Le travail des contrôleurs aériens à l'aube d'une refonte


Tous les acteurs de la navigation aérienne en conviennent : une organisation du travail des contrôleurs aériens plus flexible est indispensable, mais le premier syndicat d'aiguilleurs veut avoir son mot à dire.


La DGAC compte 11.500 employés dont 4.000 contrôleurs aériens © ADP
La DGAC compte 11.500 employés dont 4.000 contrôleurs aériens © ADP
Sur cette question, comme d'autres "problématiques spécifiques" au métier, le SNCTA (49,8 % des voix chez les contrôleurs) veut pouvoir négocier des "accords catégoriels". Lors d'une réunion lundi 13 avril, la DGAC a fait une proposition qui a satisfait le syndicat. Le préavis de grève déposé de jeudi 16 à samedi 18 avril a été levé.
La Direction générale de l'aviation civile (DGAC), autorité de tutelle des contrôleurs, dépendant du secrétariat d'État aux Transports, a lancé à l'été 2014 un travail de fond sur l’organisation et les conditions d'exercice des métiers des Ingénieurs du contrôle aérien (ICNA). Le but ? Accroître la productivité alors que les effectifs sont amenés à diminuer (de 160 à 170 agents d'ici 2020), dans un contexte de croissance du trafic avec des pics saisonniers de plus en plus marqués. La DGAC compte 11.500 employés dont 4.000 contrôleurs aériens. Le groupe de travail chargé par le gouvernement de plancher sur le sujet, présidé par Jean-Michel Vernhes, président de l'Union des aéroports français (UAF), a remis le 31 mars ses dernières propositions. Dans la foulée, le gouvernement a annoncé d'ici fin avril une réunion sur "des expérimentations en matière d'organisation du travail".

Conditions actuelles de travail

Les contrôleurs travaillent 1.420 heures par an, ce qui correspond à une moyenne de 32 heures par semaine et 8 semaines de congés annuels. Ce temps inclut les temps de pauses (jusqu'à 25 % du temps d'une vacation) et une centaine d'heures de formation par an. Le travail est organisé en vacations de 11 heures maximum le jour (12 heures la nuit), réparties sur des cycles de 6 à 12 jours. Le travail de nuit et jours fériés n'est pas davantage rémunéré mais donne lieu à des jours de récupération. Au final, les contrôleurs travaillent en moyenne un jour sur deux sur l'année. En pratique, généralement trois jours, suivis de trois jours de repos. La Cour des comptes a recommandé ces dernières années à la DGAC de revoir ces cycles pour limiter la durée des vacations des aiguilleurs, plus longues que celles de leurs homologues européens. La règle du travail d'"un jour sur deux" freine la productivité et est contradictoire avec les objectifs de sécurité, relevait la Cour en 2011.
La mission Vernhes préconise "d'augmenter le nombre de vacations de travail aux périodes les plus denses" de trafic, notamment l'été. Et en période creuse, de réduire au contraire le nombre de ces vacations. Elle propose de "respecter" quelques "fondements" : maintien d'un "travail en équipe", "garantie d'un tableau de service prévisible" et "travail un jour sur deux en moyenne sur l'année". Globalement le nombre de jours travaillés ne changerait pas mais les vacations seraient "plus courtes et plus fréquentes en période de fort trafic", résume Olivier Joffrin, de l'Usac-CGT (deuxième syndicat). "Il y aura des changements, on ne le conteste pas. Les mesures préconisées sont peut-être valables pour les centres les plus saisonniers", reconnaît-il. Mais modifier les règles de congés, "ça se négocie, les contrôleurs ont une vie sociale", explique le délégué.
Sur le fond, le SNCTA affirme être lui aussi prêt à "discuter" et son représentant, Roger Rousseau, se dit "plutôt favorable" aux propositions Vernhes. S'il accepte le principe de vacations plus fréquentes aux pics, le premier syndicat revendique "une baisse du temps de travail global", via une réduction des vacations à 8,5 heures maximum, en réduisant les temps de pause. Il demande aussi des "mesures de motivation", telles que des "revalorisations salariales significatives". Le SNCTA a fait d'un accord catégoriel un préalable. Lundi 13 avril, à l'issue d'une réunion avec la direction de la DGAC, il a annoncé avoir obtenu la reconnaissance de trois niveaux de négociations, dont l'un permettra de traiter les problématiques liées à un métier.

Sylvie Husson

Mercredi 15 Avril 2015



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