Le "MSC Flaminia" sera accueilli par l'Allemagne


En tant qu’État du pavillon, l'Allemagne a accepté d'accueillir le "MSC Flaminia", en détresse depuis le 14 juillet dans l'océan Atlantique. Le porte-conteneurs doit être de nouveau inspecté avant de sillonner la Manche. Pendant ce temps, des associations et syndicats critiquent l'attitude de la France dans cette affaire.


© Marine nationale
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Le "MSC Flaminia" a été autorisé à trouver refuge dans les eaux territoriales allemandes. Le porte-conteneur endommagé le 14 juillet par un incendie puis des explosions, au large des côtes françaises, a été accepté dans l'État de son pavillon, a annoncé le 21 août le commandement général allemand des urgences maritimes. Le navire, qui cherche depuis un mois l'autorisation d'accoster dans un pays proche, se trouvait alors à environ 450 milles nautiques (833,4 km) des côtes britanniques, vers lesquelles il se dirigeait, selon les autorités allemandes.

Le port de Bremerhaven évoqué

Selon la Maritime and Coastguards Agency (MCA), une agence d'État britannique, la France et le Royaume-Uni ont pris la décision d'envoyer une équipe d'experts en sauvetage maritime et lutte contre le feu à bord du "MSC Flaminia". Il s'agit de procéder à une nouvelle inspection du navire avant d'accepter ou de refuser son passage par la Manche pour rejoindre l'Allemagne.
Hugh Shaw, le secrétaire d'État britannique chargé des Interventions en mer, a précisé que le résultat de l'étude pourra être utilisé par les autres pays concernés par ce transit vers l'Allemagne (Belgique et Pays-Bas) pour décider des conditions de passage du convoi dans leurs eaux territoriales. Le porte-conteneurs doit être remorqué jusqu'à 30 milles des côtes britanniques pour permettre aux experts d'y accéder, normalement le vendredi 24 août. "Beaucoup a été fait pour stabiliser le navire depuis l'accident du mois dernier", d'après Hugh Shaw. Selon l'association écologiste Robin des Bois, le "MSC Flaminia" trouverait refuge dans le port de Bremerhaven. "C'était le port de destination d'origine", a indiqué le porte-parole du commandement. "Pour l'instant, nous ne pouvons divulguer le nom du port où le navire devrait accoster", a-t-il poursuivi.

"L'inspection servira à tous les pays concernés par ce transit vers l'Allemagne"


Lors de l'accident du "MSC Flaminia", affrété par le numéro trois mondial de la ligne régulière auprès de la société allemande Reederei NSB, un marin avait été tué, un autre porté disparu et un troisième, victime de brûlures, est dans un état critique, selon le commandement général des urgences maritimes. Tout l'équipage ainsi que les deux passagers présents à bord avaient été rapidement évacués après l'accident et le navire est depuis pris en charge par trois remorqueurs de la société néerlandaise Smit Salvage.
Récemment, le ministère français de l’Écologie avait annoncé que 37 des conteneurs transportés par le "MSC Flaminia" pouvaient représenter un risque pour l'environnement. Le navire, qui possède une capacité de 6.750 EVP et 85.823 tonnes de port en lourd pour 300 mètres de long et 40 mètres de large a été construit en 2001. Au moment de l'incendie, il venait de quitter le port américain de Charleston avec 2.876 conteneurs à bord et devait rallier Le Havre puis Anvers. Parmi les marchandises transportées figuraient différents biens d'équipements pour la maison, dont 151 caisses contenant des produits dangereux (des nettoyants ménagers inflammables), selon les autorités allemandes. Dans les soutes, se trouvaient au moment de l'accident 1.247 tonnes de fuel lourd et 680 tonnes de diesel.

Non-assistance à la réparation française ?

En France, des voix se sont élevées depuis plusieurs semaines devant l'attitude jugée attentiste des autorités. "L'Allemagne prend ses responsabilités en tant que pays de pavillon du «MSC Flaminia»", a jugé l'association Robin des Bois, qui a critiqué les autorités des pays riverains (France et Royaume-Uni) ayant refusé d'accueillir le porte-conteneurs. Le 21 août, la CGT a dénoncé la réticence des autorités françaises, qui "ont refusé par deux fois d'accueillir le navire" et a exigé qu'il soit réparé dans l'Hexagone, notamment "afin d'éviter une nouvelle catastrophe maritime". Le syndicat relève que "le port le plus proche pour accueillir ce navire est Brest, où se trouve un chantier en capacité d'effectuer les travaux de réparation et de sécurisation nécessaire". Le port finistérien figure, avec Le Havre et Cherbourg, parmi les trois ports refuges retenus par la France en décembre 2011 pour les situations d'urgence. La forte gîte du navire a semblé empêcher, pendant un temps, le port de Brest de l'accueillir par manque de tirant d'eau mais le navire a depuis été rééquilibré. La CGT se demande ainsi si l'État français est "fâché avec sa réparation navale".
L'association Mor Glaz a elle aussi critiqué la "frilosité" des ministres français de l'Écologie, Delphine Batho, et des Transports et de l'Économie maritime, Frédéric Cuvillier. "Ce porte-conteneurs finira-t-il au fond de l’océan ? Persister à demander des garanties supplémentaires à l’armateur du «MSC Flaminia» est faire preuve de non-assistance", a-t-elle écrit dans une lettre ouverte au président de la République. Elle y évoque aussi les risques qui seraient pris si le convoi devait emprunter le rail d'Ouessant, "passage fréquenté par 640 navires par jour y compris par des navires à passagers". Pour Mor Glaz, "le pays, puis le port qui accueilleront le «MSC Flaminia» seront une référence pour les clients du monde entier, pour les armateurs, les assureurs et les affréteurs". Ce ne seront vraisemblablement pas Brest ni la France.

Franck André avec AFP

Mercredi 22 Août 2012





     

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