Le TGV fait basculer la SNCF dans le rouge en 2013


La SNCF a plongé dans le rouge en 2013, et enregistré une perte nette de 180 millions d'euros, contre un bénéfice de 376 millions d'euros en 2012, en raison d'une révision en baisse drastique de la valeur comptable de son parc de rames TGV, diminuée de 1,4 milliard.


Le secteur marchandises de la SNCF en récession en début d'année © SNCF
Le secteur marchandises de la SNCF en récession en début d'année © SNCF
La dépréciation des TGV fait basculer la SNCF dans le rouge en 2013. "Cette dépréciation d'actifs a un caractère technique qui signifie que l'activité aujourd'hui n'est pas suffisamment rentable pour justifier la valeur comptable et permettre le financement du renouvellement" du parc de TGV, a expliqué la SNCF. D'un montant deux fois plus élevé que celle de 2007 (700 millions d'euros), cette dépréciation avait été annoncée en janvier par le président de la SNCF, Guillaume Pepy. Le groupe fait état d'une "forte baisse de profitabilité de l'activité TGV France (TGV et IDTGV) et TGV Europe (grande vitesse en Europe hors Eurostar) depuis 2008, qui s'est aggravée en 2013".
Elle explique ces difficultés notamment par la hausse des péages qu'elle reverse au gestionnaire d'infrastructure Réseau ferré de France (RFF) pour faire circuler ses trains, et par une fréquentation des TGV en baisse depuis un an et demi (- 0,7 % en 2013 contre + 0,1 % en 2012). La réévaluation à la hausse d'actifs de la branche d'infrastructures ferroviaires SNCF Infra, qui avaient été précédemment dépréciés (à hauteur de 546 millions d'euros), n'a pas empêché la SNCF d'être globalement déficitaire.

"SNCF Geodis diminue de 1,8 %, à 9,1 milliards d'euros"


La marge opérationnelle, indicateur privilégié par la direction pour mesurer ses performances financières, s'établit pour 2013 à 2,8 milliards d'euros, contre 3,03 milliards publiés et 2,7 milliards en normes IFRS pour 2012. Le groupe a toutefois réduit sa dette nette de 131 millions d'euros, à 7,4 milliards fin 2013, mais elle pourrait sensiblement se creuser. Pour 2014, "notre objectif est de stabiliser la dette", a assuré cependant Mathias Emmerich, directeur général adjoint de la SNCF en charge des finances. Quant au chiffre d'affaires, il s'est établi à 32,2 milliards d'euros, en recul sur les données publiées l'année précédente (33,8 milliards) mais quasi stable (+ 0,5 %) une fois prise en compte une évolution des normes comptables.
Les performances en termes d'activité varient fortement entre les cinq branches de la SNCF. Celle de SNCF Geodis diminue de 1,8 %, à 9,1 milliards d'euros, et celle de SNCF Voyages se replie de 1,4 %, à 6,8 milliards d'euros. En revanche, Gares & Connexions connaît une croissance de 8,5 %, à 1,2 milliard, grâce principalement au "développement des loyers des surfaces commerciales", explique le groupe. Ainsi, fin 2013, près de 25 % du chiffre d'affaires de cette branche provient de la location de commerces et bureaux en gare, en progression de 7 % par rapport à fin 2012. La branche SNCF Infra est également en croissance (+ 4,2 % à 5,5 milliards), en raison des importants travaux sur les voies ferrées, qu'elle réalise et pour lesquels elle est rémunérée par RFF. Enfin, SNCF proximité, qui gère les trains Intercités, TER, Transilien, et la filiale Keolis, est en légère hausse (+ 1,1 % à 12 milliards).

Chercher la croissance hors de France

"Avec une activité de transport public de voyageurs conventionné en faible croissance, une activité TGV en léger repli et un secteur marchandises en récession en début d'année, nos efforts constants de maîtrise des coûts ont permis de préserver notre marge", a commenté Guillaume Pepy. Pour 2014, la SNCF table sur un chiffre d'affaires en croissance de plus de 2 %. Une augmentation "attendue grâce à Keolis et Geodis hors France, grâce à des gains de contrats. Il faut aller chercher la croissance là où elle est, c'est-à-dire en dehors de la France et en dehors de l'Europe", a détaillé Mathias Emmerich. Après la mise en place de la réforme ferroviaire, prévue en janvier 2015, le chiffre d'affaires de SNCF Mobilités, nouvelle entité qui fera circuler les trains, devrait être d'environ 27 milliards d'euros, dont la moitié provenant des filiales. Ces dernières étant, selon Mathias Emmerich, "un relais de croissance, de dynamisme, de développement, absolument essentiel".

Julie Chabanas

Lundi 17 Février 2014



Lu 149 fois



Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse