Le port de Nice en quête d’un nouveau souffle


Comment relancer le trafic vers la Corse ou la croisière ? Voilà la tâche qui incombe à Rodolphe Striga, chef de la station de pilotage de Nice, qui vient d’être élu président de NUM (Nice union maritime). Cette association regroupe l’ensemble des professionnels du port (3.400 emplois) qui injectent 280 millions d’euros dans l’économie locale. Le port niçois aimerait larguer les amarres face à ses voisins Toulon et Marseille qui tant pour la croisière que pour la Corse lui captent son trafic.


"L'Antenne" : Quel sera votre action ?

Rodolphe Striga :
Nous allons travailler en concertation avec les riverains dans l’intérêt du port. Depuis trop longtemps ces relations étaient conflictuelles. Le débat public sur l’extension du port il y a quelques années a accentué les tensions qui ne sont toujours pas apaisées. Nous souhaitons amorcer un dialogue constructif afin de permettre un développement harmonieux de l’activité commerciale du port et ses activités de plaisance en réduisant les nuisances pour les quartiers environnant.

Maintien des cimentiers

"L'A." : L’équation n’est pas facile comment la résoudre ?

R. S. :
Il n’y a pas, à court et moyen terme, d'alternative de type un nouveau port pour les activités commerciales plus à l’ouest. Il faut donc travailler sur l’aménagement au mieux du bassin actuel pour accueillir le trafic croisière, les nouveaux car ferry pour la Corse et la marchandise tout en développant des postes pour la grande plaisance. Le port a perdu en six ans 75 % de la fréquentation croisière en raison de la capacité limitée de ses quais. C’est possible mais en restant conscient que ces trafics ne pourront pas se développer à grande échelle. L’adaptation du port passe entre autres par le dragage des fonds et l’aménagement des quais pour accueillir des unités plus modernes et plus respectueuses de l’environnement. Sachant que nous sommes limités à 190 mètres de long. Nous avons également le souci de maintenir l’activité des cimentiers qui exportent depuis les cimenteries du haut pays niçois.

"En six ans, le port a perdu 75 % de la fréquentation croisière"


"L'A." : Comment développer la croisière ?

R. S. :
Nice a vraiment une carte à jouer. Toutes les compagnies souhaitent venir mais le problème c’est notre capacité d’accueil. Alors il faut sélectionner les compagnies dont les navires ont la taille adéquate. On peut viser les compagnies de haut de gamme qui pourraient faire de Nice une tête de ligne grâce à l’aéroport. Un passager en tête de ligne qui réside en hôtel et fréquente les restaurants laissent 423 euros par jour dans l’économie locale c’est quatre fois plus qu'un croisiériste en escale. Les nouvelles unités sont plus propres. Pour les accueillir il faut adapter le quai Infernet qui est le plus éloigné des habitations.

La concurrence de Marseille et Toulon

Inséré dans un tissu urbain dense et historique, limité par la dimension de ses quais, handicapé par les aménagements urbains limitant la circulation routière, pénalisé par l’arrivée de la ligne 2 du tramway sur le quai Cassini, le port cumule bien des handicaps. Propriété du Conseil général après transfert de l’État, et géré par la CCI Nice-Côte d’Azur. Il doit jongler avec ces contraintes pour traiter le trafic avec la Corse, l’accueil des croisières ou le trafic marchandise, principalement l’exportation de ciment. Et ces activités commerciales doivent également partager le bassin avec l’activité plaisance et nautique.
Par chance la SNCM vient de commander de nouveaux navires qui pourront fréquenter le port de Nice. Long de 180 mètres pour une largeur de 31 mètres et un tirant d’eau de 7 mètres, les navires fonctionneront bien au gaz naturel liquéfié (GNL) y compris lors des manœuvres portuaires. C’est un gage de respect de l’environnement appréciable pour le port de Nice.
La Corse représente pour  le port niçois 842.000 passagers et 282.800 véhicules transportés pour 1.460 rotations
Entre Nice et la rade de Villefranche, la croisière génère 364.000 passagers. Le trafic marchandises pèse enfin 172.000 tonnes pour ce port qui aimerait larguer les amarres face à ses voisins Toulon et Marseille qui lui captent tous deux son trafic.

Michel BOVAS

Lundi 21 Octobre 2013



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