Le projet Carex a sérieusement besoin d’être remis en lumière !


Voici bientôt dix ans qu’a été lancée la première association Carex (Cargo Rail Express) constitué à Roissy en 2006 puis à Lyon en 2008 sous l’impulsion d’Aéroports de Lyon. Destiné à permettre le report modal du fret aérien transporté par camions et avions courts et moyen-courriers vers les trains à grande vitesse, ce projet européen tarde à devenir concret ! Il a besoin de financements et d’actions de lobbying fortes.


© Lyon Carex
© Lyon Carex
En période de crise durable, de dettes abyssales, de restrictions budgétaires, de renoncements ou de choix drastiques, de multiplications des projets, il est difficile de faire avancer les idées à long terme ! «On garde espoir», affirme Marie-Christine Bernier, responsable du développement intermodalité à la direction Accès et Mobilité de l’aéroport de Lyon, en charge du projet Lyon-Carex. D’ailleurs, le projet, labellisé «Grenelle de l’environnement» depuis 2007, s’inscrit dans les ambitions européennes.

Lyon, Paris, Liège, Amsterdam et Londres

L’élection à l’unanimité, en mars dernier, de Bernard Sinou à la présidence de l’association (tenue pendant plusieurs années par Salvatore Alaimo, PDG de Dimotrans) a composé un fait marquant de cette année. Ce polytechnicien a été directeur général des services de la région Rhône-Alpes, puis de la ville de Nice, directeur de cabinet du président de la SNCF, PDG d’Effia, filiale de la SNCF, directeur général de la CCI de Lyon et il est actuellement directeur des affaires publiques de l’Institut Mérieux. Il connaît bien les réseaux lyonnais et nationaux et le monde du transport.
Lyon, Paris, Liège, Amsterdam et Londres poursuivent les études en tirant au maximum sur tous les leviers d’économie. Le travail est mené en transversalité par les railports qui se répartissent les tâches et les études.
L’étude sur le handling menée en 2014 à Lyon est achevée. «Ceci nous a permis d’avoir une analyse fine sur l’organisation qui pourrait être mise en place et sur la tarification qui pourrait être pratiquée», observe Marie-Christine Bernier. Le fonctionnement du handling, qu’il concerne le fret ou les passagers, a des contraintes similaires de respect des horaires, de qualité, de sûreté.
Voici quelques mois, le député-maire Jean-Pierre Blazy a attiré spontanément l’attention d’Alain Vidalies, secrétaire d’État aux Transports sur le projet Euro Carex lui rappelant le bien-fondé de ce dossier qui aurait «un impact positif sur l’économie, l’emploi et l’environnement» mais auquel il manque «un plan stratégique au niveau européen conditionnant sa poursuite». L’ensemble du coût du projet est évalué à un milliard d’euros, dont 150 millions pour le site de Roissy-Carex. Jean-Pierre Blazy estime nécessaire «d’ajouter ce projet à la liste française (32 projets) adressée à Bruxelles dans le cadre du plan d’investissements européen Juncker». Dans la réponse, les services d'Alain Vidalies indiquent que ce projet «doit encore faire l’objet d’un travail important, d’une part, de démonstration de son potentiel de rentabilité et, d’autre part, de sa capacité à fédérer les acteurs». Penchant davantage semble-t-il pour une inscription sur le programme pluriannuel européen CEF (anciennement RTE-T) que sur le plan Juncker car plus adapté au rail et particulièrement aux investissements situés sur les corridors européens ce qui est le cas de l’ensemble des railports, Jean-Pierre Grafe, président du conseil d’administration d’Euro Carex et ancien ministre du gouvernement belge, dans sa lettre au ministre, du 9 octobre dernier, a fait valoir les éléments et caractéristiques de ce projet d’envergure. L’impératif en ce moment est de remobiliser les acteurs publics et privés pour arriver à trouver des fonds pour lancer une nouvelle expérimentation pour prouver que ce service a sa pertinence. Bernard Sinou et ses alter ego des railports doivent peaufiner leurs arguments et faire un gros travail de lobbying auprès de toutes les instances, publiques et privées, utiles pour faire avancer ce projet…
On se souvient de l’opération-test réussie entre Lyon-Paris et Londres en mars 2012 qui a montré la faisabilité du projet…

Annick Béroud

Mercredi 16 Décembre 2015



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