Le tourisme fluvial est encore mal connu en France


Remonter lentement un canal ombragé ou dormir sur une péniche : la croisière fluviale est la grande oubliée de la promotion touristique française, alors qu'elle s'inscrit parfaitement dans la tendance du retour à la nature et des vacances zen.


© CroisiEurope
© CroisiEurope
Canal du Midi, du Nivernais ou encore de Colmar : avec 8.500 km de voies d'eau navigables, la France dispose du plus long réseau fluvial d'Europe. "Mais elle occupe une position bien en deçà de son énorme potentiel. Un de nos axes constituera à intégrer les croisières beaucoup plus qu'aujourd'hui dans les actions de promotion de la France à l'étranger", a promis début juin Laurent Fabius, le ministre chargé du Tourisme.
Les fleuves français attirent en effet "plus une clientèle internationale que nationale", résume Christian Schmitter, président du groupe CroisiEurope qui organise des croisières sur fleuves - Seine, Rhône, Loire, etc. avec des bateaux de 110 mètres de long pouvant embarquer 150 passagers - ou sur canaux avec des péniches de 38 mètres d'une capacité maximale de 24 passagers. "Beaucoup de Français ne connaissent pas le tourisme fluvial, il faut vraiment améliorer l'attractivité de ce secteur qui manque de communication, les professionnels supportent seuls toute la promotion", souligne-t-il.
Le constat est le même du côté des loueurs fluviaux, dont le parc de 1.600 bateaux permet à tout un chacun de piloter une embarcation au fil de l'eau. "Un tiers de notre clientèle est française", indique Alfred Carignant qui représente la profession des loueurs fluviaux au sein de la Fédération des industries nautiques. "Et un des gros freins concernant le marché français est que les gens croient qu'il faut un permis pour piloter un bateau sur un canal, ce qui n'est pas le cas".
Les loueurs possèdent un agrément leur permettant de proposer le pilotage sans permis pour les bateaux habitables, "s'ils sont inférieurs à 15 mètres de long et d'une capacité maximale de 12 personnes. Avant le départ, nous dispensons une formation pour connaître le code fluvial et le fonctionnement du bateau", explique Alfred Carignant.

Entre écluses et chemins de halage

Une fois à bord, les vacanciers peuvent voguer à leur convenance et à leur rythme, "et si l'endroit est beau, pas besoin d'attendre une halte aménagée, on peut amarrer le bateau en pleine nature avec un piquet et un maillet, comme on plante une tente !" "On est en plein dans le tourisme vert et le «slow tourisme», très loin du tourisme de masse. Il y a un vrai côté dépaysant et intimiste", résume Alfred Carignant qui indique que près de 200.000 personnes ont passé des vacances à bord d'un bateau loué l'année dernière, pour un total de 80 millions d'euros de retombées économiques générées, selon Voies navigables de France. "La découverte des canaux se fait lentement, à 5km/h, et les passagers peuvent même sortir aux écluses, prendre un vélo et rouler sur les chemins de halage pour rejoindre plus loin la péniche", renchérit Christian Schmitter.
Les offres de CroisiEurope s'adressent à ceux qui préfèrent se faire transporter et guider dans leur périple sur l'eau : "les passagers ont de plus en plus envie d'apprendre et de découvrir culturellement les villes et sites traversés, et ce mode de découverte fidélise énormément nos clients", souligne-t-il. Christian Schmitter indique également que ces dernières années, les bateaux sont montés en gamme car les croisiéristes "veulent bien manger et avoir un service de qualité, et sont à la recherche de plus en plus de confort, c'est pour cela que nous avons par exemple rajouté des jacuzzi sur les péniches".
Fin juin, Jacques Maillot, chargé de mission pour le développement des croisières maritimes et fluviales auprès du ministère des Affaires étrangères, doit rendre un rapport sur le secteur à Laurent Fabius. Le ministre a d'ores et déjà indiqué que des investissements seraient "nécessaires dans les aménagements des berges, des ports, des voies navigables, mais aussi dans la construction d'hébergements à proximité des ports".

Katia Dolmadjian

Mercredi 12 Août 2015



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