Le financement des PPP se complique


À l'image du canal Seine-Nord, les projets de partenariat public-privé (PPP) vont être de plus en plus difficiles à financer à l'avenir, les banques étant fortement incitées à limiter les crédits qu'elles consentent à long terme dans le futur cadre réglementaire qui s'imposera à elles dès 2013.


© RFF/D'Angelo Jean-Jacques
© RFF/D'Angelo Jean-Jacques
Le financement des PPP se complique, à cause des nouvelles règles bancaires. Ce dispositif, en vigueur depuis 2004, permet à l’État ou aux collectivités de sous-traiter au privé le financement d'un équipement public. Sur le papier, les PPP devraient permettre de maintenir l'effort d'équipement du pays, alors que les budgets publics sont à la diète. Mais nombre de responsables socialistes sont très réservés face à un mécanisme qui ligote pendant des années les collectivités avec le groupe privé auquel elles ont concédé la construction et l'exploitation d'un équipement.

"Bâle III s'appliquera au secteur à partir de 2013"


Déjà, certains dossiers patinent aujourd'hui en raison des difficultés rencontrées pour trouver les fonds nécessaires à leur réalisation, à l'image du canal à grand gabarit Seine-Nord, au point mort. Le ministre délégué aux Transports, Frédéric Cuvillier, a ainsi récemment estimé que ce projet avait "un coût manifestement sous-évalué" et qu'il existait "une incertitude sur la capacité du partenaire privé à réunir les financements". Au total, il devait coûter 4,3 milliards d'euros, dont 2,1 milliards en provenance des partenaires privés.

Moins de prêts à longue échéance

"Les contrats de PPP sont conclus pour des durées très longues, tenant compte des phases de construction puis d'exploitation", rappelle une source bancaire. Selon elle, le cadre réglementaire dit de Bâle III, qui s'appliquera au secteur à partir de 2013, va peser sur le financement de ce type de projets puisque les banques seront moins incitées à consentir des prêts à une échéance longue. "Cette réglementation, qui va freiner l'accès au financement bancaire, concernera les PPP au même titre que d'autres créneaux du marché", ajoute-t-elle.
L'une des interrogations porte, par exemple, sur les futures normes de liquidités de ce cadre, encore en discussion. "Même si rien n'est fixé, il va devenir compliqué d'obtenir des refinancements à vingt ou vingt-cinq ans. Les banques ne pourront pas financer des partenariats public-privé dans les mêmes conditions ou aux mêmes prix à l'avenir", relève un analyste. Certains établissements assurent néanmoins que les nouvelles règles ne modifieront pas leur participation à des initiatives de ce genre. "En France, Société générale CIB continue d'accompagner les grands clients de la banque en finançant leurs différents projets notamment dans le cadre de partenariats public-privé", promet-on à la banque de financement et d'investissement de l'établissement rouge et noir.
Pour pallier un éventuel assèchement du crédit bancaire, une solution est de faire davantage appel aux marchés, à travers des emprunts obligataires par exemple. Dans ce cas, la banque structure l'opération avec son client et prend en charge une partie du financement avant de céder le reste à des investisseurs de long terme, souvent des assureurs. Un schéma déjà répandu aux États-Unis, notamment sous l'impulsion des fonds de pension. Ce modèle "a vocation à grandement se développer mais il faut du temps pour le faire rentrer dans les mœurs car il y a un travail d'éducation à faire auprès des investisseurs", fait valoir une autre source bancaire.

Mehdi Cherifia

Mercredi 12 Septembre 2012



Lu 216 fois



Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 7 Décembre 2016 - 14:12 Port de Lyon : le fer porte la croissance


     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse