Le principal créancier de STX cherche à vendre


La principale banque créancière du groupe de construction navale sud coréen STX, en difficulté financière, envisage de vendre sa filiale européenne afin de réduire l'ampleur de sa dette, a indiqué jeudi 10 octobre la presse coréenne.


Le chantier naval de Soviknes, en Norvège © STX
Le chantier naval de Soviknes, en Norvège © STX
Le principal créancier de STX cherche à vendre sa filiale européenne, selon l'agence Yonhap News. Cette banque publique, Korea Development Bank (KDB), va bientôt élaborer des stratégies pour la vente de STX Europe, a précisé l'agence. Elle a cité, sans le nommer, un responsable de KDB affirmant que rien n'a encore été décidé sur l'ampleur de la vente, ou la façon dont elle sera réalisée. Le groupe sud-coréen a acheté STX Europe, auparavant Aker Yards ASA, un constructeur naval norvégien, en 2008. Le groupe, qui a onze filiales, fait face à une dette croissante après avoir été touché par les problèmes mondiaux des secteurs de la construction navale et du transport maritime. Les créanciers ont prêté de l'argent pour maintenir le groupe en échange d'une restructuration mais sa filiale de transport maritime, STX Pan Ocean, a été placée sous administration judiciaire en juin. Le groupe a aussi tenté de vendre des actifs nationaux et étrangers.

"Le groupe, qui a onze filiales, fait face à une dette croissante"


STX Europe possède entre autres les constructions navales STX France et STX Finlande. STX France est détenue aux deux tiers par STX Europe et à un tiers par l'État français. Elle possède deux chantiers navals, un à Saint Nazaire et l'autre à Lorient. Les actifs finlandais comprennent trois établissements à Turku, Rauma et Helsinki. En décembre, le chantier naval de Saint-Nazaire, qui a bataillé pour emporter d'importants nouveaux contrats ces dernières années, a obtenu une bouée de sauvetage avec un contrat record estimé à un milliard d'euros pour la construction du plus grand paquebot de croisière du monde pour l'armateur américain Royal Caribbean Cruises. Le chantier emploie quelque 2.000 personnes et fournit du travail à 4.000 sous-traitants. Le mois dernier, STX Finlande a annoncé un plan pour supprimer 700 emplois en juin 2014 et ralentir l'activité dans une de ses trois implantations, qui compte 2.500 salariés.

L'État appelé à la rescousse

Les syndicats des chantiers STX France de Saint-Nazaire et des élus ont appelé jeudi 10 octobre l'État à la rescousse après ces nouvelles rumeurs de mise en vente de sa maison mère STX Europe. Syndicats comme politiques réclament une surveillance étroite, voire une intervention de l'État français. "L'intervention de l'État sera nécessaire et indispensable, pour trouver un investisseur industriel qui réponde au besoin du développement maritime et de nouvelles commandes", a déclaré Joël Cadoret, élu CGT des chantiers STX de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique. "L'heure est venue : l'État doit au minimum prendre le contrôle majoritaire de cette entreprise, voire la nationaliser comme le sont les chantiers navals italiens Fincantieri qui aujourd'hui fonctionnent bien", a de son côté déclaré Jean-Marc Perez, pour FO. Pour le représentant CFDT Christophe Morel, "ce qu'on souhaite, c'est un véritable tour de table et qu'on arrive enfin à trouver un actionnariat qui soit stable avec un groupement d'industriels : on travaille avec des gens comme DCNS dans le militaire, comme Areva et Alstom dans les énergies marines, comme Technip et Total dans l'offshore...". "Forcément c'est le gouvernement qui aura les cartes en main sur ce sujet-là", a-t-il souligné. Dans une lettre adressée au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le sénateur Yannick Vaugrenard a demandé lui aussi que "notre pays surveille les opérations de vente comme "le lait sur le feu"". "Parallèlement, un tour de table de grands groupes industriels français s'avère nécessaire, à l'initiative de l'État, pour assurer l'avenir industriel du site en envisageant une entrée dans le capital", ajoute-t-il. "Il revient à l'État de jouer son rôle de stratège et d'actionnaire dans la recherche active d'une solution industrielle", estime également la députée de Loire-Atlantique Marie-Odile Bouillé. "En cas de difficultés, il ne faudra pas écarter l'hypothèse d'une prise de participation majoritaire de l'État, à titre exceptionnel et provisoire, le temps de construire une solution pérenne".

AFP

Vendredi 11 Octobre 2013



Lu 174 fois



Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse