Le tribunal de commerce refuse un sursis à MyFerryLink



© Port de Calais
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Le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, a refusé lundi 29 juin d'accorder un sursis à la compagnie MyFerryLink, dont les contrats d'affrètement des navires avec leur propriétaire Eurotunnel prennent fin le 1er juillet à minuit. "Le tribunal de commerce de Boulogne n'a pas fait droit aux demandes des administrateurs. À compter du 2 juillet, la Scop SeaFrance perd son outil de travail, perd ses navires, et devra probablement cesser son activité. C'est une catastrophe", a réagi une des avocates de la Scop.
Eurotunnel avait indiqué la semaine dernière avoir signé avec le transporteur danois DFDS un contrat de location, avec option d'achat en 2017, de deux de ses trois navires (le "Rodin" et le "Berlioz") à compter du 2 juillet. Mercredi 24 juin, la compagnie maritime danoise DFDS Seaways avait annoncé garder 202 des quelque 600 employés de la Scop SeaFrance dans son projet de reprise de deux des trois bateaux de MyFerryLink. Le troisième, employant 120 personnes, serait conservé par Eurotunnel pour le transport de fret. Ce sont donc un peu moins de la moitié des effectifs qui risquent de se retrouver sans emploi.
"Le tribunal a ordonné à Eurotunnel sous une astreinte de 30.000 euros par jour de retard à compter d'un délai de quarante-huit heures de communiquer aux administrateurs de la Scop SeaFrance les contrats d'affrètement conclus avec DFDS", a expliqué Virginie Quenez, avocate de la Scop SeaFrance, qui exploite la compagnie MyFerryLink. "Nous ne sommes pas intervenus volontairement dans la procédure (lancée par les administrateurs de la compagnie, NDLR) par crainte d'un report d'audience, il appartient aux administrateurs de prendre une décision suite à ce jugement qui a été rendu", a-t-elle indiqué. "Concrètement on n'a plus les navires à compter du 2 juillet", a poursuivi Me Quenez, qui devait rejoindre ses clients : "On va avoir une discussion avec les représentants des salariés. Je pense effectivement que des actions vont être mises en place."
Éric Vercoutre, secrétaire général du Syndicat Maritime Nord, ultra majoritaire au sein de la Scop SeaFrance, avait indiqué dans la matinée de lundi 29 juin que les bateaux étaient à quai, dans les ports de Calais et de Douvres, dans l'attente de la décision. Il avait averti la semaine dernière que l'été "serait chaud sur le port de Calais", si Eurotunnel persistait dans sa décision. Mardi 23 juin, des membres de la Scop SeaFrance avaient causé d'importantes perturbations en bloquant le tunnel sous la Manche et le port de Calais.

600 manifestants à Calais

Environ 600 personnes ont défilé samedi 27 juin à Calais à l'appel de la mairie et des syndicats pour soutenir la compagnie maritime MyFerryLink, menacée après l'annonce de la vente des navires appartenant à Eurotunnel au concurrent DFDS, selon les chiffres de la préfecture du Pas-de-Calais. "C'est important que nous soyons présents aujourd'hui pour préserver et défendre ces 600 familles", a déclaré le maire, Natacha Bouchart (Les républicains), en référence aux quelque 600 employés de la ScopSeaFrance, qui servent les trois navires naviguant sous le nom de MyFerryLink. "Nous attendons la décision (du tribunal) avec beaucoup d'angoisse et d'impatience, nous espérons que le tribunal accordera deux mois supplémentaires pour pouvoir continuer à travailler sur ce dossier", avait expliqué Natacha Bouchart. Tout au long du cortège, on pouvait lire des banderoles "Oui au pavillon français" ou des tee-shirts portant l'inscription "Je suis femme de marin, je suis MyFerryLink". La manifestation s'est déroulée sans incident, a confirmé la préfecture. "Le message est de dire aux grands patrons qui veulent abattre les emplois dans la région, qu'ils vont devoir s'attendre à une résistance", a déclaré Éric Vercoutre. "C'est un gros message d'alerte. Quand je vous dis que l'été sera chaud sur le port du Calais, s'ils continuent leurs bêtises comme cela, il sera vraiment chaud", a lancé Éric Vercoutre.

AFP

Lundi 29 Juin 2015



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