Le plus grand bateau-porte de Méditerranée pour relancer la réparation à Marseille


Au Grand Port maritime de Marseille-Fos, Spie Batignolles construit le bateau-porte de la forme 10. La remise en état de cet outil exceptionnel doit contribuer à la relance de la réparation navale dans le port phocéen.


Avec ses 465 mètres, la forme 10 est la plus grande en Méditerranée et la troisième au monde © Franck André
Avec ses 465 mètres, la forme 10 est la plus grande en Méditerranée et la troisième au monde © Franck André
Avec ses 9.100 tonnes, ses 87,5 mètres de long pour 15 de large et 13 de haut, l'ouvrage présentera des dimensions impressionnantes. La construction du nouveau bateau-porte pour 13,35 millions d'euros est l'élément-clé de la réhabilitation de la forme de radoub numéro 10 du Grand Port maritime de Marseille-Fos. Elle est assurée par le groupement piloté par l'entreprise de génie civil Spie Batignolles TPCI, dans lequel figurent EJN Negri, Setec TPI, Hydratec et Cofely Ineo. Après six mois d'études, les travaux ont commencé début 2014, pour une livraison prévue en juin 2015.

Le vieux bateau-porte a permis d'assécher la forme pour la durée des travaux © Franck André
Le vieux bateau-porte a permis d'assécher la forme pour la durée des travaux © Franck André
La taille de l'ouvrage est à la hauteur de celle de la forme 10, le plus grand bassin de réparation de Méditerranée et le troisième du monde avec ses 465 mètres de long pour 85 mètres de large et un tirant d'eau utile de 10 à 11 mètres. Ce bassin construit en 1975 à l'époque des super-tankers a été abandonné à la fin des années 80, lorsque le marché s'est retourné et a rendu le coût d'exploitation de ce géant trop élevé. "Les pétroliers sont devenus plus petits et la concurrence a augmenté, explique Philippe Bion, chef du département ingénierie du GPMM, d'autant plus que ces navires viennent souvent de loin" et ont donc l'embarras du choix pour effectuer leurs escales techniques.

Un outil prévu pour durer

L'ancienne porte est toujours en état de marche, c'est elle qui assure l'étanchéité pendant la durée des travaux, qui sont effectués à l'intérieur même de la forme, mais le port n'a pas souhaité s'engager pour la durée de la nouvelle concession sur le fonctionnement d'un ouvrage aussi ancien. L'établissement public en a profité pour poser de nouvelles exigences techniques. Le nouveau bateau-porte sera en béton précontraint de 16.000 mètres de conduits et 132 tonnes d'armatures actives. Il sera équipé d'un système automatisé de pompage hydraulique et de quatre compartiments de ballast.

Le nouvel ouvrage sera précontraint grâce à 16.000 mètres de conduits © Franck André
Le nouvel ouvrage sera précontraint grâce à 16.000 mètres de conduits © Franck André
La porte, prévue pour une durée de vie de cinquante ans, doit pouvoir s'ouvrir et se fermer en 35 minutes, résister à la houle et à une collision avec un navire de 100.000 tonnes, avec la contrainte supplémentaire de s'adapter à l'existant, d'où la longue phase d'études. Côté forme, les quatre pompes seront capables de vider les 480.000 m3 d'eau du bassin, soit l'équivalent de 180 piscines olympiques, en quatre heures. Construit sur des plots d'appui en béton, le bateau-porte sera mis en flottaison une fois terminé et remorqué jusqu'à sa position finale. Sa mobilité sera alors assurée par un système de chaînes et de pignons.

La croisière ressuscite la forme 10

C'est le développement rapide de l'activité de croisière qui a favorisé la décision du port, en 2011, de réhabiliter cet outil et d'en concéder en juin 2013 l'exploitation pour vingt-cinq ans au groupement composé de San Giorgio del Porto (déjà opérateur des formes 8 et 9 depuis 2010) et Mariotti. La forme 10 pourra recevoir les plus grands paquebots du monde (350 mètres de long) et visera ceux qui sont déployés en Méditerranée, le deuxième marché mondial pour la croisière. San Giorgio a d'ailleurs des accords commerciaux avec STX France, constructeur du recordman "Oasis of the Seas", qui doit inclure Marseille dans ses rotations en 2015, et de ses sisterships. En arrière plan, se profile le marché de la réparation des grands porte-conteneurs "mais la concurrence est plus grande, avec les ports du Nord et l'Asie", tempère Alain Domenval, chargé du projet de réhabilitation de la forme 10 au GPMM. Au moins, le géant abandonné aura repris vie et contribué à la relance de la réparation navale marseillaise.

Franck André

Vendredi 11 Juillet 2014



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