Le port du futur sera-t-il offshore ?


Quels enjeux les ports de commerce devront-ils relever d'ici 2050, et quels services proposeront-ils ? Une recherche prospective sur laquelle se sont penchés les membres du CMF dont l'une des hypothèses de rupture est la création de ports offshores.


Port offshore, une réalité aux Émirats arabes unis : Khalifa Port, le nouveau port d'Abu Dhabi © APDC
Port offshore, une réalité aux Émirats arabes unis : Khalifa Port, le nouveau port d'Abu Dhabi © APDC
Après plusieurs matrices de recherche opérationnelle, le rapport "Services portuaires du futur, réflexions prospectives" identifie trois déterminants qui impacteront l'industrie et les services portuaires en Europe. L'évolution des dessertes maritimes est le premier. "Si un reflux de la mondialisation n'est pas envisagé, une évolution vers des dessertes "régionales" apparaît crédible sous l'effet de la montée du niveau de vie de pays (NDLR, au Maghreb et en Afrique). Cette régionalisation pourrait entraîner un regain d'intérêt pour des capacités de tailles intermédiaires avec une conséquence sur le format des ports". La pénurie annoncée sur les grandes sources d'énergie, hydrocarbures en particulier, est le second défi des ports, hôtes historiques d'industries énergivores. Leurs besoins énergétiques "pourraient s'accentuer si les projets de connexion des navires au réseau voient le jour". En conséquence, "le port devra s'affirmer comme producteur d'énergie pour maintenir sa compétitivité". Les nouvelles technologies, "catalyseurs incontournables de toute ambition dans quelque domaine que ce soit", est le troisième.

Fonctions principales

Selon la même méthode, trois fonctions apparaissent plus sensibles aux influences externes. "Cette sensibilité en fait des facteurs-clés qu'un port ne devra pas ignorer : aménager et gérer l'espace en fonction de l'évolution des dessertes maritimes, de l'acceptabilité sociale et des dessertes terrestres ; favoriser le bon fonctionnement et la productivité à travers la fluidité du trafic, l'automatisation des procédures, la coordination des contrôles et le contrôle des coûts ; et favoriser l'économie du passage des marchandises par la promotion, la connaissance du marché, la maîtrise des coûts, les économies d'énergies, le développement d'énergies nouvelles et de la multimodalité". Selon l'étude, les plus-values dégagées par les ports et leurs parts de marché respectives reposeront "sur leur capacité à optimiser leurs ressources en créant des synergies" dans le domaine énergétique et l'emploi des infrastructures internes et externes notamment.

Vers des ports offshore ?

À partir de ces déterminants et fonctions, une première hypothèse sur les futurs services portuaires prolonge les tendances actuelles : "Tout est pensé pour permettre à la marchandise de circuler librement de manière fluide et fiable jusque dans l'hinterland". Massification des dessertes vers des hubs intérieurs, dématérialisation et guichet unique ouvert à tous les réseaux et à tous les acteurs, automatisation sur les quais, ouverture 24 h/24, économie d'énergie et développement de nouvelles en sont les tenants.

"La transition énergétique, l'un des grands défis pour l'industrie portuaire"


En rupture, la seconde hypothèse prévoit la création de ports offshores. Sous l'effet du gigantisme des navires et des contraintes d'accueil induites, une nouvelle organisation se mettrait en place aidée par d'éventuels facteurs : propulsion nucléaire des navires et problème d'acceptabilité des riverains, pénurie de foncier, congestions portuaire et terrestre. Sur ce principe, onze ports mondiaux sortiraient de mer : deux en Europe (un sur la façade Atlantique, un en Méditerranée), deux en Amérique du Nord, deux en Amérique du Sud, trois en Asie, un dans le Golfe et au sud de l'Inde. "Ces ports auraient vocation à brasser les flux intercontinentaux. Ils desserviraient des ports de deuxième rang multi-activités" composés des champions actuels eux-mêmes reliés à un maillage de ports feeders spécialisés. "Sur cette base, une réflexion peut s'engager sur de nouveaux types de matériels tels que NGV feeders et de nouveaux services portuaires ayant pour objectifs la sécurisation du trafic et l'optimisation des flux tendus. À l'évidence, une réflexion doit aussi être menée sur la gouvernance et l'organisation de ces ports offshores situés dans les eaux internationales". Point de départ à une réflexion plus large en Europe ?

Érick Demangeon

Mercredi 4 Décembre 2013



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