Le conteneur, une priorité pour le port du Havre


Le Grand Port maritime du Havre veut consacrer au conteneur plus de 20 % des 385 millions d’euros d’investissements inscrits dans son projet stratégique d'ici 2019. Objectif : atteindre entre 3,8 à 4,8 millions de conteneurs d’ici 2020, selon Vincent Malfère, directeur général adjoint de Haropa-port du Havre.


Vincent Malfère, directeur général adjoint de Haropa-port du Havre © Éric Houri
Vincent Malfère, directeur général adjoint de Haropa-port du Havre © Éric Houri
Alors que le précédent projet stratégique (2009-2013) avait annoncé un trafic de près de 6 millions de boîtes pour 2015, vous visez un objectif plus prudent dans le projet 2014-2019.
Pour fixer cet objectif, nous nous sommes appuyés sur des analyses économiques réalisées à partir de données collectées sur le nombre d’EVP produits en 2011 par les différentes régions françaises et nos parts de marché estimées sur ces régions. Nous avons ainsi abouti à différentes hypothèses, avec des projections précises de trafic allant de 3,8 à 4,8 millions de conteneurs à l’horizon 2020, dont entre 1 et 1,4 million en transbordement contre 0,7 aujourd’hui sur 2,6 millions d’EVP. Il faut avoir en tête que le potentiel de conteneurs maritimes généré par l’ensemble de l’économie française est évalué, en 2011, à 4,6 millions d’EVP.  

Le projet stratégique 2014-2019 du GPMH vise à faire passer la part du conteneur de 38 à 50 % du trafic global. Comment comptez-vous y parvenir ?
Nous avons pour cela identifié quatre leviers d’actions, dont la qualité d’accueil des armements : il s’agit pour chaque armement, chaque alliance, de trouver les capacités suffisantes pour être traités au niveau qu’ils attendent. Nous avons en particulier deux projets, sur les quais Asie-Osaka et les postes 11 et 12 de Port 2000. Pour développer ces infrastructures, nous avons lancé en 2013 un Appel à manifestation d’intérêt (AMI) mais dans le contexte actuel de modification des alliances d’armateurs, il paraît délicat, pour nous comme pour les opérateurs de terminaux, de décider des investissements dans de nouvelles capacités. L’important est d’être prêts à répondre aux besoins du marché et nous le sommes. En attendant, nous gardons une offre maritime de premier plan et  les infrastructures portuaires actuelles nous placent,  en nombre de dessertes et de services maritimes, au même niveau que le plus grand port du range Nord qu’est Rotterdam.

"Nous gardons une offre maritime de premier plan"


Quels autres leviers d’actions prioritaires avez-vous identifiés ?
L’excellence du passage portuaire, la performance des solutions multimodales et la structuration de l’offre logistique sont les trois autres leviers d’actions indissociables. Le déploiement actuel du système S One va améliorer encore le passage portuaire et les échanges de données entre les différents acteurs. Nous avons mis en place des indicateurs de performances, en 2014, dont le suivi va nous permettre de comparer les performances, d’identifier les points à améliorer et d’orienter nos actions. Enfin, le GPMH se donne pour objectif, sur la durée du projet stratégique, de disposer de foncier aménageable à hauteur d’environ 250 hectares, dans le but de pouvoir répondre dans des délais adaptés aux demandes d’implantation de grands entrepôts logistiques. Cela est engagé avec le Parc logistique du pont de Normandie 2, aujourd’hui en cours de commercialisation.

La part modale massifiée au Havre pour l’activité conteneurs se situe autour de 15 %, tandis que le trafic ferroviaire est passé de près de 7 à 4,5 % depuis cinq ans. Comment allez-vous atteindre les 25 % de part modale annoncés ?
Il est vrai que l’objectif est très ambitieux mais nous pensons qu’il est possible de parvenir à 25 % à l’horizon 2020. Le GPMH poursuit sa politique d’investissements de modernisation du réseau ferré portuaire, qui s’étend sur 200 kilomètres et connaît 100 mouvements de train par jour : 20 millions d’euros ont été investis sur la période précédente, 5 millions d’euros sont consacrés chaque année à sa maintenance et à son exploitation. La finalisation de la modernisation de la ligne Serqueux-Gisors, projet d’investissement porté par SNCF-Réseau de 300 millions d’euros, va offrir un itinéraire alternatif nécessaire aux ports d’Haropa. Une enquête publique est attendue dans les tout prochains mois. Quant au transport fluvial, nous prévoyons d’investir massivement sur nos cinq écluses et avons exonéré les barges de droits de port. Sur ces deux modes, le chantier multimodal constitue un investissement majeur pour l’avenir. De même, la constitution d’Haropa, dans une approche plus «systèmes intégrés de transport» qu’infrastructures, est riche de perspectives  pour nos trois ports.

Le terminal multimodal, d’un coût de 135 millions d’euros, est considéré comme un outil majeur au service du transport fluvial et ferroviaire. Il n’a fonctionné qu’une semaine, après plus de six mois de retard.
Il reste un outil stratégique au service des modes fluviaux et ferroviaires. Il a été remis en avril dernier à son exploitant Le Havre Terminal Exploitation (LHTE), par le maître d’ouvrage LH2T et a fait l’objet de tests d’exploitation fin juin. Des dysfonctionnements sont apparus qui font actuellement l’objet d’un audit approfondi de l’exploitant. Tous les acteurs sont mobilisés pour faire du démarrage de cet outil, inédit dans un port français, un succès.

Natalie Castetz

Vendredi 25 Septembre 2015



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