La route de l'Arctique, "une aubaine économique" pour l'Asie du Nord-Est


La route maritime de l'Arctique semble susciter un intérêt grandissant de la part des trois pays d'Asie du Nord-Est. Selon la dernière note de synthèse de l'Isemar, lorsque la Chine entrevoit dans cette nouvelle route "une opportunité commerciale et économique", le Japon en attend "une diversité des enjeux" en matière de ressources. Elle représente également pour la Corée du Sud un potentiel économique. Explications...


La Chine, le Japon et la Corée du Sud ont des approches différentes de la route de l'Arctique © Isemar
La Chine, le Japon et la Corée du Sud ont des approches différentes de la route de l'Arctique © Isemar
Selon l'Isemar, la Chine, le Japon et la Corée du Sud sont les "trois premiers pays concernés par ces routes" car ces puissances maritimes d'Asie du Nord Est constitueront "le seul hinterland viable pour ces itinéraires".
Selon la note de synthèse co-signée par Nicolas Sindres, chargé de mission stagiaire CMF, et Paul Tourret, directeur de l'institut nazairien, "la Chine entend s'imposer comme un acteur incontournable en Arctique sans brusquer ses riverains".
Le pays se dit convaincu qu'"investir en Arctique peut donner accès à une formidable opportunité commerciale et économique".

"La Chine entend s'imposer comme un acteur incontournable"


L'Empire du milieu s'est fixé trois objectifs : "préparer des réponses aux effets que les changements climatiques pourraient avoir sur la production de nourriture et les conditions climatiques (du pays), sécuriser un accès à un coût raisonnable aux routes arctiques du shipping, et enfin renforcer la capacité du pays aux ressources en tant qu'État non arctique".
Après avoir souligné que "les routes et les ressources nordiques constituent des problématiques importantes au yeux de Pékin", les deux auteurs du document rappellent le passage dès 2013 de navires de Cosco par la route du Nord-Est.

Le shipping nippon sceptique

Le Japon, pour sa part, a une attitude différente vis-à-vis de l'Arctique. L'archipel nippon, qui comporte quelques ports au nord du territoire (Tomakomai, notamment), s'intéresse à la route du Nord-Est car elle pourrait lui permettre de s'ouvrir en matière de diversité des ressources, de relations internationales, etc.
Mais la note de synthèse de l'institut explique que le shipping nippon se montre "très sceptique" à son égard. Elle cite le rapport rédigé en 2013 par le Japan Institute of International Affairs (un "think tank" proche du ministère japonais des Affaires étrangères). Celui-ci avait indiqué qu'une route du shipping, bien qu'elle soit plus courte, mérite qu'on s'y intéresse que si elle a "un sens économique".

Une "approche pragmatique" pour la Corée du Sud

Enfin, la Corée du Sud (pays qui attire depuis le début du mois de septembre l'attention de tous les acteurs de la ligne régulière, avec le dépôt de bilan de Hanjin Shipping) semble avoir une approche moins stratégique mais plus "pragmatique" vis-à-vis de l'Arctique. "La Corée aurait tout à gagner de l'utilisation substantielle de cette route pour (raccourcir) les distances entre ses ports et ceux du Nord de l'Europe", souligne le document de l'Isemar, rappelant qu'un navire coréen a déjà emprunté la route du Nord-Est et que quelques lots nationaux ont déjà été acheminés via celle-ci.
Autre avantage entrevu par le pays du Matin calme, renforcer sa position de leader mondial de la construction navale. Séoul, expliquent les deux auteurs, "pourrait profiter de l'ouverture de cette route pour voir ses constructeurs nationaux remporter des commandes de navires brise-glace, de pétroliers et de méthaniers". Les Coréens tablent sur les retombées positives de la dynamique arctique pour les chantiers nationaux.
Pour les trois pays asiatiques, la route de l'Arctique se présente malgré tout comme "une aubaine économique puisqu'elle réduit les distances entre les ports d'Asie du Nord-Est et de ceux d'Europe du Nord".

Vincent Calabrèse

Mercredi 14 Septembre 2016



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