Le gestionnaire du terminal multimodal du Havre dépose le bilan


L'exploitant du nouveau terminal multimodal du Havre, LHTE, a déposé son bilan et a été placé en redressement judiciaire jusqu’à fin décembre. Annoncé pour 2014, après un investissement de plus de 140 millions d’euros, le site ne fonctionne toujours pas.


Le Terminal multimodal du Havre a engagé un investissement public et privé de 140 millions d’euros © GPMH
Le Terminal multimodal du Havre a engagé un investissement public et privé de 140 millions d’euros © GPMH
Faute de parvenir à faire fonctionner correctement l’équipement, l’exploitant du nouveau Terminal multimodal du Havre, LHTE a déposé son bilan et a été placé en redressement judiciaire jusqu’au 23 décembre. Et pourtant, l’ambition était grande : construire le long du grand canal maritime, au pied du pont de Normandie, un terminal multimodal destiné à fluidifier les flux de conteneurs entre navires, trains et barges fluviales et à développer les trafics massifiés ferroviaires et fluviaux sur un large hinterland ouest européen. Objectif affiché : gérer la distribution de 200.000 unités de transport intermodal (UTI), soit 300.000 EVP et à terme, jusqu’à 500.000 UTI. La part des conteneurs acheminés par des modes massifiés devait ainsi passer de 15 à 25 %. Montant des investissements (publics à plus de 80 %) : plus de 140 millions d’euros.

"Un outil majeur au service du transport fluvial et ferroviaire"


Le projet avait été décidé en juin 2010, lors du Conseil de surveillance du Grand Port maritime du Havre (GPMH) : construire sur une centaine d’hectares, un quai de 400 mètres équipé de deux postes à quai, deux portiques de manutention, quatre voies ferrées, une zone de mise à terre et de stockage de conteneurs, une cour ferroviaire avec deux voies ferrées en chaussée et huit voies sous portiques, deux portiques de manutention, un faisceau de réception des trains et divers équipements (bâtiment d’exploitation, hangar avec fosses d’entretien des engins de levage et des locomotives thermiques), des zones de parking. "Un outil majeur au service du transport fluvial et ferroviaire", ne manquait pas de répéter le port.
Lancé en 2012, le chantier est réalisé sous une double maîtrise d’ouvrage, celle du GPMH et de la société d’investissement LH2T (Le Havre Terminal Trimodal). Détenue par la caisse régionale du Crédit agricole Normandie-Seine, le GPMH et Projénor, la filiale de promotion et d’aménagement de Crédit agricole immobilier, la société LH2T finance la réalisation du terminal dont elle est propriétaire et doit en percevoir le loyer. L’exploitant de l’outil est la société Le Havre Terminal Exploitation (LHTE), qui regroupe les acteurs du transport combiné déjà présents sur le marché du Havre : Naviland Cargo (SNCF), Novatrans (groupe Charles André), Greenmodal (groupe CMA CGM) et Logiseine (groupe CFT). L’opérateur a signé un bail de dix ans renouvelable avec la société LH2T sur la base d’un engagement de trafic réparti entre les actionnaires. En mai 2013, le ministre des Transports d'alors Frédéric Cuvillier venu poser la première pierre symbolique avait applaudi "un projet exemplaire".

Dysfonctionnements informatiques

En juin, les premiers essais effectués se sont avérés si peu concluants que l’inauguration annoncée pour ce mois a été reportée. Faute de clients et d’activité, l’entreprise LHTE ne peut payer ses loyers à LH2. Si les responsables du GPMH se refusent à tout commentaire sur un sujet devenu très sensible, le nouveau président de l’Union maritime et portuaire (UMEP) Michel Segain déplorait en septembre "des dysfonctionnements informatiques", dans la gestion de la manutention. Problèmes techniques (entraînant des pertes de conteneurs), mésentente entre les différents acteurs, problèmes de sureffectif liés à la manutention (assurée par les dockers), les points de vue varient. "Un scandale d’État", n’hésite pas à rapporter un acteur havrais. De son côté, le président de la société d’investissement LH2T (Le Havre Terminal Trimodal) Charles Masse avait résumé son point de vue avec une formule lapidaire : "J’ai livré une voiture à des gens qui n’ont pas le permis de conduire". De leur côté, les manutentionnaires avaient critiqué le projet : le président du Groupement des employeurs de main d’œuvre (Gemo), Christian de Tinguy, défendait la solution d’un accès direct, sans rupture de charge, via la construction d’une "chatière" entre les terminaux maritimes de Port-2000 le réseau fluvial.

Natalie Castetz

Vendredi 11 Décembre 2015



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