Le port de Marseille doit faire face à de nombreux freins


Si le président de l'Association des agents et consignataires de navires de Marseille-Fos (AACN), Jaap van den Hoogen, se félicite du retour à la croissance du trafic global du port de Marseille-Fos, il est convaincu qu'il existe encore de nombreux freins pour l'empêcher de retrouver la croissance espérée. Revue de détails...


Jaap van den Hoogen, président de l'AACN © Vincent Calabrèse
Jaap van den Hoogen, président de l'AACN © Vincent Calabrèse
Dressant l'état des lieux pour la profession des agents maritimes et consignataires de navires dont il défend les intérêts depuis de longues dans le cadre de l'AACN, le Marseillais d'origine néerlandaise Jaap van den Hoogen rappelle à son tour qu'en 2013 le nombre d'escales a progressé légèrement, pour la première fois depuis 2007 dans les bassins du GPMM. Au cours des neuf premiers mois de l'année, ce chiffre est passé de 6.213 en 2012 à 6.239 cette année. Et le président de l'AACN de mettre en garde : "Nous avons perdu 164 escales dans le secteur du pétrole". Le président de l'AACN relève également une hausse de 74 escales dans le secteur du méthane, une croissance de 28 dans celui du conventionnel (augmentation qu'il attribue au trafic d'acier d'ArcelorMittal) et de 92 dans la filière des passagers (car ferries et paquebots de croisière). En revanche, il rappelle que, sur les neuf mois de l'année, le port de Marseille-Fos a accueilli 718 pétroliers contre 1.132 en 2009.

La croissance est due au retour de deux lignes

En matière de conteneurs, le gigantisme aurait pu avoir des conséquences plus négatives puisque le nombre de navires cellularisés a progressé malgré tout de 44 tous bassins confondus. En effet, la baisse de 33 escales dans les bassins a été compensée par la hausse de 77 à Fos. Jaap van den Hoogen se dit satisfait de la croissance de 4,5 % du trafic conteneurisé enregistrée au cours de la même période due à la hausse de 7 % au môle Graveleau mais à la baisse de 4,5 % à Mourepiane. Selon lui, il s'agit d'une bonne croissance par rapport aux autres ports français. D'autant qu'il s'agit seulement de conteneurs pleins et non de boîtes en transbordement, souligne-t-il.

"Corridors de fret européens : la France a vingt ans de retard"


En cumul sur les neuf premiers mois de l'année, le trafic s'est élevé, selon les statistiques AP+, à 358.423 EVP contre 347.652 en 2012, soit presque 10.800 EVP de plus en un an. Il attribue essentiellement cette hausse à la progression du trafic Asie mais aussi au retour de ligne sur le secteur Antilles-Caraïbes (Med Caribbean de CMA CGM et Marfret). À l'import, le trafic est passé au cours de la même période de 301.564 EVP pleins à 312.462 EVP. La croissance de 10.900 EVP est due notamment à l'augmentation de trafic en provenance de Méditerranée orientale. Selon lui, le retour du service Israël de Zim et Cosco en avril 2013 en a assuré le rebond.
"Pendant ces neuf mois, nous avons rattrapé le retard avec le retour de ces lignes. C'est un effet mathématique", selon lui car le reste des secteurs géographiques desservis est resté stable. "Je crains que la conquête de nouveaux trafics soit plus difficile l'an prochain". Dans le sillage de Mattel, Maisons du monde ou Ikea, il préconise donc de continuer à attirer la grande distribution sur les grandes plates-formes logistiques régionales pour doper l'activité conteneurisée.
Au chapitre de la manutention portuaire, s'il a constaté une augmentation significative de la productivité par engin, il reste convaincu que la route est encore longue pour "entrer dans la cour des grands". Il estime que les terminaux ont du mal à dépasser le score des 50 mouvements à l'heure alors qu'il faudrait atteindre la barre des 100. Il juge sans complaisance : "On paie les erreurs du passé". Il regrette l'existence d'un "no man's land" entre le terminal exploité par Seayard et celui opéré par Eurofos. Il continue de prêcher pour quatre portiques par navire et de travailler 24 heures sur 24, solution qui permettrait d'améliorer la productivité de 10 %.
Autre cheval de bataille de Jaap van den Hoogen, les corridors de fret européens. "La France a vingt ans de retard", déplore-t-il. "Le nombre de freins sont encore nombreux pour que le port phocéen passe à la vitesse supérieure", souligne-t-il sans complaisance.

Vincent Calabrèse

Lundi 21 Octobre 2013



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