Le pilotage s’adapte au gigantisme


Diversité des types de navires accueillis et gigantisme croissant : au Havre, les pilotes s’adaptent. Les enjeux : la sécurité des manœuvres et la fiabilité économique du passage maritime, au Havre, à Fécamp et à Antifer.


© GPMH
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Port Center, un jeudi soir de fin septembre, au Havre. Dans cette ancienne gare maritime convertie fin 2013 en espace de conférences, d’expositions et d’ateliers pédagogiques, face au Pôle croisières, le public est venu nombreux. Au programme de la conférence, le pilotage. Diapositives à l’appui, Pascal Olier présente les activités de la station du Havre-Fécamp qu’il préside.
Rapide rappel historique. Il explique que le pilotage est obligatoire dans le monde entier, régi au Havre depuis 1551 par l’édit du roi Henri II, puis par différentes ordonnances, décrets, réformes, jusqu’à la loi du 28 mars 1928 qui harmonise les réglementations. C’est «un service public confié à un entreprise privée dont l’État garde le contrôle». En 1850, on comptait au Havre 48 pilotes et 20 bateaux.
En 2014, pour assurer en moyenne 12.500 navires, ils sont 49 pilotes dans une station qui dispose de six vedettes rapides - 1.000 CV - et d’un bateau à Fécamp. «Nous avons été les premiers à disposer d’un hélicoptère, en 1976, qui sert aujourd’hui 15 % des navires et, en 2004, d’un simulateur de manœuvre». S’ajoutent 44 salariés dont deux pilotes et deux mécaniciens hélitreuillistes, les services administratif, maintenance, transport, maritime. Pascal Olier fait également le point sur la croissance accélérée de la taille et de la voilure des navires en exploitation, qui sont bien loin des 130 à 150 mètres de long pour 600 à 800 EVP des années 60. Et de rappeler : fin 2012, les pilotes havrais ont accueilli le «Marco Polo» de CMA CGM (396 mètres de long, 54 mètres de large, 16.000 conteneurs) et, en avril dernier, le «Magleby Maersk», sixième navire de la série des Triple E (400 mètres de long, 59 mètres de large, 73 mètres de haut, 18.000 conteneurs, 225.000 tonnes de cargaison). Durant quatre mois, les pilotes se sont entraînés sur leur simulateur, à partir des plans communiqués par l’armateur et intégrés dans leurs données afin de préparer la venue du géant des mers. «Ce gigantisme est un enjeu important car c’est le seul moyen pour un port de rester dans la cour des grands», rappelle Pascal Olier.

«Les moins chers d’Europe»

19 h 30. Les questions du public fusent. Le nombre de pilotes par bateau ? L’aide de propulseurs d’étraves ? La responsabilité à bord ? Les tarifs ? «Les plus bas d’Europe», assure Pascal Olier. S’ils représentent entre 4 et 5 % du coût global d’une escale, ils sont fixés chaque année, explique le président, après consultation d’une assemblée commerciale locale réunissant différents représentants des armateurs, Grand Port maritime, usagers du port.

"Rester dans la cour des grands"


Au Havre, dont la spécificité, note Pascal Olier, est la diversité des types de navires accueillis - porte-conteneurs, rouliers, chimiquiers, minéraliers, bateaux de croisière… -, "nous travaillons avec tous nos partenaires, capitainerie, remorquage, lamanage, Grand Port maritime pour améliorer les conditions d’accueil et être à la pointe".
Et… la concurrence, la menace de libéralisation du pilotage ? «Toutes les expériences menées dans d’autres ports ont été des échecs, tant du point de vue économique, l’installation de la concurrence ayant abouti à une hausse des prix, qu’en termes de qualité de service», assure Pascal Olier. Le samedi suivant, le président de la station accueillait à nouveau le public, cette fois-ci sur la passerelle du simulateur électronique de manœuvre portuaire : l’illustration grandeur nature du métier. Sur écran panoramique de 270°, les images numériques des zones de pilotage. Un visiteur prend la barre, prépare l’accostage de son porte-conteneur à Port 2000, demande un remorqueur.… La semaine suivante, ce seront des pilotes en formation venus d’Afrique et ceux du Havre s’y entraîneront, entre autres, sur les plans de l’un des plus grands paquebots de croisière du monde.

Natalie Castetz

Lundi 29 Septembre 2014



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