Le navire austral "Marion Dufresne" fait peau neuve en 2015



Le choix du chantier sera arrêté fin 2014 © TAAF
Le choix du chantier sera arrêté fin 2014 © TAAF
Fatigué par ses presque 20 ans et les mers australes déchaînées, le navire ravitailleur et scientifique "Marion Dufresne II" va être entièrement rénové en 2015 pour rester à la pointe de la recherche océanographique mondiale. Pendant quatre mois d'avril à juillet, ce célèbre navire va faire sa "jouvence", lui qui assure 120 jours par an la logistique des bases des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) et 217 jours les campagnes pilotées par l'Institut Paul-Émile Victor (Ipev). "Un bateau comme celui-là, si on devait en construire un neuf aujourd'hui, coûterait environ 120 millions d'euros. Là, l'objectif est de le prolonger de quinze ans pour 23 millions d'euros", explique Pascal Bolot, préfet administrateur des TAAF. Dans cette enveloppe globale, 10 millions d'euros concernent la partie maritime (coque et machines), financés par un emprunt de la collectivité des TAAF auprès de l'Agence française de développement (AFD) à un taux de 2,1 %. Les 13 autres millions d'euros sont financés par l'État (Recherche et Commissariat général aux investissements) via l'Ipev pour moderniser les appareils scientifiques embarqués sur le bateau. "Nous avons un problème d'obsolescence, les technologies sous-marines ont beaucoup évolué depuis 1995" à sa sortie des Ateliers et Chantiers du Havre, déclare Hélène Leau, responsable des moyens navals à l'Ipev. Par exemple, le sondeur multifaisceaux qui sert à la fabrication des cartes bathymétriques des fonds marins était "un prototype" à l'époque. Il sera remplacé par une nouvelle génération afin de rester performant dans la détermination des couches de sédiments. Celles-ci sont au centre de l'activité-phare de recherche où le "Marion Dufresne" est tout simplement "leader mondial" : le carottage sédimentaire. Un avantage à pousser d'autant plus depuis l'unique autre bateau (américain) qui en faisait a été désarmé cette année.

Un nouveau treuil grands fonds

"Nous avons la longueur de carotte la plus grande au monde avec 65 mètres. Le nouveau treuil grands fonds va nous permettre d'augmenter notre capacité de carottage ! L'idée est de passer à 75 mètres et plus si affinités", s'enthousiasme Hélène Leau, ce qui implique aussi des modifications de la structure du navire. Les carottes sédimentaires sont la base des travaux en paléoclimatologie, soit la reconstitution des climats passés qui permettent l'élaboration des modèles de changement climatique. "C'est une thématique porteuse en ce moment", souligne la scientifique, rappelant que les campagnes menées par le "Marion Dufresne" donnent lieu à des publications qui alimentent le Giec, ce groupe d'experts internationaux sur le climat.
Le treuil hydrographique, autre appareil-clé, va être amélioré ainsi que le laboratoire associé à bord du bateau : ils servent à prélever de l'eau de mer à différentes profondeurs (et jusqu'à 7.500 mètres) afin d'en étudier la composition, température afin de comprendre la circulation océanographique, l'absorption en carbone et donc le climat actuel.
Enfin, "le troisième objectif est d'ouvrir beaucoup plus largement le navires aux biologistes en accueillant des équipements nationaux comme le ROV Victor, un robot sous-marin géré par l'Ifremer pour les images et prélèvements sous-marins, plus axés sur l'étude de la biodiversité", poursuit Hélène Leau.
Si la partie scientifique, qui fait la renommée mondiale du bateau, est importante, la modernisation de la coque et des machine l'est tout autant, vu les mers affrontées et la cadence d'utilisation. Ainsi l'électronique va être changée, notamment le système de commande de propulsion, mais aussi les chambres froides ce qui va demander une travail de démontage compliqué vu leur emplacement, les grues extérieures et chaudières ou encore les arbres d'hélices vont être rénovés, les gaines de ventilation refaites, etc. Cette liste à la Prévert a été dressé au fil des quatre dernières années. Les rénovations techniques et scientifiques "nécessitent de préparer six à neuf mois à l'avance les pièces du puzzle qu'il faudra assembler dans le chantier", explique le préfet Bolot. Le choix du chantier sera arrêté "fin 2014", actuellement "nous rédigeons le cahier des charges", précise-t-il, affirmant "viser un chantier européen car les grands prestataires "coque et machines" mais aussi "apparaux" sont français ou européens".

Sophie Lautier

Vendredi 16 Mai 2014



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