Le norvégien Siem renonce à la SNCM


Deux jours après l'éviction du directoire de la SNCM et de son président, Marc Dufour, par le conseil de surveillance, le groupe norvégien Siem Industries a annoncé mercredi 14 mai qu'il renonçait à une reprise de la compagnie maritime.


© SNCM
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Après l'éviction de Marc Dufour, le norvégien Siem renonce à la SNCM. "Nous nous sommes retirés et nous avons fait passer le message. C'est fini", a déclaré le directeur adjoint du conglomérat norvégien, Eystein Eriksrud, à Oslo. Eystein Eriksrud n'a pas voulu s'étendre sur les raisons de son retrait mais son entreprise a exprimé à plusieurs reprises dans le passé sa frustration de n'avoir obtenu aucune réponse à ses marques d'intérêt, ni de la part de Transdev, l'actionnaire majoritaire de la SNCM, ni de l'État français. "Il n'y a aucune clarté concernant ce que Transdev ou les actionnaires veulent faire de la compagnie", a-t-il dit sans donner de détail.

Pas de solution euro-compatible

"Nous n'avons pas de solution euro-compatible apportée à la problématique des pénalités", a déploré Christian Garin, représentant de Siem Industries en France. La SNCM est sous le coup d'une condamnation de Bruxelles de remboursement de 440 millions d'euros d'aides publiques. L'ancien président du Port autonome de Marseille estime par ailleurs qu'en désavouant Marc Dufour, "symbole" du plan de redressement, les actionnaires de la SNCM ont également "sanctionné" le plan lui-même, que soutenait Siem. Le norvégien était prêt à financer l'achat de sept nouveaux navires (quatre commandes fermes et trois options).
Transdev, filiale de la Caisse des dépôts et consignations et de Veolia, actionnaire majoritaire de la SNCM (66 % contre 25 % à l'État et 9 % aux salariés) a pour sa part rejeté le plan, soutenu en revanche par les syndicats. Lundi 12 mai, lors du conseil de surveillance, Transdev a voté contre la reconduction du directoire dont le mandat prend fin le 31 mai et les trois représentants de l'État se sont abstenus. Le nouveau directoire de la compagnie doit être élu par le conseil de surveillance le 28 mai.

"Siem était prêt à financer l'achat de sept nouveaux navires"


Redoutant un démantèlement de la compagnie, faute de repreneur, les syndicats entendent utiliser ce délai pour obtenir des éclaircissements et des engagements de la part de Transdev et du gouvernement. Syndicat majoritaire, la CGT a demandé à être reçue au plus tôt par le Premier ministre, Manuel Valls, laissant entendre que des "actions" seraient envisagées en fonction des réponses apportées par le gouvernement.
La CFE-CGC demande aussi que les syndicats soient "associés" aux négociations lors d'une rencontre avec Manuel Valls et Ségolène Royal, ministre de tutelle du secrétaire d'État aux transports. "Après la reculade de lundi et le vote anormal de l'État", qui a permis selon lui de "repasser la main à Transdev", Frédéric Cuvillier "est totalement déconsidéré", a estimé Maurice Perrin (CFE-CGC). Pour lui "le cœur du problème, c'est le projet industriel", le plan de Marc Dufour auquel "Siem s'intéressait" et que Transdev "veut abandonner". Le renoncement de Siem, "c'est la révélation officielle du double langage de l'État", a commenté l'élu des officiers CFE-CGC, Pierre Maupoint de Vandeul. Selon les syndicats, le secrétaire d'État aux transports, Frédéric Cuvillier, s'était en effet engagé auprès de Siem à soutenir le directoire sortant. "On espère que le retrait est provisoire", a ajouté Pierre Maupoint de Vandeul.
Pour l'heure, les syndicats n'ont pas eu de réponse de Matignon. Le gouvernement "assurait, il y a quelques jours encore, à ce possible repreneur que le directoire en place serait maintenu, il s'est renié et a fait le choix inadmissible de laisser l'actionnaire majoritaire démanteler la société", a réagi Roland Blum, adjoint UMP à la mairie de Marseille. Il demande "que tout soit fait dans les prochaines heures pour respecter les engagements pris et faire en sorte que ce retrait ne soit que temporaire". Selon une source proche du dossier, rien ne sera fait jusqu'à septembre qui "mette les syndicats en colère". Mais il faudra à l'automne confirmer les commandes de bateaux "et savoir ce qu'on fera de l'entreprise".

AFP

Jeudi 15 Mai 2014



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