Les agriculteurs se mobilisent contre l'Écotaxe


L'Écotaxe a cristallisé la colère de nombreux agriculteurs mardi 22 octobre en Normandie, dans l'Est de la France, dans le Sud-Ouest et en région parisienne, des manifestations étant prévues dans tout le pays contre cette taxe pour les poids lourds qui doit entrer en vigueur le 1er janvier.


Les agriculteurs se mobilisent contre l'Écotaxe
Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a reconnu en milieu de journée qu'il y avait "certainement des choses à améliorer" dans sa mise en œuvre, contestée par la FNSEA, tout en niant qu'elle représente des "milliards et des milliards". "J'entends bien les réticences... Il y a des sujets sur lesquels on est en train de regarder", a déclaré Stéphane Le Foll, selon lequel la taxe rapporterait "globalement en terme national autour de 400 millions, pas plus". Mais selon la FNSEA, elle représenterait entre 1,3 et 1,8 milliard d'euros, a affirmé son secrétaire général, Dominique Barreau, pour qui cela correspond à "toujours plus de taxes, alors qu'on est en récession !" "Il n'y a qu'à compter les emplois derrière", a-t-il commenté.
Répondant à l'appel à la mobilisation, des agriculteurs ont bâché dès l'aube, en Seine-Maritime, des bornes électroniques destinées à l'enregistrement des passages des poids lourds, ainsi qu'à La Haye, au nord-est de Rouen. Il n'y a eu aucun incident, ni perturbation de la circulation. La FDSEA de Seine-Maritime demande l'ajournement de la taxe, a dit son président, Arnold Puech d'Alissac. En région parisienne, une cinquantaine d'agriculteurs et maraîchers ont organisé une opération escargot dans la matinée et distribué des salades aux automobilistes à proximité d'un portique, aux alentours de Fontainebleau (Seine-et-Marne).

Exempter les petits producteurs

Entre les champs, dans la grande plaine sableuse de Fontainebleau, et le marché en gros de Rungis, les maraîchers devront passer pas moins de cinq portiques, a assuré Gurvan Le Gall, directeur de la FDSEA de Seine-et-Marne. "Là, on est vraiment dans le circuit court que le gouvernement veut promouvoir ! Ils font 30 km en moyenne. Mais leurs tomates seront davantage taxées que celles qui viennent du Maroc", s'est-il insurgé. Selon lui, dans la région, l'Écotaxe représentera un surcoût "de 30 à 50.000 euros par an pour les producteurs", a-t-il dit, rappelant que "depuis le début, on demande que les petits producteurs soient exemptés".
Dans l'Est, les agriculteurs ont bloqué provisoirement plusieurs axes routiers à l'aide de tracteurs et de camions. L'A31 a été coupée dans la matinée en Moselle où des agriculteurs se sont rendus en tracteur en direction d'un portique, à hauteur de la commune de Fey, selon la gendarmerie. Dans la Meuse, des agriculteurs ont bâché le portique de Ligny-en-Barrois, provoquant la suspension de la circulation sur la RN4, un axe qui traverse tout le département, selon la FDSEA.
Portique partiellement bâché également à Pontorson (Manche) mais aussi dans le Maine-et-Loire, près de Cholet. "On vient de nous donner un coup de pouce avec le Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE) mais si l'Écotaxe est appliquée, elle représentera le double de ce qu'on y gagne", a dénoncé Pascal Levavasseur, président de l'Association régionale de la filière horticole et ornementale (ARFHO), qui redoute que son secteur connaisse à terme la même crise que l'agroalimentaire breton. À Marans, au nord-est de La Rochelle (Charente-Maritime), c'est une dizaine de tracteurs qui ont ralenti la circulation en début d'après-midi. Là encore, les manifestants ont symboliquement bâché les bornes situées à la sortie de la ville.

"D'autres actions sont envisagées, selon la FDSEA du Finistère"


Dans le Lot-et-Garonne, département très agricole, une délégation de la FDSEA a été reçue à la préfecture à Agen. Même chose dans la Sarthe, où des représentants syndicaux et des dirigeants d'entreprises du secteur agroalimentaire ont rencontré le préfet, au Mans, et lui ont demandé la suspension de la taxe. "La filière agroalimentaire est fragile en ce moment", a commenté Arnaud Degoulet, président d'Agrial, une coopérative regroupant 10.000 agriculteurs. "Ce n'est pas avec des cadavres qu'on va payer l'Écotaxe", a-t-il dit. En Bretagne, un portique a été abattu début août et deux autres ont été récemment sabotés. "Nous, on n'arrête pas de bouger depuis plusieurs semaines", a assuré Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère, en précisant que "d'autres actions d'autres jours" étaient envisagées.

L'Écotaxe bénéficiera à la Bretagne

La Bretagne bénéficiera "largement" de la redistribution du produit de l'Écotaxe puisque, chaque année, elle versera 42 millions d'euros et en recevra 135 millions, a assuré lundi 21 octobre le ministère des Transports, à la veille d'une mobilisation du monde agricole. "La Bretagne recevra 135 millions d'euros chaque année et pendant les cinq prochaines années pour l'amélioration de son infrastructure de transport", a réagi lundi le ministère. "L'Écotaxe ne peut pas expliquer la grave crise que traverse en ce moment le secteur agroalimentaire en Bretagne, puisqu'elle n'est pas encore appliquée", ajoute le gouvernement, qui précise que le "caractère péninsulaire de la Bretagne et le fait qu'elle ne comptait aucune autoroute à péage ont bien été pris en compte". "Les 150 km de la route nationale 164, l'axe Est-Ouest principal de la Bretagne, ne font pas partie du réseau taxable et aucune route locale, autres que les routes nationales, hors RN 164, ne sera taxée en Bretagne", souligne encore le ministère. Cette disposition exclut cependant la voie expresse et axe principal Rennes-Brest (la RN 12).

AFP

Mardi 22 Octobre 2013



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