La route interocéanique ouvre de nouveaux horizons


La route interocéanique, projet titanesque de 4.700 km traversant de part en part l'Amérique du Sud pour relier l'Atlantique au Pacifique, est désormais réalité et ouvre de nouveaux horizons au commerce interrégional, mais elle pose également des défis, selon les experts.


La route interocéanique ouvre de nouveaux horizons
Le dernier tronçon de 35 km, en territoire bolivien, est entré en service fin 2012 dans la province de Santa Cruz, reliant la Bolivie au Brésil et concluant un chantier entamé il y a sept ans. L'inauguration officielle de la route interocéanique qui devait intervenir le 5 avril dans la ville bolivienne de San José de Chiquitos, en présence des présidents des quatre pays concernés - Dilma Rousseff (Brésil), Evo Moralès (Bolivie), Ollanta Humala (Pérou) et Sebastian Piñera (Chili) - a été repoussée sine die, sur fond de tensions diplomatiques entre La Paz et Santiago. L'Interocéanique, qui unit notamment le port de Santos (Brésil) à Matarani et Ilo (Pérou) ainsi qu'à Arica et Iquique (Chili), pose les bases d'une vaste plate-forme pour impulser le commerce régional. Sur le terrain, avec une géographie compliquée alternant jungle et hauts plateaux andins, et des passages culminant à plus de 4.500 mètres, les quatre pays devront veiller au bon fonctionnement de ce corridor logistique.
"Pour que cette chaîne logistique puisse remplir son objectif d'accroître les possibilités commerciales entre les deux océans, il est nécessaire que les pays puissent intégrer le transport de manière adéquate, garantir la sécurité, alléger les démarches frontalières souvent excessives et améliorer l'infrastructure avec de meilleurs accès secondaires", résume Gabriel Perez, un expert chilien en infrastructures routières de la Cepal (Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes de l'ONU). "Les bénéfices sociaux et économiques que peut générer cette route se réaliseront dans la mesure où les gouvernements des quatre pays réussiront à instaurer une véritable intégration logistique et assureront une gestion constante des flux de transports", recommande l'expert.

"Accès aux ports brésiliens et péruviens pour la Bolivie"


Pour la Bolivie, pays enclavé après avoir perdu 120.000 km2 de son territoire, dont une bande de 400 km de littoral, à l'issue de la Guerre du Pacifique (1879-83), la route ouvre grand l'accès aux ports brésiliens et péruviens. Désormais, quelque 70 % des exportations boliviennes transiteront par la route interocéanique. "Celle-ci nous permet d'être un axe d'intégration dans toutes les directions et de planifier un centre de distribution de fret comme si nous étions un port", indique Luis Castro, responsable des Ponts et Chaussées de Santa Cruz d'où partent le gros des exportation bolivienne vers le Brésil. La Bolivie, dont le "retour à la mer" est une revendication historique, est traversée par quelque 1.500 km de cette route régionale, menant également aux ports péruviens et chiliens.

Désenclaver l'Amazonie

La conclusion des travaux de la route allant de Santa Cruz à la frontière du Brésil permet ainsi aux routiers de réduire de moitié les heures de transport et le coût de la cargaison. Avec la route, le Brésil réduira pour sa part considérablement sa distance avec les marchés asiatiques, raccourcissant de 7.000 km le trajet de livraison du soja, du cacao et d'autres produits d'exportation destinés à l'Asie et plus particulièrement à la Chine. La voie routière interocéanique aura également pour effet de désenclaver de nombreuses régions de l'Amazonie et des hauts plateaux péruviens ou boliviens.
Mais "avec la route, le transport de drogues a augmenté et les narco-trafiquants coupent par des zones naturelles protégées avant d'entrer directement par la route au Brésil et en Bolivie", regrette pour sa part Klaus Quisque, responsable des communautés indigènes de Madre de Dios, dans la jungle amazonienne péruvienne. "La route a augmenté l'exploitation minière illégale, surtout de l'or, qui existe dans la région, maintenant ils peuvent venir avec de l'équipement lourd, des pelleteuses et ils aggravent le problème de la pollution des eaux et du sol", dit-il.

Marie Sanz

Jeudi 11 Avril 2013





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