Le mode de financement des autoroutes de la mer remis en question


Six mois après la suspension de la ligne Montoir-Gijón, le mode de financement des autoroutes de la mer suscite toujours de nombreuses interrogations. À l'occasion de la dernière SITL, une table ronde consacrée au sujet a ouvert le débat en permettant aux divers acteurs concernés de livrer leurs points de vue. Reste à savoir si la manière dont sont attribuées les aides au démarrage en France suffisent à en garantir la pérennité.


Juan Riva, président de Suardiaz, Silvio Bocci, responsable Import de Castorama, Jean-Pierre Chalus, président du directoire du Grand Port maritime de Nantes, et Éric Cabaillé, vice-président du groupement Astre © Vincent Calabrèse
Juan Riva, président de Suardiaz, Silvio Bocci, responsable Import de Castorama, Jean-Pierre Chalus, président du directoire du Grand Port maritime de Nantes, et Éric Cabaillé, vice-président du groupement Astre © Vincent Calabrèse
La suspension de la ligne opérée pendant quatre ans par LDA entre Montoir et Gijón n'a pas signé l'arrêt de mort des autoroutes de la mer en France. Quelques mois après la décision de l'armateur de se retirer du service, le Grand Port maritime de Nantes, un représentant des transporteurs routiers, un armateur et un chargeur ont été invités à l'occasion du Maritime Days de la Semaine internationale des transports et de la logistique (SITL) 2015 à tirer les enseignements de cette première expérience.
Pour Éric Cabaillé, vice-président du groupe Astre, qui était utilisateur du service, la suspension de la ligne Montoir-Gijón a été décidée par l'armateur pour des raisons financières.
"Pour ce mode alternatif, les subventions sont accordées à l'armateur. Mais le transporteur routier ne perçoit rien", regrette-t-il. Selon lui, "l'armateur a mis un terme à la ligne car les subventions ne suffisaient plus".
Il rappelle toutefois que les services opérés entre l'Italie et l'Espagne, confiées par l'État italien à Grimaldi, "ont reçu des aides au démarrage qui ont aussi bien bénéficié à l'armateur qu'aux transporteurs routiers, permettant un équilibre économique mieux répartis".
Pour sa part, le président du directoire du Grand Port maritime de Nantes-Saint-Nazaire, Jean-Pierre Chalus (qui n'avait pas abordé le sujet lors de la conférence sur l'attractivité des ports français), a rappelé que "les autoroutes de la mer sont à l'initiative des États français et espagnol".

"Le modèle italien permet un équilibre économique mieux réparti"


À propos du service reliant Montoir-de-Bretagne à Gijón assuré pendant quatre ans par LDA (de 2010 à 2014), il a déclaré que "cette expérience n'était pas un échec". Rappelant que ce type de ligne ne peut fonctionner sans subvention, il a souligné que "les démarches ont été engagées pour la seconde autoroute de la mer".
À son tour, il a ajouté que "les subventions n'étaient pas destinées au port mais à l'armateur" qui opère la ligne. Et de conclure : "Depuis la suspension de la liaison Montoir-Gijón, le trafic et les recettes associées nous manquent. Le trafic routier a entre-temps fortement augmenté".
Un point de vue partagé par le vice-président du groupement Astre qui a également constaté "un retour du trafic sur la route".

Suardiaz lié à Montoir-de-Bretagne pour sept ans

Pour sa part, Juan Riva, le président du groupe espagnol Suardiaz, armateur qui assure une ligne Montoir-Vigo, a souligné : "Nous avons commencé sans subvention. Notre ambition est de devenir sur cette liaison plus compétitifs que la route".
L'armateur ibérique a effectué une demande auprès de la Commission européenne "pour soutenir le service à long terme".
La compagnie estime d'ores et déjà qu'elle est liée pour une durée de sept années sur cette liaison pour laquelle elle espère pour cette période 27 millions d'euros de subventions. Juan Riva définit sa compagnie comme étant à la tête de la plus importante flotte de "car carriers" en Espagne.
Du côté des chargeurs, Silvio Bocci, directeur import de Castorama, se dit être un adepte du report modal. L'enseigne de bricolage utilise, selon lui, le transport ferroviaire pour acheminer ses marchandises en sortie du Havre et de Dunkerque pour Genevilliers et Bonneuil-sur-Marne. Il a également évoqué le recours au short sea shipping en Méditerranée pour les lots à l'import de Turquie et de Bulgarie. Silvio Bocci confie que, pour Castorama, l'aspect financier fait partie des critères incitant le groupe à se tourner vers d'autres modes.

Vincent Calabrèse

Mardi 7 Avril 2015



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