Le gaz de schiste américain débarque en Écosse malgré les réticences


Un pétrolier venu des États-Unis a amené la première cargaison de gaz de schiste au Royaume-Uni, où la fracturation hydraulique, vivement critiquée, ne donne lieu à aucune exploitation commerciale.


Le "JS Ineos Insight" et ses 27.500 m3 d'éthane liquéfié © Ineos
Le "JS Ineos Insight" et ses 27.500 m3 d'éthane liquéfié © Ineos
Un navire américain avec une première cargaison de gaz de schiste est arrivé mardi 27 septembre à Grangemouth, une raffinerie située sur la rivière Forth près d'Édimbourg, en Écosse, dont les réserves pétrolières en mer du Nord sont de plus en plus coûteuses à extraire. La musique d'une cornemuse a accompagné au petit matin le passage du pétrolier sous le grand pont d'acier de cette rivière, avec 27.500 m3 d'éthane liquéfié à bord.
L'entreprise suisse qui a conduit cette livraison, Ineos, a investi quelque 2 milliards de livres (2,3 milliards d'euros) pour monter un "pipeline virtuel", avec huit pétroliers chargés d'apporter régulièrement des cargaisons de gaz de schiste américain au Royaume-Uni et en Norvège. Une nouvelle livraison devrait notamment arriver toutes les trois semaines à Grangemouth, où l'éthane sera utilisé pour fabriquer des matières plastiques afin de produire des bouteilles, des emballages alimentaires ou encore des câbles.

"Une nouvelle livraison toutes les trois semaines à Grangemouth"


Cet engagement prévoit de soutenir des milliers d'emplois en Écosse, mais la méthode controversée de la fracturation hydraulique y divise l'opinion et pose des soucis politiques à la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon. L'Écosse a introduit un moratoire sur le procédé de fracturation hydraulique, qui consiste à créer des fissures souterraines et y infiltrer un mélange d'eau, de sable et de produits chimiques pour permettre l'extraction de gaz capturé dans la roche. Cette technique est très critiquée par des écologistes qui y voient une pollution des nappes phréatiques.
Le président d'Ineos, l'un des géants mondiaux de la pétrochimie, a accusé les autorités écossaises d'"hypocrisie" pour leur empressement à accepter la livraison de gaz de schiste américain alors qu'elles refusent, dans le même temps, tout forage directement sur leur territoire. "C'est un jour extrêmement important pour Ineos et le Royaume-Uni. Le gaz de schiste peut permettre d'arrêter le déclin de l'industrie britannique et aujourd'hui nous faisons un premier pas dans cette direction", a expliqué le président d'Ineos, Jim Ratcliffe. Il a souligné que cette livraison allait permettre de sauvegarder le site de Grangemouth, où ce gaz sera transformé avant d'être vendu.
Un porte-parole du gouvernement régional écossais a expliqué qu'un rapport était en cours d'élaboration pour examiner l'impact environnemental, sanitaire et économique de la fracturation hydraulique. Il doit être publié avant la fin de l'année. Le sujet est d'autant plus sensible en Écosse que ce territoire du Nord du Royaume-Uni subit l'arrivée à maturité de nombreux champs pétroliers de la mer du Nord et l'impact de la chute des cours mondiaux. Plus au sud, en Angleterre, aucun moratoire formel n'est en place sur le gaz de schiste mais aucun projet n'a commencé non plus, du fait de vivaces oppositions locales. Le projet le plus avancé, conduit par la société Third Energy dans le Yorkshire du Nord, a toutefois obtenu l'assentiment du conseil du comté et pourrait démarrer cet hiver.

Hésitations européennes

Le reste de l'Europe hésite aussi à donner son feu vert au gaz de schiste, mais de premières livraisons en provenance des États-Unis sont arrivées au printemps. L’usine d'Ineos à Rafnes, en Norvège, a accueilli en mars sa première cargaison américaine d’éthane liquéfié, l'un des composants du gaz naturel destiné à l'industrie pétrochimique. Et fin avril, une première livraison de gaz naturel liquéfié (GNL) est arrivée dans un pays de l'Union européenne, en l'occurrence au Portugal via un navire affrété par le groupe gazier texan Cheniere Energy.

Mark McLaughlin

Mardi 27 Septembre 2016



Lu 136 fois



Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse