Le temps presse pour développer Transavia France


Le PDG d'Air France-KLM a estimé mardi 30 septembre que le temps était compté pour pouvoir développer la filiale low-cost Transavia France en 2015, après deux semaines de grève des pilotes et l'échec des négociations.


© Transavia
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"Transavia France est un projet à développer rapidement. Le temps presse", a déclaré Alexandre de Juniac, lors de son audition devant la Commission du développement durable de l'Assemblée nationale. "Soit les pilotes acceptent l'accord sur la base de nos propositions, sinon d'autres options sont sur la table", a-t-il dit. "Nous continuons le dialogue. Mais il faut aller vite à présent, car pour ouvrir de nouvelles lignes en avril 2015 et ajouter de nouveaux avions, il faut commencer à vendre les billets à la fin de l'année, recruter et former dès novembre", a-t-il expliqué.
Les députés l'ont également interrogé sur l'abandon du projet Transavia Europe, initialement prévu dans le plan stratégique Perform 2020 présenté le 11 septembre. "Malheureusement, Transavia Europe a été utilisée de manière un peu tactique durant le conflit. Le projet est retiré donc la question ne se pose plus", a-t-il déclaré, soulignant que "l'existence d'un projet d'une Transavia paneuropéenne était bien connue depuis un an" même si "ses contours n'ont été donnés que lorsque le projet était bien en place". Le dirigeant a toutefois envisagé que le projet puisse un jour revenir sur la table. "Le projet sera rediscuté en temps utile quand la situation sera revenue à la normale", a-t-il dit.
Il s'est par ailleurs défendu d'avoir refusé le dialogue avec les représentants syndicaux et redit son incompréhension. "On a eu la surprise de voir arriver le préavis de grève alors que nous avions fixé des réunions de négociation sur Transavia France. Je n'ai toujours pas compris. Cet enchaînement-là a été une première et très grande surprise. Nous n'avons pas compris le préavis de grève sur Transavia France. Dans le préavis, il n'y avait rien sur Transavia Europe", a-t-il également commenté. Une majorité des pilotes d'Air France ont observé deux semaines de grève. La compagnie française a perdu quelque 20 millions d'euros par jour, sans compter les dédommagements aux voyageurs et voyagistes. La facture sera ainsi supérieure à 300 millions d'euros.

Bras de fer autour de la rémunération des grévistes

Après deux semaines de grève, les syndicats de pilotes d'Air France et la compagnie ferraillent de nouveau, cette fois sur le décompte des jours de grève de la paye des pilotes. Le SNPL AF Alpa, majoritaire chez les pilotes de la compagnie, et Alter (non représentatif), accusent Air France de retirer à un grand nombre de pilotes leur rémunération pour des jours où ils n'étaient pas déclarés grévistes. "Air France persiste à déclarer abusivement grévistes des pilotes sur des jours où ils ne se sont pas déclarés", affirme le porte-parole du SNPL, Guillaume Schmid. La "plupart" des pilotes sont concernés selon lui. S'appuyant sur une jurisprudence de la Cour de cassation de 1998, la compagnie balaie cette critique en rétorquant qu'un seul jour de grève revenant à annuler une "rotation" entière (déplacement de plusieurs jours), Air France est fondé à ne pas rémunérer les grévistes pendant toute cette période. "Les pilotes veulent qu'on les considère grévistes uniquement le jour du début d'une rotation" mais "on ne peut pas couper la rotation en séparant le premier jour des suivants", explique le directeur juridique d'Air France, Franck Raimbault. "Si l'activité n'a pas été réalisée, elle n'est pas payée, c'est une application normale des règles", a déclaré Alexandre de Juniac. "Soit le programme de rotation est effectué soit il ne l'est pas, quand il ne l'est pas, il n'est pas payé", a-t-il insisté. Pour un porte-parole de l'entreprise, les syndicats ont agi "avec la volonté de désorganiser au maximum l'entreprise, avec un minimum d'impact individuel". Le SNPL "dément fermement que les pilotes demandent à se faire payer les jours de grève", selon son porte-parole, Guillaume Schmid, qui demande "la simple application de la loi". La loi Diard impose depuis 2012 aux salariés du transport aérien de se déclarer grévistes quarante-huit heures à l'avance pour une période déterminée. Alter "se réserve le droit de porter l'affaire en justice". Le syndicat précise avoir, sur le même sujet, déjà engagé une procédure aux Prud'hommes contre Air France à propos du décompte de jours de grève en 2012.

AFP

Mercredi 1 Octobre 2014



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