Le Shom règne sous les océans



Le Shom a pour vocation la description de l'environnement physique marin © Shom
Le Shom a pour vocation la description de l'environnement physique marin © Shom
Géophysique, bathymétrie, cartographie : le Shom, l'établissement national expert en hydro-océanographie, collecte une multitude de données pour mieux comprendre les océans et anticiper les risques, mais aussi soutenir les armées et le développement de l'économie bleue. "Le Shom a pour vocation la description de l'environnement physique marin", comme la profondeur et la température de l'eau, la salinité, les courants ou les marées, explique Bruno Frachon, directeur de cet établissement public, placé sous la tutelle du ministère de la Défense. Une de ses principales missions, et la plus ancienne, consiste à cartographier l'espace maritime français, des côtes jusqu'aux fosses abyssales, soit quelque 11 millions de km2, le deuxième espace maritime au monde. Au total, ce sont quelque 1.300 cartes (papier et électronique) qui sont rééditées régulièrement, ainsi qu'une soixantaine d'ouvrages (instructions nautiques, annuaires des marées, etc.) Parmi les autres missions de l'établissement : le soutien aux armées, notamment dans le cadre des opérations sous-marines. Ses experts vont par exemple chercher à déterminer les zones où la température et la salinité de l'eau permettront à un sous-marin nucléaire de rester tapi au fond des mers sans être repéré. La troisième mission du Shom (Service hydrographique et océanographique de la marine) consiste à fournir un soutien aux politiques publiques maritimes et du littoral, en matière de développement économique notamment, mais aussi de prévention des risques et des catastrophes.
"Avant de poser une hydrolienne dans une zone à forts courants de marée, il faut connaître de manière assez précise la manière dont ils se répartissent, ainsi que les fonds où seront posés les engins", détaille l'ingénieur général de l'armement.

Laboratoire flottant

Dans le domaine de la prévention des risques et des catastrophes, il s'agit en particulier d'intervenir en matière de submersion marine et d'intensité des marées, en prédisant par exemple leur ampleur. Les experts du Shom interviennent également en matière de tsunamis ou d'ondes de tempêtes, comme celle qui avait accompagné la tempête meurtrière Xynthia, en 2010. En matière de vigilance vagues-submersion, le Shom travaille sous l'égide de Météo-France. Cette dernière mission de soutien aux politiques publiques, la plus récente, est "en plein développement", assure Bruno Frachon, ajoutant que le Shom travaille également, en lien avec le ministère des Affaires étrangères, à la délimitation des frontières maritimes françaises, un chantier entrepris il y a une quarantaine d'années.
"La France a beaucoup de pays voisins dans le domaine maritime", souligne-t-il, avançant le chiffre de 32 pays parmi lesquels les îles Fidji, les îles Cook ou le Suriname. "Dans le domaine maritime, on ne se fait pas la guerre pour définir les frontières, il faut négocier", explique-t-il, précisant qu'une douzaine de frontières maritimes restent à négocier.
Pour réaliser l'ensemble de ces missions, l'établissement emploie un demi-millier de personnes - dont 40 % de militaires - sur cinq sites : Brest, où se trouve le siège, Saint-Mandé, aux portes de Paris, Toulouse, Nouméa et Papeete. Parmi celles-ci, une centaine travaille exclusivement au recueil de données via quatre bâtiments appartenant à la Marine mais exploités par le Shom, tel le "Beautemps-Beaupré", véritable laboratoire flottant capable d'assurer de longues missions en position quasiment statique même sur des mers agitées. L'exploitation d'un cinquième navire, le "Pourquoi pas ?" est partagée avec l'Institut français de recherche et d'exploitation de la mer (Ifremer).
"Le Shom est connu et tenu en haute estime au niveau international", assure Walter Smith, ancien membre de la Carte générale bathymétrique des océans (GEBCO), un groupe international d'experts placé sous l'égide de l'Unesco. "Ses experts occupent souvent, poursuit-il, des places de premier plan dans les comités internationaux". Avec le deuxième espace maritime mondial à cartographier, on pouvait s'en douter.

Sandra Ferrer

Lundi 16 Mars 2015



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