Le port du Havre doit sans cesse renforcer sa surveillance


Premier port européen à avoir été certifié ISO 28000 et fort d’un service de sécurité portuaire unique en France, Le Havre fait de la sécurité et de la sûreté un enjeu majeur. Mais la bataille est rude dans une zone économique à haute valeur ajoutée.


© GPMH
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Coup de filet, ce 14 avril, dans l’agglomération du Havre. Quinze perquisitions ont été conduites simultanément par 150 gendarmes dans le cadre d’une enquête menée depuis six mois sur des vols et tentatives de vols de parfums commis sur la zone portuaire. Le 17 avril, deux personnes ont été placées sous contrôle judiciaire et quatre autres sous mandat de dépôt. Montant du préjudice : environ 150.000 euros.

"Un coffre-fort"

En juin 2014, dans la zone industrielle proche du Havre, un camion contenant des parfums de marques avait été partiellement dévalisé, soit près de 10.000 pièces de parfums dérobées pour un préjudice évalué à près de 82.000 euros. En octobre, ce furent près de 2.500 pièces de parfum volées dans un conteneur en transit sur un terminal portuaire. Valeur estimée à quelque 16.000 euros. Suit l’ouverture d’une information judiciaire contre X. Grâce aux filatures et surveillance de la section de recherches (SR) de la gendarmerie de Rouen, l’affaire intitulée «Fret 76» a pris fin avec le démantèlement de la bande. Cette affaire, digne de la série "The Wire", suit de près le procès du 14 avril dernier où quatre dockers havrais comparaissaient devant le tribunal correctionnel pour vol de produits Louis-Vuitton, commis en mars 2014.

"Un service de la sécurité portuaire unique en Europe du Nord"


Alors, malgré ses caméras de surveillance et ses terminaux grillagés, Le Havre serait-il un port trop facilement accessible ? «Le Havre est un coffre-fort», par la valeur des marchandises qui y transitent, admet Hervé Cornède, directeur commercial et marketing du Grand Port maritime (GPMH). Plus de 2,5 millions d’EVP ont été traités au Havre ; premier port mondial pour les vins et spiritueux, il a vu transiter 1 milliard de bouteilles en 2014. Cela suscite pour le moins la convoitise. La rançon du succès en quelque sorte. Mais Hervé Cornède est catégorique : «Le port est particulièrement sûr.»
Pour se protéger, le GPMH se conforme d’abord au cadre réglementaire tel que le code ISPS, entré en application en 2004, en termes de police, sûreté et sécurité. Il est, en outre, «le seul port en Europe du Nord, rappelle Franck Bruger, directeur des opérations, à avoir créé un Service de sécurité portuaire (SSP)», unique en France : 134 agents assermentés et armés ont pour missions de surveiller la zone portuaire de sécurité, contrôler 24 heures sur 24 et sept jours sur sept l’accès à l’entrée des terminaux conteneurs et roulier, protéger la centaine de sites logistiques et industriels.
De plus, en 2013, des zones d’accès restreint (ZAR) portuaires ont été mises en place, sur lesquelles les agents ont des compétences élargies de contrôle. Enfin, cerise sur le gâteau, le GPMH a été la première autorité portuaire européenne et la seconde au monde (après Houston) à obtenir, en 2010, la certification ISO 28000, auditée chaque année. Elle est un gage de qualité pour le management du système de la sûreté de sa chaîne d’approvisionnement. Et Hervé Cornède de rappeler : «C’est un élément majeur de différenciation et du choix d’un port».

1,5 fois Paris

«Tout le monde travaille avec la police, la gendarmerie, les douanes, note Frank Bruger, suivant un protocole de coordination signé en 2009 avec les autorités locales». Si le sujet reste sensible, et les acteurs peu bavards, l’assureur Emmanuel Pellerin, directeur de Cap-Marine, constate de son côté «une baisse continue dans le nombre des sinistres tels que les vols ou colis égarés».
La spécificité de la zone portuaire havraise est son étendue : plus de 8.500 hectares, une surface égale à 1,5 fois Paris. Les chiffres sont impressionnants : 28 km de quais, 10.000 à 15.000 véhicules par jour, 150 km de routes dans un réseau qui relie directement le port à la région parisienne, 1 million de m2 de zone logistique sans parler des marchandises qui suscitent bien des envies. Et les voleurs de fret visent les camions stationnant hors des parking sécurisés, notamment sur les aires de repos. Surveiller un port est, à l’évidence, une tâche redoutable et aucun port n’échappe aux difficultés : en 2013, près de 400 Mercedes avaient été cambriolées dans le port de Zeebrugge, qui a connu l’année suivante des vols de BMW sur des terminaux rouliers. La police a constaté, selon le journal belge «Le Soir», une hausse importante de vols de voitures de luxe réalisés en 2014 sur le port d'Anvers.

Natalie Castetz

Jeudi 23 Avril 2015



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