Le port de Lyon, reflet de l’économie


À fin septembre 2013, et tout en espérant des soubresauts pour le dernier trimestre, Julien Langendorf, directeur du port de Lyon, observe une chute de 6 % par rapport à fin septembre 2012 pour le trafic total, tous modes confondus, avec 8 millions de tonnes transportées.


© Camille Moirenc
© Camille Moirenc
Reflet de l’économie, le port de Lyon à fin septembre enregistre une baisse de 6 % de son trafic total. "Les entreprises souffrent, attendent. Ce chiffre traduit l’ambiance des affaires", observe Julien Langendorf. Le trafic voie d’eau (navigation intérieure et fluvio-maritime) baisse seulement de 2 %, avec 101 millions de tonnes, chute limitée grâce au trafic des ferrailles et des colis lourds manutentionnés par Lyon-Terminal, filiale de la CNR qui a atteint l’équilibre financier en 2012. Le trafic ferroviaire accuse avec 225.000 tonnes une baisse de 39 % par rapport à la même période de 2012 en raison notamment du départ de Combiwest pour le centre de Vénissieux. L’oléoduc est en hausse de 2 % avec 2 millions de tonnes et le trafic conteneurs tous modes confondus est stable à fin septembre avec 162.000 EVP.

"Le port, base arrière d’une logistique urbaine fluviale dédiée à la ville"


L’opération de montage du pont Raymond-Barre sur le port et son acheminement ensuite sur le Rhône à Lyon-Gerland ont récemment représenté une bonne occasion de parler du port et des atouts de la voie d’eau. "Certaines personnes dans le 7e arrondissement où se situe le port de Lyon n’ont même pas conscience qu’il y a un port à leurs portes et que dire de certains professionnels qui ne l’évoquent même pas".
Sur le port de 184 hectares dont 110 hectares de terre-plein, le sol est propriété de l’État, ce qui le protège en partie de toute spéculation foncière. Mais la vigilance s’impose. 70 entreprises développent leurs activités principalement dans les secteurs des matériaux de construction et granulats, de la récupération et du traitement des déchets, des produits métallurgiques, des céréales et de la logistique. Une nouvelle convention d’occupation de terrain a été signée avec BMLS-Centrale à béton qui s’installe sur un terrain de 7.860 m2 en bord à voie d’eau. Cette entreprise va créer un appontement pour la gestion de sa logistique. "Cette société s’inscrit donc complètement dans les critères définis pour l’implantation sur le port", remarque Julien Langendorf.
La charte de 2005 qui fixe la stratégie de développement du port et examine les secteurs à accueillir conduit à une plus grande sélection des entreprises axée, d’une part, sur le report modal vers le fleuve et, d’autre part, sur le service apporté à l’agglomération. "Je verrais bien le port devenir la base arrière d’une logistique urbaine fluviale dédiée à la ville", observe Julien Langendorf.

Problème d’accessibilité routière

L’accessibilité routière au port pose problème. Le trafic routier à l’intérieur du port est évalué à 2.600 camions par jour. Ils pourraient être 3.300 à l’horizon 2023, selon certaines projections. Une étude d’accessibilité routière a été confiée en 2012 à Egis. Des solutions de réaménagement des portes d’entrée et de sortie du port doivent être proposées. Les accès routiers du port sont concernés par le dossier Tronçon Ouest du périphérique (Top)-Anneau des Sciences.
L’accessibilité ferroviaire, elle aussi, nécessite des améliorations. Actuellement, le trafic ferroviaire est largement pénalisé par l’impossibilité de rentrer en direct sur le port depuis le réseau ferré national, l’obligeant à transiter via le faisceau d’échange du site de Lyon-Guillotière. Aujourd’hui, le tractionnaire Socorail va chercher les trains sur le réseau national pour les acheminer au port. Ceci engendre des temps d’attente et des surcoûts élevés. Une étude, menée cette année et cofinancée par RFF, la CNR, l’État et la région Rhône-Alpes, a permis de valider la pertinence économique de la réalisation de l’électrification de la voie unique d’accès au PLEH ainsi que d’une partie du faisceau ferroviaire du port et la création d’un itinéraire avec entrée en direct par le Nord.
Une étude PPRT (Plan de prévention des risques technologiques) démarrée en 2009, conséquence du drame d’AZF à Toulouse, est en cours. Elle déterminera le sort des trois dépôts pétroliers implantés sur la zone concernée par les aléas de risques ainsi que le devenir de cette zone elle-même.
Enfin, dans le cadre de la convention signée en 2012 entre la CNR, le Grand Lyon et la CCI de Lyon, trois études sont en cours. Elles concernent la faisabilité d’un centre de consolidation des chantiers, une étude concernant des solutions fluviales pour la logistique urbaine depuis le port et l’éventualité d’une implantation d’un espace logistique urbain.

Annick Béroud

Dimanche 17 Novembre 2013



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