Les Seychelles peinent à faire face à la piraterie


De modestes prisons déjà surpeuplées, des garde-côtes largement démunis : les Seychelles ont beau être le bon élève de la lutte anti-piraterie, l'archipel de l'océan Indien est clairement dépassé par l'ampleur du phénomène.


© Eunavfor
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Les Seychelles ont accepté depuis 2010 de juger et de détenir les pirates somaliens. Il est le seul dans la région à le faire, avec le Kenya, qui ne juge cependant plus qu'au compte-goutte les suspects arrêtés. Mais les autorités des Seychelles - un archipel de 115 îles doté d'une armée de 500 hommes - réclament davantage d'aide internationale, face à un phénomène qui ne cesse d'enfler depuis la fin des années 2000.

Capacité pénitentiaire insuffisante

En premier lieu, la surveillance des eaux territoriales est très aléatoire. "Les garde-côtes des Seychelles ne peuvent à eux seuls rendre les eaux sûres, nous avons besoin de forces conjointes. Si nous parvenons à mettre tout le monde à contribution, je pense que notre combat contre la piraterie sera plus facile", déclare le chef des garde-côtes seychellois. Lors d'une visite du ministre chinois de la Défense en décembre dernier à Victoria, les autorités seychelloises avaient "invité le gouvernement chinois à installer une présence militaire a Mahé, de façon à lutter contre les attaques de pirates". Des drones américains partent déjà des Seychelles pour repérer les embarcations des pirates, qui ces dernières années s'aventurent de plus en plus près de l'archipel, pourtant distant de plus de 1.500 km de la Somalie. Ensuite, les Seychelles sont loin de disposer d'une capacité pénitentiaire suffisante. Les 82 pirates somaliens aujourd'hui incarcérés à la petite prison de Mahé représentent 20 % des détenus de l'établissement. La prison a été ouverte il y a quatre ans, face à l'accroissement du nombre de détenus.

«La surveillance des eaux territoriales est très aléatoire»


"Les Seychelles sont un État si petit et il fait déjà plus qu'il ne peut dans le combat contre la piraterie", estime l'ambassadeur britannique dans ce pays, Matthew Forbes. Le Royaume-Uni a détaché des gardiens de prison aux Seychelles pour assurer des formations, et des juristes pour suivre des procédures. Environ sept pirates sur dix appréhendés dans l'ensemble de l'océan Indien sont aujourd'hui libérés faute de preuves suffisantes, et de pays prêts à les juger et à les incarcérer, selon l'Onu, qui a justement financé à cette fin l'an dernier la rénovation d'une prison au Somaliland. "Les Seychelles portent pour l'heure seuls le poids d'incarcérer un grand nombre de pirates, mais le premier groupe de Somaliens condamnés va être transféré vers la Somalie d'ici fin mars, vers des installations surveillées par du personnel onusien", assure M. Forbes.
Interpol, Londres et la Haye financent enfin la création, aux Seychelles, d'un Centre régional de coordination du renseignement anti-piraterie. Une fois inauguré d'ici la fin de l'année, il sera chargé d'accumuler les preuves contre les réseaux de financement occultes. "Ceux qui sont en prison ne reçoivent que des miettes, comparés à ceux qui, dans les grandes villes, profitent de l'argent des rançons. Nous devons en découvrir plus sur qui finance la piraterie, pour décapiter l'organisation", espère Srdjana Janosevic, porte-parole de la présidence seychelloise.

La Grèce se retire d'Atalante

La Grèce a décidé de se retirer de manière anticipée de l'opération anti-piraterie "Atalante" menée dans l'océan Indien par l'UE pour faire des économies dans la période de crise qu'elle traverse. La frégate «Hydra» prendra le chemin du retour vers la Grèce mercredi 7 mars, soit un mois plus tôt que prévu, ce qui permettra au gouvernement d'économiser 2,5 M EUR. De plus, aucun navire militaire grec ne participera au prochain tour d'opérations de deux mois dans l'océan Indien, ce qui fera économiser 5 M EUR à Athènes.

Ella Ide

Mardi 6 Mars 2012





     

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