Le président de la SNCM : "Il faut savoir arrêter une grève"



Les marins CGT de la SNCM ont débuté mardi 1er juillet à Marseille l'occupation d'un navire de La Méridionale, le "Kalliste" © Franck André
Les marins CGT de la SNCM ont débuté mardi 1er juillet à Marseille l'occupation d'un navire de La Méridionale, le "Kalliste" © Franck André
Le président de la SNCM, Olivier Diehl, a appelé à l'arrêt de la grève des salariés de la compagnie maritime en difficulté, mardi 1er juillet, une semaine après le début du mouvement, estimant qu'elle pouvait conduire à la "disparition" de l'entreprise. "Il existe un avenir pour les activités de la SNCM. Le choix n'est pas entre la disparition maintenant et la disparition dans trois mois : il est véritablement entre la disparition maintenant et l'avenir. Pour cela, il faut savoir arrêter une grève", a mis en garde Olivier Diehl dans un courrier adressé au personnel. "La grève fait fuir nos clients, elle met à mal nos finances, elle favorise nos concurrents. Il ne faut pas se tromper de combat, elle rend service uniquement à ceux qui ont intérêt à nous voir sombrer ! Ce serait un immense gâchis : si elle se prolonge, nous rentrons dans un processus que nous ne contrôlerons pas et qui aboutirait à la liquidation", affirme encore le nouveau patron de la compagnie.
Cette mise en garde intervient alors que les salariés ont reconduit mardi 1er juillet la grève entamée le 24 juin, bloquant les navires de la compagnie, et que les marins CGT occupent, depuis mardi matin, un navire de La Méridionale, le "Kalliste", arrivé de Bastia et qui devait initialement appareiller pour cette ville mardi soir. "Le personnel en grève occupe le navire" de La Méridionale, a expliqué le délégué syndical de la CGT Marins, Frédéric Alpozzo, prévenant que le mouvement allait "se durcir". Le navire a été envahi par des marins, sans passagers à son bord. "Le droit n'est plus respecté, le service public bafoué et la Corse attaquée dorénavant clairement par l'occupation" du "Kalliste", a réagi la Chambre de commerce de Bastia. Même son de cloche de la part du député de Haute-Corse et président du conseil exécutif de Corse, Paul Giacobbi : avec l'occupation du "Kalliste", "la Corse se trouve menacée d'un blocage dramatique", affirme-t-il, dénonçant des "atteintes à la liberté de circulation portuaire".
La CGT a demandé de son côté mardi un rendez-vous en urgence avec le Premier ministre, Manuel Valls, au lendemain d'une rencontre jugé infructueuse à Marseille avec le secrétaire d'État aux Transports, Frédéric Cuvillier. Celui-ci a annoncé lundi 30 juin deux nominations. Celle de Louis Gallois, chargé "d'établir un plan stratégique de soutien aux compagnies de transport maritime françaises" et celle de Gilles Bélier, vice-président du conseil d'orientation de l'emploi, "comme négociateur dans le dossier" SNCM.

"C'est du foutage de gueule"

"C'est du foutage de gueule de nommer un coordinateur interministériel (Louis Gallois, NDLR) pour trouver un nouvel actionnaire à la SNCM alors que les conditions d'un nouvel actionnariat ne sont pas réunies", a jugé Frédéric Alpozzo. Selon lui, ces conditions passent par le traitement des contentieux européens - la SNCM a été condamnée par Bruxelles au remboursement de deux fois 220 millions d'euros d'aides publiques jugées indûment perçues - et la sécurisation de la délégation de service publique (DSP) vers la Corse, attaquée par son concurrent, Corsica Ferries.
La CFE-CGC avait, elle, salué ces nominations mais dénoncé la "langue de bois" du ministre, qui ne répond "pas aux éléments concrets apportés" par les syndicats. "Malgré la venue du secrétaire d'État à Marseille, le constat est préoccupant. Frédéric Cuvillier, à la peine, n'assume pas les revirements opérés par Transdev qui se targue d'arbitrages de Matignon et de l'Élysée", avait affirmé le syndicat, faisant référence à l'abandon du plan de redressement décidé par l'ancien directoire de la compagnie débarqué par Transdev.
Et alors que les syndicats réclament la commande de nouveaux navires, soutenue initialement par l'État mais rejetée vendredi 27 juin par celui-ci et l'autre actionnaire Transdev, lors d'un conseil de surveillance, le PDG, Olivier Diehl, assure : "Non, la DSP n'impose pas de nouveaux navires, il n'y a pas de mort programmée si nous ne les achetons pas immédiatement !"

AFP

Mercredi 2 Juillet 2014



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