Le port en eaux profondes de Lamu se dessine


Le Kenya lance vendredi 2 mars la construction d'un port en eaux profondes dans le très touristique archipel de Lamu, dans l'est du Kenya, un projet controversé qui doit servir notamment à exporter du pétrole sud-soudanais.


© Kenya Port Authority
© Kenya Port Authority
Au Kenya, le projet de port en eaux profondes se concrétise, dans la controverse. Le port, prévu à une dizaine de kilomètres de la ville de Lamu, classée au patrimoine de l'Unesco, doit être le point de sortie d'un ambitieux dispositif de 18 milliards d'euros reliant la côte kényane, sur l'océan Indien, aux capitales sud-soudanaise, Juba, et éthiopienne, Addis Abeba.

Oléoduc, voie ferrée et autoroute

Trois axes de transport seront parallèlement construits : un oléoduc, une voie ferrée et une autoroute. Pour les autorités kényanes, ce projet est le "plus ambitieux jamais mené par un pays africain indépendant". Mais les résidents de Lamu redoutent de se voir privés de terres ancestrales. "Il va y avoir une surexploitation des ressources, sans que des mesures efficaces pour en atténuer les effets soient mises en place," dénonce déjà Atwaa Salim Mohamed, du fonds de conservation marin de Lamu.
Malgré les résistances locales, le gouvernement kényan a déjà lancé un appel d'offres pour la première phase de construction du port. "Il est maintenant temps de mettre le Kenya sur la carte", s'enflamme Mugo Kibati, directeur de Vision 2030, un organisme mis sur pied par Nairobi pour orchestrer son programme de développement dans les prochaines années : le Kenya compte avoir rejoint le clan des pays à revenu intermédiaire dans dix-huit ans. Or, pour M. Kibati, l'économie kényane aura du mal à dépasser ses performances actuelles avec les infrastructures aujourd'hui en place, articulées autour d'une route centenaire qui relie le port de Mombasa, au sud de Lamu, à la capitale kényane Nairobi et à Kampala en Ouganda.
Mais le projet pose aussi des questions de sécurité. L'archipel est aux portes de l'océan Indien, où sévissent les pirates somaliens. Du nord du Kenya, frontalier de la Somalie, au Soudan du Sud, le tracé des futures infrastructures passe par des zones minées par la violence. Cependant Nairobi n'est pas seule à pousser le projet. Le Soudan du Sud cherche désespérément un nouvel accès à la mer. "C'est une très bonne chose pour le Soudan du Sud de pouvoir faire entrer et sortir la marchandise par le Kenya," estime Barnaba Marial Benjamin, ministre sud-soudanais de l'Information.

Otto Bakano

Jeudi 1 Mars 2012


Tags : kenya, lamu, maritime, port



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