Le commerce avec l'Asie menacé par une grève des dockers américains


Un vaste mouvement de grève sur les ports de la côte Ouest américaine menace de s'aggraver et de plomber les échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Asie, forçant la Maison-Blanche à intervenir pour tenter de régler la crise.


Mouvement social depuis quatre mois par 20.000 dockers © PQM
Mouvement social depuis quatre mois par 20.000 dockers © PQM
D'imposants pétroliers continuent d'être refoulés de ports commerciaux tout le long de la côte Ouest en raison du mouvement social observé depuis près de quatre mois par quelque 20.000 dockers qui veulent renégocier leurs contrats de travail. Principal port de la baie de San Francisco, Oakland a ainsi été complètement fermé jeudi 19 février pour le septième jour depuis le début du mois, au risque de freiner les échanges des États-Unis avec la région Asie-Pacifique. Des producteurs de pommes de terre au e-commerce en ligne, les entreprises américaines commencent à s'alarmer de l'impact économique tandis que des constructeurs automobiles japonais disent avoir été contraints d'acheminer d'importantes pièces par avion. Le groupe nippon Nintendo assure de son côté que les livraisons de sa dernière console de jeux sont bloquées dans des ports américains.
Face à l'impasse, l'administration Obama a dépêché son ministre du Travail, Thomas Perez, pour jouer le rôle de médiateur entre l'Association maritime du Pacifique, qui regroupe les dirigeants de vingt-neuf ports de la côte, et le principal syndicat de dockers. Pour leur troisième jour, ces discussions sous l'œil de l'exécutif n'avaient débouché sur aucun progrès jeudi 19 février, faisant craindre une aggravation du conflit et le blocage complet de ces ports qui assurent la moitié des échanges commerciaux des États-Unis. Des répercussions sur une économie mondiale déjà convalescente ne sont pas à exclure.

"L'activité des ports de la côte Ouest s'est effondrée de 32 %"


"Ils doivent comprendre qu'une solution très rapide est urgente ici", a indiqué John Keeling, directeur exécutif du Conseil national des producteurs de pommes de terre. Selon lui, le manque à gagner pour le secteur se chiffre déjà entre 50 et 75 millions de dollars par mois, principalement en raison d'une chute des ventes de frites surgelées. "C'est énorme", se lamente-t-il. Si les discussions salariales ont commencé il y a neuf mois, le mouvement social et la grève des dockers ont eux commencé fin octobre pour s'aggraver progressivement. Résultat : l'activité des ports de la côte Ouest s'est effondrée en janvier par rapport à l'année dernière avec des chutes allant jusqu'à 32 %.
"Nous avons fortement appelé les deux parties à trouver un accord sur un nouveau contrat afin de mettre un terme à l'embouteillage de navires bloqués sur les quais et au large", a déclaré le responsable du port de Long Beach, Jon Slangerup. Le coût du blocage se fait sentir sur un large éventail de secteurs. Le géant de la distribution Wal-Mart a ainsi prévenu jeudi 19 février que le ralentissement des importations pourrait menacer l'approvisionnement de ses magasins pour le printemps. Le constructeur automobile Honda Motor a lui procédé à des réductions d'heures dans son usine de Greensburg, dans l'Indiana, en raison d'une pénurie de pièces détachées. "La poursuite de la grève ralentit les livraisons par voie maritime et l'entreprise n'a pas pu fournir assez de pièces pour l'Amérique du Nord", a déclaré un porte-parole de Honda, Yuka Abe.
Le coût total pour l'économie américaine n'a pas encore été évalué mais il devrait pour le moment rester limité grâce aux précautions prises par les professionnels, selon Tom Derry, patron de l'association professionnelle ISM qui sonde plusieurs secteurs d'activités. "La plupart des entreprises avaient mis en place des solutions de rechange", indique-t-il. Elles ont ainsi la possibilité de passer par les ports du golfe du Mexique ou de la côte Est ou de s'approvisionner par exemple au Mexique via le transport routier, même si ces solutions sont plus coûteuses. "Notre économie est plus résistante à ce genre de perturbations qu'auparavant", affirme Tom Derry, assurant toutefois que les entreprises ne pourront supporter ce ralentissement que six à huit semaines supplémentaires.

Paul Handley

Vendredi 20 Février 2015



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