Le Moyen-Orient, "eldorado" des transports



© Systra
© Systra
Les entreprises françaises de transport cherchent à se tailler la part du lion au Moyen-Orient, notamment dans la péninsule arabe qui crée ses réseaux urbains et ferroviaires, à l'instar du groupe d'ingénierie Systra dont l'Arabie saoudite est devenue le deuxième marché. Trains, métros, tramways et bus s'implantent peu à peu le long des larges avenues, dans le paysage de cette région vouée à la voiture. "Il existe dans ces pays une conjonction entre l'accroissement de la population, un besoin, de l'argent et une vraie volonté politique", explique Pierre Verzat, le président de Systra, filiale d'ingénierie commune à la RATP et la SNCF qui a annoncé une forte hausse de son bénéfice net mercredi 1er avril, grâce notamment à ses performances à l'international. "Le Moyen-Orient est un eldorado pour les infrastructures et les systèmes de transport. Ce sont des pays où les transports publics sont encore peu développés, où il y a beaucoup d'argent pour les construire, et où les pouvoirs publics souhaitent se doter de réseaux en pointe, de classe mondiale", ajoute Bertrand Mouly-Aigrot, spécialiste des transports et associé chez Archery Strategy Consulting. Dans ces villes construites sur le sable, pas facile de faire changer des habitudes bien ancrées, et renforcées par un tarif imbattable du pétrole : "Il faut même parfois construire des trottoirs, pour pouvoir implanter des arrêts de bus", s'amuse Bertrand Mouly-Aigrot.
Il ajoute que "l'évolution des comportements est très progressive, mais la congestion routière est un facteur majeur en faveur des transports publics, et il commence à y avoir une prise en compte d'enjeux environnementaux". Ainsi, "l'équivalent de dix programmes du Grand Paris sont en construction dans la région". "Par exemple en Arabie saoudite, il y a pas moins de deux lignes classiques qui sont en construction, Nord-Sud, Est-Ouest, il y a une LGV (ligne grande vitesse) en construction et une dizaine de métros qui sont en construction", expliquait récemment le président de la SNCF, Guillaume Pepy.

Énormément d'appels d'offres

Les groupes français "y sont historiquement peu présents, contrairement aux Anglo-Saxons. Mais ils sont devenus très actifs dans la région, où ils ont toute leur place car ce sont des champions mondiaux aux références prestigieuses – ce que souhaitent les clients dans cette région, toujours à la recherche d'une «vitrine» pour attirer les visiteurs et les investisseurs", commente Bertrand Mouly-Aigrot. "Aujourd'hui, il y a énormément d'appels d'offres, tant pour l'ingénierie que pour l'exploitation", ajoute-t-il. La RATP, via sa filiale RATP Dev, va ainsi construire et maintenir le futur réseau de bus de Ryad. Mais la capitale saoudienne construit également six lignes de métro, pour 22,5 milliards de dollars. Plus au sud, le sultanat d'Oman prépare son premier réseau ferroviaire, d'un coût de 15,5 milliards de dollars.
"Le marché du Moyen-Orient et de l'Afrique est évalué à environ 7,8 milliards d'euros par an. Nous voudrions en prendre une large part, 25-30 % au minimum", explique ainsi Gian Luca Erbacci, vice-président d'Alstom Transport dans la région. Le fabricant a construit les tramways de Dubaï, au nez en forme de diamant, inaugurés en novembre 2014, et dont le réseau avait été conçu par Systra. "Notre plus grande région en chiffre d'affaires est encore l'Europe. Mais la région Moyen-Orient-Afrique va devenir la deuxième, elle sera de la même taille que la France d'ici trois ans, probablement dès l'année prochaine", ajoute-t-il. Keolis, filiale de transports urbains de la SNCF, a même ouvert un bureau à Abou Dhabi, pour être présent sur la trentaine de projets dans la région d'ici 2020. Et sera "candidat pour exploiter trois, quatre ou cinq des lignes de la ville de Ryad ; mais derrière il y a Djeddah, derrière il y a Médine, derrière il y a La Mecque", avait encore souligné Guillaume Pepy.

Julie Chabanas

Jeudi 2 Avril 2015



Lu 196 fois



Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse