Les Assises du port du futur insistent sur les dessertes fluviales


Les Assises du port du futur sont revenues sur les principales décisions de la Conférence sur le fret fluvial du 15 septembre, qui renforcent la desserte des ports maritimes, à défaut d'offrir des mesures urgentes pour soutenir la voie d’eau.


Les Assises du port du futur se sont tenues les 20 et 21 septembre à Paris © ED
Les Assises du port du futur se sont tenues les 20 et 21 septembre à Paris © ED
Dans l’esprit des récentes missions parlementaires sur l’attractivité des façades portuaires françaises, une large partie des Assises du port du futur, organisées par le Cerema (centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) du 20 au 21 septembre à Paris, a été consacrée aux enjeux des dessertes terrestres, fluviales en particulier.

"L’application du règlement européen "EMNR" dès 2019 est un défi pour la voie d’eau"


Les échanges animés par Marc Sandrin, sous-directeur des ports et du transport fluvial à la DGITM (Direction générale des infrastructures, des transports et de la mer) et par Geoffroy Caude du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD), ont ainsi été l’occasion de détailler les mesures prises le 15 septembre lors de la troisième conférence nationale sur le fret fluvial.

Nouveau plan d’aide à la modernisation

Venant clôturer une démarche lancée en octobre 2014, dix-huit actions ont été actées autour de "la compétitivité du secteur, l’adaptation de la flotte, la simplification de la réglementation, et les services rendus par le gestionnaire d’infrastructures Voies navigables de France", résume Geoffroy Caude. Dans ce cadre, un nouveau Plan d’aide à la modernisation et à l’innovation est en préparation pour la période 2018-2022. Prenant le relais du "Pami 2013-2017" doté d’un budget de 22,5 millions d’euros, il aura pour mission d’adapter les flottes au règlement européen "Engins mobiles non routiers" (EMNR) publié le 19 septembre dernier. "Le texte fixe de nouvelles normes d’émissions polluantes aux navires fluviaux applicables pour les moteurs neufs de moins de 300 kW au 1er janvier 2019, et au 1er janvier 2020 pour ceux de plus de 300 kW". Son application conduira à un renouvellement des motorisations estimé à 200 moteurs par an en moyenne jusqu’en 2050 avec un pic de 500 unités par an entre 2023 et 2028. Pour baliser les priorités et les besoins, VNF a créé le Bureau d’assistance technique et logistique pour les industriels et les artisans (Batelia). Au titre du projet European Inland Barging Innovation Platform (EIBIP), Batelia percevra une aide publique européenne de 100.000 euros par an au cours des trois prochaines années. Le Pami 2018-2022 a donc vocation à concrétiser ses travaux. "Sa notification à la Commission européenne interviendra en 2017", une fois clarifié son financement.

Identifier les flux routiers transposables

Les services aux navigants fluviaux constituent un autre volet des mesures prises lors de la conférence sur le fret fluvial du 15 septembre. Ils sont un écho au projet de distribution d’électricité et d’eau sur l'axe Seine dont les premières bornes sont annoncées au Havre dès le printemps 2017 par Marina Labeylie, responsable du développement multimodal de Haropa. En outre, ils prévoient le développement des Systèmes d’information fluviale (Sif) sur l’ensemble des voies navigables à grand gabarit, ainsi que l’élaboration de "schémas directeurs de services par bassin".
En matière de développement commercial, VNF est en outre chargé d’identifier les flux routiers de transports exceptionnels transposables sur la voie d’eau, et de réaliser des outils cartographiques d’aide à la décision logistique. "Les résultats de l’étude et les outils cartographiques seront disponibles courant 2017". Décret d’application d’un contrat-type fluvial, extension de l’expérience dunkerquoise sur les THC fluviaux dans les autres ports et coopération renforcée entre ports maritimes et fluviaux figurent aussi parmi les actions retenues.

Premiers effets de la Loi "économie bleue"

La loi dite "Leroy" sur l'économie bleue du 20 juin 2016 a également intégré la navigation fluvio-côtière", ajoute Marc Sandrin. Un arrêté paru au "Journal Officiel" du 5 août autorise désormais aux bateaux-citernes fluviaux l’accès à Port 2000 au Havre via sa "route Nord". Ces unités fluviales destinées au soutage et à la collecte de déchets aux navires en escale, devront être titulaires d’une autorisation individuelle délivrée par le préfet du département de Seine-Maritime. Cette autorisation renouvelable tous les cinq ans sera attribuée en fonction des caractéristiques du bateau-citerne et de son aptitude à naviguer sur un plan d’eau agité. Cette initiative vise à améliorer la compétitivité des services d’avitaillement proposés aux navires maritimes en escale à Port 2000. En préparation, un nouvel arrêté dont la publication est annoncée mi 2017, prévoit d’étendre la navigation des navires fluviaux à l’aval de la limite transversale de la mer (LTM) pour les estuaires de la Seine, de la Loire, de la Gironde et du Rhône.
 

Prochain Comité interministériel de la mer en novembre
Avec le "port numérique" à travers les enjeux de l’internet physique et des Systèmes d’information fluviaux (Sif), un autre volet des Assises du port du futur était consacré à la restitution des quatre missions parlementaires consacrées aux façades portuaires nationales. Leurs propositions seront au cœur d’un Comité interministériel de la mer (Cimer) dont la tenue est programmée dans la deuxième moitié du mois de novembre 2016.

Érick Demangeon

Jeudi 22 Septembre 2016



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