La reprise de Mory Ducros en bonne voie


L'offre de reprise du transporteur Mory Ducros par Arcole Industries était en bonne voie d'aboutir jeudi 30 janvier après l'aval de la majorité des syndicats qui ont obtenu une meilleure indemnisation pour les 3.000 salariés menacés de licenciements et le déblocage progressif des agences.


Mory Ducros emploie plus de 5.000 personnes, réparties en 85 agences © Mory Ducros
Mory Ducros emploie plus de 5.000 personnes, réparties en 85 agences © Mory Ducros
La reprise de Mory Ducros par Arcole Industries est en bonne voie après l'aval des syndicats. L'offre a été examinée par les représentants du personnel lors d'un comité d'entreprise qui s'est tenu jeudi 30 janvier à Paris. Elle sera présentée vendredi 31 janvier au tribunal de commerce de Pontoise. À l'issue de longues négociations dans la nuit, l'enveloppe des indemnités supra légales prévue pour les salariés qui vont perdre leur emploi, versées en plus des indemnités normales de licenciement, est passée de 21 à 30 millions, soit quelque 10.000 euros par salarié contre 7.000 prévus initialement.
L'offre d'Arcole Industries permet, en outre, de sauvegarder 2.210 emplois sur 5.000, rappellent les syndicats CFDT, FO et CFE-CGC. "Les organisations syndicales représentant la majorité des salariés de Mory Ducros prennent acte des améliorations apportées" et se disent "prêtes à signer l'accord collectif" permettant la recevabilité de l'offre. Le CE de jeudi se tenait en présence de l'ancien patron de Geodis, Jean-Louis Demeulenaere, qui doit prendre la présidence de l'entreprise si l'offre de reprise d'Arcole est retenue par le tribunal de commerce.
La négociation a été "terrible", selon Fabian Tosolini, porte-parole de la CFDT-Transports, mais, elle a permis "d'éviter une liquidation judiciaire". Pour Daniel Gianetto, représentant FO au CE, "cet accord sauve plus de 2.000 personnes". "Ce n'est pas une victoire car 3.000 personnes vont être dans la charrette. Il y a énormément d'amertume", a-t-il assuré. "Les camarades ont bien bagarré pour obtenir 30 millions", a ajouté Alain Charpentier, représentant CGT, seul syndicat non signataire de l'accord qui a cependant appelé à la levée du blocage des agences.

Levée des blocages

Le gouvernement a lui aussi estimé que les conditions d'une fin de conflit dans les agences étaient "réunies". Les ministres du Travail, du Redressement productif et des Transports, Michel Sapin, Arnaud Montebourg et Frédéric Cuvillier, ont souligné que l'accord des syndicats CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC permettait "la levée des conditions suspensives et donc la recevabilité de l'offre". L'une des conditions suspensives de l'offre d'Arcole était que les salariés s'abstiennent de toute mobilisation sociale d'ici le 31 janvier. Arnaud Montebourg a précisé que "le gouvernement a mis en place un contrat de sécurisation professionnelle pour ceux qui ne pourront pas garder leur travail, où ils garderont leur salaire pendant un an à 97 %". Il s'est félicité que le secteur routier se soit "mobilisé", assurant qu'"un millier d'offres d'emplois seront dirigées sur les salariés de Mory Ducros qui ne peuvent pas garder leur travail", a-t-il souligné. Selon le gouvernement, la CGT a de son côté "signé un accord de fin de conflit appelant à la levée immédiate des blocages et au redémarrage dans les meilleurs délais des activités de l'entreprise". Des blocages ont déjà été levés, celui du site d'Artenay (Loiret) dans la nuit, celui de Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), où s'était rendu mercredi Arnaud Montebourg, dans la matinée.
Mercredi, le mouvement de grogne dans les agences avait touché une vingtaine d'agences, selon la CFDT-Transports. Les salariés protestaient contre les propositions d'indemnités d'Arcole Industries, le principal actionnaire de Mory Ducros, jugeant insuffisants les 7.000 euros d'indemnités supra légales de licenciement par salarié. Ils réclamaient des indemnités de 1.000 euros par année d'ancienneté pour chaque salarié licencié, "estimant que c'était plus juste", selon Fabian Tosolini. Arcole menaçait de son côté de ne pas déposer d'offre de reprise comme prévu, arguant que le mouvement de grève amenuisait les chances de l'entreprise, en redressement judiciaire depuis le 22 novembre, de repartir du bon pied.

Dominique Simon et Sylvie Husson

Jeudi 30 Janvier 2014


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