budget de 25 millions d'euros, financé notamment par les quatre millions de visiteurs venus découvrir le chantier dans la ville-arsenal, les collectivités locales et des actions originales de financement participatif pour certaines pièces spécifiques du navire (proue, fanal, etc.).
Une fois la mâture remontée à l'île d'Aix, la frégate s'élancera pour plusieurs semaines d'entraînement en mer le long de la côte atlantique, avec une première escale ouverte au public, du 9 au 13 octobre, à Bordeaux. Avant le retour mi-novembre à son port d'attache pour les derniers réglages et, enfin, le départ historique sur les traces de La Fayette.

Un défi technique à base de savoir-faire traditionnel

La reconstruction à l'identique de "L'Hermione", qui sera le "plus gros navire historique à naviguer" selon son commandant, Yann Cariou, a représenté un véritable défi technique, nécessitant des recherches historiques et la renaissance de nombreuses techniques traditionnelles.
"L'Hermione" mesure plus de 65 mètres de long et 11 mètres de large. Le grand mât culmine à 47 mètres de hauteur et l'ensemble de l'embarcation pèse 1,2 tonne. Le gréement, en manille et en chanvre, est constitué de 25 km de cordages, tandis que 2.200 m2 de tissu ont été nécessaires pour réaliser la voilure. Au total, 400.000 pièces de bois et de métal, dont un millier de poulies, ont été reproduites à l'identique. Le navire est équipé de 26 canons, reproductions de ceux de l'époque, tirant des boulets de 12 livres.
Quelque 2.000 chênes issus des forêts françaises ont été nécessaires à la construction de la coque, qui, par endroit, atteint 50 centimètres d'épaisseur. Charpentiers de marine, fondeurs, forgerons, cordeliers, voiliers, etc. : des artisans venus de toute l'Europe ont fait renaître des techniques traditionnelles. Pour le gréement, véritable réplique de l'original, plusieurs gréeurs suédois ont été mobilisés. Les 17 voiles ont été réalisées en toile de lin, avec des finitions à la main, comme au XVIIe siècle. Au total, une cinquantaine d'entreprises ont participé au projet.
"L'Hermione" fait partie d'une série de quatre frégates mises en chantier à partir de 1778 à Rochefort, l'arsenal construit au XVIIe siècle sur instruction de Colbert. Elle est construite aux côtés de "La Concorde", "La Courageuse" et "La Fée" dans ce chantier naval considéré parmi les meilleurs du monde. Onze mois à peine après le début de sa construction, "l'Hermione" prend la mer en 1779. Elle coule en 1793 au large du Croisic, en Loire-Atlantique. La réplique a été construite selon les plans originaux de l'ingénieur Henri Chevillard, dit Chevillard Aîné.

Jordane Bertrand

Lundi 8 Septembre 2014



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