Le monde s'organise pour éviter la propagation d'Ebola


De nombreux pays s'organisaient vendredi 8 août pour éviter l'arrivée sur leur territoire du virus Ebola, alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié l'épidémie d'"urgence de santé publique de portée mondiale".


La Côte d'Ivoire a suspendu tous ses vols vers et depuis les pays affectés © Air Côte d'Ivoire
La Côte d'Ivoire a suspendu tous ses vols vers et depuis les pays affectés © Air Côte d'Ivoire
La majorité des pays ont déconseillé à leurs ressortissants de voyager dans les quatre pays touchés par Ebola : Sierra Leone, Guinée, Liberia et Nigeria. En Afrique, où ont été enregistrés l'ensemble des 1.000 décès constatés depuis le début de l'année, la majorité des voyageurs doivent se soumettre à la prise de leur température à la descente des avions afin de détecter des fièvres suspectes. C'est le cas à Johannesburg, dans les aéroports du Kenya, d'Éthiopie, du Rwanda, de Tanzanie, d'Ouganda et de RDCongo. Dans ce dernier pays, la mesure s'applique également au port de Kinshasa et à la centaine de points d'entrée du pays. À Lagos, au Nigeria, où deux personnes, infectées par le virus Ebola, sont mortes, les voyageurs doivent remplir une fiche sur leur état de santé et faire vérifier leur température. Ils reçoivent ensuite des documents d'information sur le virus avant de passer la douane.
L'Afrique du Sud et l'Ouganda, qui a déjà connu dans le passé des épidémies d'Ebola, ont envoyé des équipes médicales et un laboratoire mobile en Afrique de l'Ouest, tout comme la France et le Royaume-Uni. En Europe où le commissaire européen chargé de la Santé, Tonio Borg, a qualifié d'"extrêmement faible" le risque de propagation au continent de l'épidémie, nombre de pays (la Suède, le Danemark, la Pologne, la Hongrie et la Bulgarie notamment) n'ont pas encore pris de mesure tandis que les autres mettaient en ordre de marche leurs systèmes de réponse d'urgence. En Belgique, un passager contaminé ou suspect serait transféré vers l'hôpital universitaire le plus proche mais aucun hôpital n'est équipé pour traiter un cas d'Ebola avéré, selon Nathan Clumeck, le chef de service du Centre hospitalier universitaire Saint-Pierre à Bruxelles. Il faudrait le transférer à l'étranger.

"Des mesures s'appliquent également au port de Kinshasa"


En Grèce, qui est l'une des portes d'entrée dans l'UE de l'immigration illégale, les autorités ont souligné "que s'agissant de la population immigrée, la situation est sous contrôle concernant les centres de rétention ; quant aux entrées illégales dans le pays, le pourcentage d'arrivées en provenance des pays "suspects" est infinitésimal voire nul, estimé à un migrant sur 6.500". Aucune mesure sanitaire supplémentaire n'a été officiellement annoncée pour l'instant en Espagne, premier pays d'Europe à avoir rapatrié jeudi 7 août un malade atteint du virus Ebola. Des vols directs sont assurés par la compagnie espagnole Iberia entre Madrid et Lagos, le vendredi, dimanche, mardi et jeudi. L'Espagne a par ailleurs ajouté vendredi 8 août la Mauritanie à la liste des pays où elle déconseille de se rendre "sauf pour des raisons d'extrême nécessité", même si "aucun cas de fièvre Ebola n'y a été détecté pour le moment".
En Suisse, une équipe médicale spécialisée est prête à intervenir dans l'avion transportant un cas suspect et l'a fait en juillet. Les hôpitaux universitaires genevois sont également préparés. Il n'y a pas de mesures spécifiques à l'aéroport londonien d'Heathrow, premier aéroport international en nombre de passagers, ni à celui de Francfort, le troisième européen.
La France, au cours d'une réunion interministérielle, a décidé de "poursuivre et d'accroître le soutien aux ONG et aux instituts de recherche dans la riposte à Ebola, notamment à travers le déploiement de laboratoires mobiles". Elle a également activé des procédures de prise en charge des passagers venant des zones contaminées, fournis des conseils d'hygiène à ses ressortissants sur place et des dépliants sur le virus aux compagnies aériennes. Elle a également choisi des hôpitaux et laboratoires de référence.
Aux États-Unis, où des experts jugent inévitable l'arrivée de personnes infectées, l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) a "transmis des instructions aux médecins et aux autres personnels médicaux pour identifier les symptômes, établir le diagnostic et traiter les malades". Les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont déclenché mercredi 7 août leur alerte sanitaire maximum pour mobiliser toutes les ressources nécessaires afin de faire face au risque représenté par l'épidémie.
En Russie, les autorités ont annoncé avoir "vérifié au cours des dernières 24 heures 45 vols en transit en provenance de pays de l'Ouest de l'Afrique touchés par l'épidémie", sans trouver aucun cas. Au Japon et en Corée du Sud, les autorités ont invité leurs ressortissants dans les pays touchés à les quitter immédiatement. La Corée du Sud a également décidé d'accélérer la mise en quarantaine des personnes rentrant de ces pays.
Dans les pays du Golfe, la compagnie Emirates a suspendu ses vols vers la Guinée. Un cas suspect a été annoncé en Arabie saoudite chez un Saoudien de retour de Sierra Leone. Le malade est mort mais la contamination par le virus Ebola n'a pas été confirmée. L'Arabie saoudite a rappelé à l'occasion avoir suspendu l'octroi de visas à des personnes venant du Liberia, de Sierra Leone et de Guinée.

La Côte d'Ivoire suspend tous ses vols

La Côte d'Ivoire a annoncé lundi 11 août la suspension des vols de sa compagnie nationale vers et depuis les pays affectés par la fièvre Ebola et interdit à toutes les compagnies de transporter les passagers de ces pays vers Abidjan. Face à l'aggravation de la situation, les mesures de précaution se multiplient en Afrique et dans le monde, en particulier pour éviter une propagation du virus par les voyages aériens. Les compagnies panafricaines Arik et Asky avaient déjà suspendu leur vols vers et depuis le Liberia et la Sierra Leone après la mort d'un passager libérien fin juillet à Lagos, au Nigeria.

Maureen Cofflard

Lundi 11 Août 2014



Lu 61 fois



Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 1 Décembre 2016 - 14:36 Bombardier livre son premier CS300 à Air Baltic €


     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse