La sûreté aéroportuaire encore promise à un bel essor


Avec des menaces terroristes toujours présentes dans le monde, le marché de la sûreté aéroportuaire reste florissant et va encore se développer à la faveur de la croissance du trafic aérien, malgré les coupes budgétaires récemment décidées aux États-Unis.


© Aéroports de Lyon
© Aéroports de Lyon
Filtrage des passagers et de leurs bagages cabines, contrôle des bagages de soute, du fret, surveillance et fouille de l'aéronef, opérations de "profilage" de passagers, la sûreté et les technologies qui l'accompagnent sont de plus en plus sophistiquées pour circonscrire le danger. "Le transport aérien a été et continue d'être une cible pour les menaces intérieures et extérieures", résume un spécialiste des problématiques défense du cabinet indépendant londonien Visiongain. "Des événements comme le 11 septembre 2001, la tentative d'attentat avec des cartouches d'encre (en octobre 2010) ou les activités illicites (trafics de drogue, etc.) en sont des illustrations et augmentent le besoin pour les gouvernements et les gestionnaires d'aéroports d'investir dans des technologies de sécurité appropriées", commente-t-il.

Un marché mondial de 8 milliards d'euros

Selon Philippe Nguyen, président du fonds d'investissement IPE qui vient de racheter ICTS Europe, un des leaders du secteur, la sûreté aéroportuaire représente actuellement un marché mondial de 8 milliards d'euros (10,4 md USD) dont 1,6 milliard en Europe. En incluant la sûreté aux abords des aéroports, Visiongain l'estime même à 22,3 milliards de dollars en 2012. Le nombre de salariés travaillant dans le domaine serait de 250.000, dont 50.000 en Europe et 10.000 en France, selon IPE.
"La sûreté aéroportuaire est un marché de niche qui va bien au-delà de l'aérien", confirme Didier Bréchemier, expert du cabinet Roland Berger. "Il progresse avec le volume de passagers qui progresse lui-même de 5 à 6 % par an", précise-t-il. Avec des évolutions disparates de 2 à 6 % en fonction des zones géographiques. Le marché devrait ainsi rester stable cette année en France comme en Europe, relève Xavier Gondaud, président de la filiale sécurité aéroportuaire du géant suédois Securitas. "La stabilité du marché s'explique par deux facteurs : notre activité dépend étroitement du trafic et de la réglementation", dit-il. Or les mesures réglementaires n'ont pas évolué en Europe et le trafic y est stable.
Pour autant, l'accroissement devrait se poursuivre à l'avenir. Car Bruxelles envisage de mettre en place à partir de 2014 une nouvelle réglementation pour réintroduire en cabine les liquides. Ce qui entraînerait "un accroissement des contrôles pour analyser ces liquides avant de les autoriser à bord", explique M. Gondaud. Car, dit-il en référence à la décision des Américains de réintroduire canifs et clubs de golf en cabine, il ne s'agit jamais de revenir en arrière mais d'utiliser les progrès technologiques pour un meilleur confort des passagers, de plus en plus nombreux à être exaspérés par les procédures de contrôle.
"Entre le début des années 2000 et aujourd'hui, le niveau de sûreté, la professionnalisation de ce secteur ont grandement progressé. Le niveau de détection est extrêmement important. On progresse d'année en année tant sur le niveau que sur la nature de la menace", assure Xavier Gondaud. Hors d'Europe, le boom devrait même être fulgurant, notamment en Chine où 70 aéroports devraient être construits dans les dix ans. "Il n'y a pas d'activités ou de spécifications standardisées. Chaque pays, chaque autorité de régulation a sa propre méthode de mise en œuvre de la sûreté dans ses aéroports et à bord de ses avions", souligne Visiongain. "Par exemple, les Américains ont une préférence pour les scanners corporels quand les Israéliens ont une approche multiforme utilisant les techniques de profilage", ajoute-t-il. Et si la prévention de la menace est prioritaire, l'enjeu est désormais de limiter les désagréments pour les passagers qui seront 3,1 milliards cette année et le double d'ici 2030, soulignait récemment Tony Tyler, directeur général de l'association internationale du transport aérien.

Delphine Touitou

Mardi 19 Mars 2013



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