Le dépeçage d'Air Berlin se précise


La compagnie aérienne allemande en déroute Air Berlin est en discussion avec trois prétendants intéressés par des pans de son activité, mais son patron a prévenu que cela ne suffira pas à sauver tous les emplois.


Le démantèlement d'Air Berlin pourrait intervenir bien avant novembre © Air Berlin
Le démantèlement d'Air Berlin pourrait intervenir bien avant novembre © Air Berlin
Air Berlin est en contact avec trois prétendants à la reprise de certaines de ses activités. "En plus de Lufthansa, nous sommes en contact avec deux autres intéressés provenant du transport aérien", a déclaré son patron, Thomas Winkelmann, au quotidien "Frankfurter Allgemeine Zeitung" (FAZ) jeudi 17 août, sans donner de noms. EasyJet et Condor, compagnie allemande appartenant au groupe de tourisme britannique Thomas Cook, sont citées par plusieurs médias. Condor se dit prête à jouer "un rôle actif dans de possibles solutions" concernant l'avenir d'Air Berlin.
Toutes ces entreprises, avec lesquelles Air Berlin est en contact depuis des semaines, sont "sérieuses sur le plan financier et suffisamment grosses en termes de volume pour offrir à Air Berlin un avenir sûr, et seraient par ailleurs intéressées par une poursuite des opérations depuis l'Allemagne", a expliqué le patron. Elles sont également cotées en Bourse.
Thomas Winkelmann s'est voulu rassurant concernant le sort des quelque 8.000 employés. "Je pense atteindre mon but malgré la procédure d'insolvabilité et garantir une grande partie des emplois", a-t-il déclaré au journal "Die Zeit". Il laisse toutefois la porte ouverte à des suppressions de postes. "Tous les emplois ne pourront pas être sauvés", a-t-il d'ailleurs lâché lors d'une réunion du personnel.

"Tous les emplois ne pourront pas être sauvés"


Dans ce contexte, Air Berlin ne donne plus de date pour la publication de son bilan financier pour le premier semestre, initialement annoncée pour le 18 août. À la Bourse de Francfort, le titre d'Air Berlin s'envolait de 10,78 %. Mardi 15 août, l'action avait dévissé de plus de 30 % quand la compagnie, lâchée par Etihad, qui la maintenait à flot depuis des années, avait annoncé le lancement d'une procédure d'insolvabilité.
Elle avait en même temps assuré que ses avions continueraient à voler, alors que des discussions avec plusieurs repreneurs éventuels avaient déjà débuté, et ce grâce au sursis de trois mois offert par le gouvernement allemand sous la forme d'un prêt-relais de 150 millions d'euros.

Ryanair ulcéré

Lufthansa avait annoncé dans la foulée être sur les rangs pour racheter une partie des activités de son cadet allemand. D'après le "Süddeutsche Zeitung" du 18 août, le démantèlement d'Air Berlin pourrait intervenir bien avant novembre. Les négociations avec Lufthansa devraient déboucher sur un accord la semaine prochaine. Lufthansa serait prêt à reprendre 90 appareils (sur 140), dont les 38 avions qu'il loue actuellement et la flotte entière (une vingtaine d'appareils) de Niki, filiale autrichienne d'Air Berlin, toujours selon le quotidien.
Ryanair, en pleine phase d'essor en Allemagne, continuait de pousser des cris d'orfraie face à ce que son patron considère comme étant une "conspiration" fomentée par le gouvernement et Lufthansa. "Si ce rachat illégal aboutit, nous pourrions avoir des difficultés à obtenir des créneaux horaires dans d'importants aéroports comme Berlin, Munich et Francfort, où Lufthansa contrôlera plus de 80 % des créneaux", a regretté sa compagnie, qui a déposé une requête devant les autorités allemande et européenne de la concurrence pour bloquer cette reprise par Lufthansa. Michael O'Leary s'est dit jeudi 17 août intéressé par le rachat d'activités d'Air Berlin en cas de "processus de liquidation normale et équitable", dans un entretien accordé au journal "Handelsblatt".
Un éventuel rapprochement entre les deux grands noms du transport aérien allemand sera quoi qu'il en soit limité, a estimé la Commission des monopoles, un organe qui conseille le gouvernement allemand. Son président, Achim Wambach, a ainsi averti que Lufthansa "devrait s'attendre à de strictes conditions et contraintes pour un feu vert à la fusion" avec Air Berlin, alors que les deux groupes sont concurrents sur de nombreuses liaisons aériennes.

Estelle Péard

Vendredi 18 Août 2017



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