Le groupe Stef élabore un projet de "société dédiée" pour la reprise de la SNCM


Au lendemain du rejet des trois offres de reprise de la SNCM par le tribunal de commerce de Marseille et suite à la demande aux administrateurs judiciaires de la compagnie de procéder à un nouvel appel à candidatures, le groupe Stef, maison mère de La Méridionale, est venu présenter à Marseille les raisons qui l'ont incité à élaborer un projet de reprise en partenariat avec d'autres entreprises. Il va falloir attendre le mois septembre pour connaître le profil de cette future "société dédiée".


Le PDG de Stef, Francis Lemor, a fait appel à Éric Giuily pour l'aider à monter son dossier de reprise de la SNCM
Le PDG de Stef, Francis Lemor, a fait appel à Éric Giuily pour l'aider à monter son dossier de reprise de la SNCM
L'été sera studieux à la direction du groupe Stef. Francis Lemor, son PDG, a demandé de l'aide à l'ex-administrateur du spécialiste européen du transport frigorifique Éric Giuily. Celui que l'on a connu à la présidence de la CGM et de la SNCM, aujourd'hui à la barre de l'association French Lines va mettre sur pied avec lui un projet de reprise de la SNCM qui sera présenté au tribunal de commerce le 25 septembre.

"Un tour de table pour la Corse, un autre pour le Maghreb"


Pour le PDG du groupe, La Méridionale n'a pas les moyens, avec une flotte de trois navires, de prendre à sa charge l'intégralité de la nouvelle DSP, à compter d'octobre 2016. "Nous avons fait savoir au tribunal que nous étions prêts à participer à un nouvel appel à candidature", indique-t-il, soulignant qu'il ne faut pas "perturber une saison d'été".
Éric Giuily explique : "Nous allons mettre à profit ces trois mois d'été pour élaborer le projet. Avec deux tours de table : un pour le transport sur la Corse, l'autre sur le Maghreb". De son côté, La Méridionale conservera son intégrité et sa place sur la continuité territoriale corse.
Questionné sur les problèmes de concurrence qui opposeraient la filiale maritime de Stef à la future structure, l'avocat du groupe Marc Santoni a indiqué que ce dossier devrait passer par l'Autorité de la concurrence. Francis Lemor, qui préfère évoquer le terme d'émulation à celui de concurrence, précise : "Il doit y avoir des complémentarités entre les deux entreprises".
Aucun détail n'a été donné sur les partenaires potentiels de ces "tours de table", ni sur le montant qui pourrait être consacré par le groupe à ce projet. Le PDG de Stef a tenu à préciser qu'il ne s'agirait pas d'un consortium mais d'une "entreprise dédiée". Un statut exigé par la DSP, a-t-il précisé.
En matière de flotte, Francis Lemor s'est borné à dire que la société qui desservirait la Corse exploiterait quatre navires et que celle qui assurerait la desserte du Maghreb opérerait deux unités. Pour l'heure, tout en soulignant que les ropax de La Méridionale battent pavillon français premier registre, il a refusé de s'engager sur la nationalité du pavillon des navires de la future société qui assurera la DSP.

Les raisons d'une décision tardive

Interrogé sur les raisons pour lesquelles le groupe a déclaré ses intentions si tardivement, Francis Lemor a expliqué : "Nous n'avions pas l'intention de devenir candidats". Selon lui, la décision du tribunal de Bastia de résilier la DSP actuelle au 1er octobre 2016, le fait de devoir répondre à un appel d'offres dans quelques mois en s'assurant d'être aux côtés d'un partenaire sérieux et fiable et la décision de Bruxelles de ne plus fournir d'aides jugées illégales, ont constitué les trois éléments qui ont motivé le groupe à changer de position. Il ajoute que les offres des trois candidats (l'armateur Daniel Berrebi, le propriétaire de Baja Ferries, le transporteur corse Rocca et l'ancien président du port de Marseille Christian Garin) ayant été jugées insuffisantes, le groupe ne pouvait pas laisser les choses en l'état. "Nous nous sentions menacés", ajoute le PDG de Stef, un groupe au sein duquel La Méridionale, la seule activité maritime de l'entreprise, pèse 4 % de l'activité. Rendez-vous est pris le 25 septembre au tribunal de commerce de Marseille.

Vincent Calabrèse

Vendredi 12 Juin 2015



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