Le marché du coton devient plus international


Le lancement par l'opérateur boursier américain ICE d'un nouveau contrat à terme sur le coton, adossé pour la première fois à une offre internationale, reflète l'évolution du marché mondial, de moins en moins dominé par les États-Unis.


Les États-Unis ne sont que le troisième pays producteur de coton © John Deere
Les États-Unis ne sont que le troisième pays producteur de coton © John Deere
Depuis ses débuts en 1870, sur le New York Cotton Exchange, le marché à terme américain du coton s'est imposé au fil des décennies comme la référence mondiale dans les échanges financiers sur les contrats de fibre blanche. L'IntercontinentalExchange (ICE) est actuellement le leader mondial des échanges de contrats à terme de coton. Les prix du marché se basent uniquement sur l'offre américaine, comptant pour uniques points de livraison des villes du Sud des États-Unis au Texas, au Tennessee et en Caroline du Sud.
Mais "les États-Unis avaient bien plus d'importance dans le passé qu'aujourd'hui sur le marché mondial, en termes d'échanges et de volumes de production. Leurs récoltes sont devenues depuis moins abondantes et le reste du monde a gagné en importance, particulièrement l'Inde et la Chine", relève Peter Egli, de la maison de courtage britannique Plexus Cotton. Par conséquent, le lien entre les prix des contrats à terme et la réalité du marché mondial "n'est plus aussi évident", juge-t-il.
L'offre totale en coton aux États-Unis devrait chuter à la fin de la campagne 2013-2014 à un plus bas depuis 1984, selon le ministère de l'Agriculture américain, les exportations dégringolant à des volumes plus vus depuis 2000. À l'inverse, la Chine assied encore un peu plus sa prédominance sur la production mondiale, bien qu'elle en stocke l'essentiel dans ses réserves, détenant cette année quelque 60 % des stocks mondiaux. Bien que premiers exportateurs de coton dans le monde, les États-Unis ne sont que le troisième pays producteur derrière la Chine et l'Inde.

Une réponse aux plaintes du secteur

"Le marché à terme de l'ICE reste le seul marché disposant d'assez de liquidités et de visibilité dans le monde pour être utilisé comme référence", note Peter Egli. Mais, dans ce contexte, "l'idée d'avoir un contrat adossé à un panier de coton d'origines différentes est très bien accueillie par les courtiers". Le lancement d'ici la fin de l'année de ce nouveau contrat à terme adossé à du coton produit sur les cinq continents a finalement été annoncé mardi 18 mars après des années de rumeurs et de débats entre les professionnels du secteur.
Outre les États-Unis, seront désormais pris en compte les fibres blanches provenant d'Australie, du Brésil, de l'Inde, et, en Afrique, du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d'Ivoire et du Mali. Les points de livraison physique seront également diversifiés géographiquement : les cargaisons de coton du nouveau contrat de l'ICE pourront être déchargées en Australie et en Malaisie, en plus des États-Unis. "Ce nouveau contrat à terme sera échangé aux côtés du contrat de référence" américain et "devrait être introduit dès cette année", précise l'opérateur boursier. Il s'agit pour le géant mondial de la Bourse, nouveau propriétaire du Nyse, de "s'assurer que nos produits suivent l'évolution des besoins du secteur dans sa gestion des risques".
Ce nouveau contrat est "une réponse aux nombreuses plaintes du secteur après les envolées fulgurantes de 2011 et la chute consécutive des prix du contrat de référence sur le coton de l'ICE", souligne Gary Raines, analyste de la société de conseils FC Stones, spécialisée dans la fibre et le textile. Car "ce qui a un impact sur le marché américain n'a pas forcément d'impact sur le marché mondial", précise-t-il. Les cours de la livre de coton de référence avaient atteint en mars 2011 un record à 2,27 dollars avant de chuter de plus de 70 % l'année suivante. Ils évoluaient mercredi 19 mars à 92,99 cents vers 13 h 15. Pour Gary Raines, pas de doute, l'initiative de l'ICE est promise à un vif succès : "Il existe un vrai potentiel pour qu'un tel contrat se fasse une place dans les échanges mondiaux de coton".

Prune Perromat

Jeudi 20 Mars 2014



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