Le port de Rotterdam bat son record malgré la crise


Grâce à une faible augmentation, le port de Rotterdam a battu en 2011 son record de trafic annuel, à 433,4 millions de tonnes. Le trafic de conteneurs et de charbon, principalement, ont compensé la chute de l'activité de vracs liquides.


© Port of Rotterdam
© Port of Rotterdam
Le port de Rotterdam a terminé l'année 2011 en très légère hausse (+ 0,8 %), assez pour battre une nouvelle fois son record d'activité, avec 433,4 millions de tonnes. Hans Smits, directeur du premier port d'Europe, s'est réjoui de voir son trafic augmenter «pour la neuvième fois en dix ans malgré une économie décevante et une baisse de l'activité depuis novembre». Celui-ci y voit le résultat des investissements portuaires et le développement d'activités comme le stockage de GNL et la production de bioéthanol. Il se montre aussi optimiste pour l'année qui vient de commencer : «Notre trafic est étroitement lié au commerce mondial et à la production industrielle allemande. C'est pourquoi nous nous attendons à maintenir le niveau actuel en 2012».

Conteneurs : prise de parts sur l'Asie

Le trafic de marchandises diverses a largement contribué à la hausse du trafic global, en croissant de 9,1 %, à 148.650 millions de tonnes. Sa principale composante, l'activité conteneurs, a connu une forte augmentation en 2011. En tonnage, la progression est de 9,8 %, à 123,3 millions de tonnes. En nombre de boîtes, le trafic est en hausse de 6 %, à 11,9 millions d'EVP, la baisse du nombre de conteneurs vides manutentionnés expliquant cette différence. Le port de Rotterdam affirme avoir pris des parts de marché sur les liaisons avec l'Asie. Le transbordement s'est bien comporté aussi, en particulier avec les ports de la Baltique, tout comme le trafic intra-européen.
Pour le reste des marchandises diverses, l'activité ro-ro, qui est quasi-exclusivement tournée à Rotterdam vers le marché britannique, a augmenté plus modestement pour atteindre 17,6 millions de tonnes (+ 4 %). Le fret conventionnel a, quant à lui, connu une belle progression de 12,7 %, à 7,75 millions de tonnes, notamment grâce à l'acier et aux métaux (aluminium et cuivre).

Sévère chute du pétrole brut

Premier segment de trafic du port, les vracs liquides sont aussi le seul à avoir reculé en 2011 (- 5,7 %, à 197,5 millions de tonnes). Le trafic de pétrole brut a chuté de 8 %, à 92,3 millions de tonnes sous l'effet de la flambée des prix, qui a entraîné non seulement une baisse de la demande en Europe du Nord mais aussi une anticipation de certains travaux de maintenance dans les raffineries “d'où des importations à un niveau historiquement bas”.
Le transport de produits pétroliers raffinés a chuté de 6,2 % comparé à 2010 (72,8 millions de tonnes), avec des importations en recul de 3 % (42 millions de tonnes) et des importations en baisse de 10 % (31 millions de tonnes). Le port attribue ce résultat au “niveau sans précédent de stockage flottant en 2010”. Les autres vracs liquides ont légèrement progressé (+ 0,8 %, 31,8 millions de tonnes) avec une demande de l'industrie chimique qui a d'abord augmenté pour fléchir en fin d'année.

"Nous nous attendons à maintenir ce niveau en 2012"



Avec les diverses, les vracs solides constituent l'autre segment en progrès en 2011 dans le port néerlandais (+ 3,1 %, à 87,3 millions de tonnes), portés par la croissance des trafics de charbon et de céréales. Le premier a grimpé de 11,5 % pour terminer l'année à 26,85 millions de tonnes. Le port souligne que la demande allemande de charbon a “rapidement et spectaculairement augmenté” suite à la décision de Berlin d'abandonner l'énergie nucléaire. Avant cela, le charbon énergétique (60 % du charbon manutentionné à Rotterdam) avait subi la fermeture de hauts-fourneaux en Allemagne.
Le trafic céréalier (9,85 millions de tonnes, + 17,5 %) a profité d'une récolte européenne décevante de colza et de blé ainsi que de l'embargo russe sur ses exportations de blé, qui ont dû être compensés par des importations par voie maritime.
Au final, seule la première famille de vracs secs du port a faibli, puisque le minerai et la ferraille ont perdu 6 %, à 38 millions de tonnes. Cette baisse s'explique par la chute de la demande émanant de la sidérurgie, qui s'est traduite par la fermeture de hauts-fourneaux à Florange, Liège et Eisenhüttenstadt. Toutefois, la baisse reste faible comparé à une année 2010 qui a vu les aciéries puiser volontiers dans leurs importants stocks et le port de Rotterdam s'attend à une accélération de cette chute en 2012.

Franck André

Vendredi 30 Décembre 2011





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