Les accidents ferroviaires ne remettent pas en cause le réseau



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Les accidents de trains en France, Espagne et Suisse ne témoignent pas d'une dégradation généralisée du réseau européen, mais sont dus à des causes spécifiques à chaque pays, et ne doivent pas remettre en cause la sécurité du rail en Europe, selon des experts ferroviaires. La catastrophe de Brétigny-sur-Orge a fait 7 victimes, le drame de Saint-Jacques-de-Compostelle a fait 79 morts, et la collision frontale entre deux trains survenue lundi 22 juillet près de Lausanne a coûté la vie à un conducteur de train. Ces trois accidents mortels en moins d'un mois ne permettent pourtant pas de tirer la sonnette d'alarme, selon les experts. "C'est une totale coïncidence car les trois accidents ont des causes totalement différentes ; on ne peut pas les lier entre eux", assure Jean-Daniel Buri, ingénieur à l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). "D'après les observations initiales, il s'agit d'une malheureuse coïncidence", confirme Jens Engelmann, membre de la direction générale de l'Agence ferroviaire européenne.
En France, le déraillement du Paris-Limoges 3657, dû selon les premières conclusions à une éclisse défaillante, a validé le débat existant sur la vétusté du réseau français et les moyens alloués à son entretien. Après des décennies consacrées au tout-TGV, le pays a décidé de redonner la priorité à l'entretien et à la modernisation de ses 30.000 km de lignes, et au renouvellement des trains TER et des Intercités. En Espagne, le drame de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui semble pour le moment être dû à une négligence du conducteur, a eu lieu quelques kilomètres après la fin de la ligne à grande vitesse (LGV). La péninsule Ibérique compte 3.100 km de LGV sur un réseau total qui approche 18.000 km. Le pays, qui n'a pas abandonné ses ambitions, malgré la crise économique, compte 3.000 km de LGV supplémentaires en projet ou en construction. En Suisse, l'enquête s'oriente elle aussi vers une erreur humaine (non-respect de la signalisation) pour expliquer la collision de lundi, qui a eu lieu sur un réseau souvent élevé au rang de modèle. Depuis plus de trente ans, les Helvètes ont mis en place le cadencement sur leurs 5.100 km de voies ferrées. Le système permet d'organiser les dessertes à des horaires identiques et accentue la sécurité grâce à son rythme régulier.

"Tous les pays européens sont sûrs en matière ferroviaire"

"Tous les pays européens sont sûrs en matière ferroviaire", garantit Jean-Daniel Buri, co-auteur du dernier audit du réseau ferré français, réalisé fin 2012. "La sécurité est très poussée depuis l'origine car tous les systèmes sont conçus pour qu'on la renforce en cas de défaillance. Par exemple, si les lignes vieillissent, on prend des mesures pour que les trains roulent moins vite". À l'Agence européenne du rail, on souligne les performances de sécurité de la France et de l'Espagne "meilleures que la moyenne de l'Union européenne", qui se situe à 0,16 mort par milliard de kilomètres parcourus. La Suisse, qui a ses propres statistiques, fait état de 28 morts pour presque 19 milliards de kilomètres parcourus en 2012 (1,47 mort par milliard de kilomètres). "En France et en Espagne, la sécurité s'améliore, même en période de restrictions budgétaires", ajoute Jens Engelmann. Pour les deux experts, le train "reste le moyen de transport terrestre le plus sûr" d'après les statistiques. "Si vous vous regardez les statistiques, la plupart des morts liées au ferroviaire sont dues à des suicides", reprend Jean-Daniel Buri. Le choc causé par les catastrophes des trois dernières semaines doit conduire à une réévaluation des procédures, mais le polytechnicien n'attend pas d'avancée significative en matière de sécurité sur un réseau déjà très régulé. "Comme en avion, le pilote peut toujours rater un atterrissage, le risque zéro n'existe pas", reconnaît Jean-Daniel Buri. "Mais globalement, le système est sûr et cela ne doit pas changer les usages de tout un chacun".

Romain Fonsegrives

Mercredi 31 Juillet 2013



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