Le coût des transports évalué à 11,4 % en Afrique


L'étude sur les transports internationaux de la Cnuced estime que les pays d'Afrique sont ceux pour lesquels le coût des transports s'est avéré le plus élevé pendant la décennie 2005-2014. Il représente presque le double de celui évalué dans les pays développés.


© Bolloré Africa Logistics
© Bolloré Africa Logistics
Dans un document publié en octobre par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), le coût des transports pour les pays d'Afrique est évalué à 11,4 %, suivi par l’Océanie (9,6 %), alors que la moyenne n’a été que de 6,8 % pour les pays développés. L'institution de Genève a identifié sept causes profondes à l’origine de ces disparités. Elle mentionne le coût des transports et en particulier le niveau relativement élevé de ces coûts pour les pays de cette région du monde.
"De nombreux pays d’Afrique sont des nations sans littoral qui ne dépendent pas seulement des procédures de leurs propres douanes et des autres organismes présents aux frontières, mais également de celles des pays de transit voisins", explique le document. "En Afrique, nombre de pays affichent aussi de faibles résultats selon les indicateurs tels que Doing Business ou l’indice de performance logistique", détaille l'étude.

"Sept causes profondes de disparité"


Les charges d'exploitation supportées par l'armateur ou l'opérateur constituent une autre cause. L'institution rappelle que si, dans l’ensemble, tous les exploitants de navires ont les mêmes charges d’exploitation, celles-ci "varient néanmoins en fonction du type et de l’âge des bateaux sur les itinéraires empruntés par des navires anciens ou de petite taille". Ainsi, aux yeux des auteurs du rapport, "pour ceux qui desservent le plus souvent les pays d’Afrique, ces charges sont plus élevées". En Afrique continentale, "certains pays su tirer parti de leur situation géographique pour proposer des services de transbordement" bien que ceux situés dans la partie subsaharienne du continent soient relativement éloignés des principaux axes maritimes Est-Ouest.

Le faible degré de concurrence pour les petits mis en cause

Autre cause, la taille modeste des marchés liés aux petits pays africains. "Les chargeurs peuvent donc être face à une structure oligopolistique, où le faible degré de concurrence peut donner lieu à des prix plus élevés", dénonce la Cnuced.
Le document prend en compte également un particularisme de ce marché : la faible valeur des biens importés. "Généralement, la valeur unitaire moyenne de biens manufacturés (tels que les voitures, les vêtements ou les outils) importés dans les pays africains en développement tend à être inférieure à celle de biens similaires importés en Europe ou en Amérique du Nord. Ce qui explique que le coût de leur transport représente une part relativement plus élevée de leur valeur".
Pour la Cnuced, deux autres éléments contribuent dans de nombreux pays en développement d’Afrique à la hausse du coût des transports. Selon l'institution, les infrastructures de transport restent insuffisantes. "La taille maximale des navires qui peuvent desservir ces pays est bien inférieure à celle des navires qui font escale dans les ports d’autres régions", constate-t-elle. "En outre, la participation du secteur privé dans le cadre d’accords de concession y est moins fréquente.

Déséquilibre import-export

Elle explique enfin que la majorité des pays d’Afrique présentent un déficit du commerce des marchandises. "En conséquence, les navires sont plus susceptibles d’y arriver à pleine charge et d’en repartir avec des capacités inutilisées vers la Chine, le Japon ou l’Europe. Les taux de fret appliqués aux importations sont donc plus élevés que ceux appliqués aux exportations".
La Cnuced estime que les décideurs peuvent "remédier à cette situation en procédant à des investissements et à des réformes, en particulier en ce qui concerne les ports, les systèmes de transit et l’administration douanière".
Dans son étude, elle examine également les tendances des taux de fret applicables aux marchandises conteneurisées, qui ont fluctué tout au long de 2014. Elle note que "les tendances diffèrent selon les itinéraires empruntés et conclut que, malgré la hausse de la demande mondiale de transport par conteneur, les fondamentaux du marché qui influent sur les taux n’ont guère changé". En effet, en raison de la mise en service de navires de très grande taille sur les principales routes maritimes Est-Ouest et du transfert de navires plus petits et plus anciens vers les routes Nord-Sud et les routes régionales de moindre importance, les tarifs ont été soumis à une pression constante.

Vincent Calabrèse

Vendredi 11 Décembre 2015



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