Le sort des salariés de Mory Ducros reste très incertain



Arcole propose désormais de conserver 50 agences © Mory Ducros
Arcole propose désormais de conserver 50 agences © Mory Ducros
L'offre de reprise du transporteur Mory Ducros, confirmée in extremis par Arcole Industries, restait mercredi 29 janvier très fragile car subordonnée au calme social d'ici son examen vendredi 31 janvier par le tribunal de commerce. Or, loin de s'apaiser, le mouvement de grogne dans les agences s'est amplifié mercredi. La CFDT-Transports recensait à la mi-journée des actions dans une vingtaine d'agences, contre une quinzaine mardi. Selon le syndicat, outre le siège de Gonesse (Val-d'Oise), les sites de Saint-Jacques à Rennes, Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), Libercourt (Nord-Pas-de-Calais), Rouen (Seine-Maritime), Périgueux (Dordogne) et Saint-Étienne (Loire) étaient bloqués. Pour tenter de calmer la colère des salariés, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, était attendu à la mi-journée à l'agence de Limeil-Brévannes. Le blocage "continue jusqu'à nouvel ordre. On ne lâche rien", prévenait mercredi matin un salarié de cette agence devant passer de 185 à 65 salariés.
Arcole, l'actionnaire principal de l'entreprise, menaçait depuis lundi de jeter l'éponge en raison des grèves. Mardi soir, il a finalement légèrement amélioré son offre. Arcole propose désormais de conserver 50 agences (sur environ 85) et 2.210 emplois, 2 agences et 60 salariés de plus que dans l'offre précédente. Mais pour les 5.000 salariés du n° 2 du transporteur de messagerie, en redressement judiciaire depuis novembre, l'épée de Damoclès demeure. André Lebrun, patron de Mory Ducros et président du directoire d'Arcole, subordonne en effet toujours son offre à plusieurs "conditions suspensives", dont l'une est la fin des grèves et blocages. Mais "on ne peut pas décréter la levée d'actions de grèves qu'on n'a pas déclenchées. On ne peut empêcher les salariés de s'exprimer", avait prévenu mardi soir Fabian Tosolini, porte-parole de la CFDT-Transports à l'issue d'une nouvelle discussion tendue à Bercy avec Arcole. Aucun syndicat n'a lancé d'appel à la grève, mais les fédérations CFDT, CGT et FO soutiennent les débrayages. La CGT-Transports a d'ailleurs appelé mercredi les salariés à "maintenir la pression". Au sein même de la CFDT, et à la CFTC, certains s'inquiètent néanmoins et dénoncent une stratégie "jusqu'au-boutiste".

7.000 euros pour les salariés licenciés

Arcole "exige de la part des salariés un comportement plus qu'exemplaire. Il faudrait presque que les salariés acceptent d'être licenciés pour sauver cet actionnaire qui n'a pas fait face à ses responsabilités", s'est insurgé le numéro un de la CGT, Thierry Lepaon. Selon lui, Arcole "a choisi la stratégie du dépôt de bilan pour mettre la clé sous la porte et revenir par la petite porte du tribunal de commerce pour dire "J'en prends que la moitié, débrouillez-vous du reste"". "Arcole veut-il vraiment reprendre Mory Ducros ?", interroge FO en rappelant que vendredi "tout peut arriver" : maintien ou retrait de l'offre si Arcole "considère que les conditions suspensives ne sont pas respectées". Sur le terrain, les salariés "ne sont pas satisfaits" de la dernière offre car "il n'y a pas d'argent en plus" pour ceux qui seront licenciés, explique à Gonesse Martial Brancourt (CGT) où une cinquantaine de salariés se relaient jour et nuit depuis lundi pour bloquer le siège voué à disparaître. Arcole propose 7.000 euros d'indemnités supra légales de licenciement quand les fédérations CGT et CFDT des transports demandent le triple. À Saint-Étienne du Rouvray, l'agence rouennaise aussi condamnée, les salariés sont partagés entre résignation et colère. "On n'a plus rien à mettre dans les camions" depuis le départ du principal client mais "on prépare des actions", promet Thierry Gainville (CFDT). Dans l'Est, les salariés d'Illzach (Haut-Rhin) et Épinal "tournent en rond" car leurs agences ont été vidées de leurs colis par crainte d'un éventuel blocage, a rapporté un délégué syndical. La dernière offre d'Arcole, que l'État promet toujours de soutenir par un prêt de 17,5 millions d'euros, doit être examinée vendredi par le tribunal de commerce de Pontoise (Val-d'Oise) qui pourrait mettre sa décision en délibéré. L'avis des représentants du personnel doit auparavant être recueilli jeudi lors d'un comité d'entreprise.

Sylvie Husson

Mercredi 29 Janvier 2014



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