Le LME voit sa réforme du stockage de métaux retoquée



Le LME était poursuivi par le géant russe de l'aluminium Rusal © Rusal
Le LME était poursuivi par le géant russe de l'aluminium Rusal © Rusal
Le London Metal Exchange (LME), première bourse mondiale d'échanges de métaux, a subi jeudi 27 mars un revers majeur dans sa tentative de réformer le stockage de métaux dans son réseau d'entrepôt agréés, après une décision judiciaire défavorable. Le LME était poursuivi par le géant russe de l'aluminium Rusal devant la Haute Cour de Justice anglaise, qui a estimé jeudi 27 mars que la consultation ayant mené à ces nouvelles règles avait été "injuste et illégale". Cette décision de justice a donc pour conséquence de repousser l'entrée en vigueur prévue pour le 1er avril de la mesure phare de la réforme du LME.
En vertu de cette mesure, le LME comptait forcer les entrepôts de son réseau où l'attente pour récupérer du métal dépasse 50 jours à livrer plus de métal qu'ils n'en reçoivent chaque jour. L'objectif sous-jacent de cette règle était de contrer l'importante hausse des primes (représentant les coûts de transport, d'assurance et de stockage du métal) payées par les consommateurs pour récupérer le métal. Plusieurs entreprises utilisatrices d'aluminium (le métal le plus touché par ses dysfonctionnements) s'étaient en effet plaintes de la difficulté à obtenir du métal physique via le LME et de l'augmentation des primes, qui ont représenté jusqu'à 15 % du prix du LME.
"Nous sommes déçus du résultat de la poursuite judiciaire. Nous continuons de penser que la plainte de Rusal était sans fondement dans son ensemble et nous consultons actuellement nos conseillers juridiques sur les options à notre disposition, dont l'appel ou le lancement d'une nouvelle consultation", a réagi un porte-parole du LME. "Nous saluons cette décision de la Haute Cour et nous sommes impatients de travailler en étroite collaboration avec le LME, et toutes les parties prenantes, pour assurer que la révision de la période de consultation et les changements de règles qui en découleront servent à augmenter la transparence du marché", a de son côté réagi le président de Rusal, Oleg Deripaska.

Une réforme contestée par les producteurs

Les grands producteurs d'aluminium, dont Rusal ou le géant américain de l'aluminium Alcoa, s'étaient frontalement opposés à la réforme du LME. Ils seraient pénalisés par une baisse des primes, étant donné qu'elles leur permettent de se maintenir à flot au moment où les prix de l'aluminium sur le LME ont perdu plus de 50 % depuis 2008. Cette chute des prix est liée à l'abondance de l'offre de métal, ce qui peut paraître en contradiction avec la difficulté rencontrée par les entreprises pour récupérer du métal physique. En fait, depuis la crise financière, le stockage de métal, surtout d'aluminium, est devenu une activité hautement lucrative en raison de plusieurs facteurs techniques et financiers, dont le niveau exceptionnellement bas des taux d'intérêt. Du coup, les stocks se sont accumulés, occasionnant de longs délais d'attente pour sortir le métal des entrepôts et l'obligation de payer une prime de plus en plus importante.
Certains analystes étaient sceptiques sur l'impact de la réforme du LME sur les primes. Ainsi, pour ceux de Commerzbank, une hausse des taux d'intérêt de la part de la Réserve fédérale américaine (Fed) aurait plus d'impact, en rendant ces transactions financières moins juteuses. "Si toute baisse potentielle des primes n'était pas amortie par une hausse du prix de l'aluminium sur le LME, les producteurs souffriraient de plus grosses pertes. À notre avis, les producteurs n'ont donc pas d'autre choix que de réduire leurs capacités afin de tenter de faire remonter les prix", ont ajouté les analystes de Commerzbank. Rusal a d'ailleurs annoncé mi-février qu'il comptait abaisser sa production à 3,5 millions de tonnes cette année dans le cadre de son drastique programme de réduction de ses capacités.

Jessica Berthereau

Lundi 31 Mars 2014



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