Les cimentiers interpellent l’État sur la concurrence



© Italcementi Group
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Les industriels français du ciment ont interpellé lundi 11 février le gouvernement sur les risques représentés par les importations extra-communautaires de produits cimentiers, qui sont en hausse en France en 2012, malgré une consommation hexagonale en baisse. Cette concurrence est "une menace majeure", a affirmé le président du Syndicat français de l'industrie cimentière (Sfic), Rachid Benyakhlef, qui évoque les "distorsions de coûts" entre des cimentiers extra-européens qui "ne subissent pas les mêmes charges" et les producteurs locaux.
La production de clinker (produit de base du ciment) et de ciment est souvent considérée comme une industrie non délocalisable, en raison de son caractère "pondéreux" : le rapport entre le poids et le prix des produits rend prohibitif le transport sur de longues distances. C'est une "idée reçue", juge M. Benyakhlef, en avançant les chiffres du Sfic. En 2012, la consommation française de ciment s'est établie en baisse de 6,7 % à 19,97 millions de tonnes. De ce total, la part du ciment importé est en hausse de 5,2 % à 1,96 millions de tonnes et représente désormais environ 10 %. La production française recule elle de 7,8 % à 19,54 millions tonnes. La majeure partie du ciment importé est extra-communautaire, selon le Sfic. L'année 2013 ne sera "pas plus rose que 2012", selon M. Benyakhlef, qui chiffre à 9 % le recul attendu de la consommation, directement affectée par la chute des mises en chantier dans le bâtiment.
Parmi les distorsions de coûts, le Sfic pointe le poids des réglementations sociales et environnementales, très différentes entre les pays membres et non-membres de l'Union européenne. Il estime ainsi que "l'empreinte carbone de certains ciments importés est supérieure de 75 % à celle d'un ciment produit en France". Il craint d'autant plus un durcissement de la réglementation européenne sur les émissions de CO2, qui augmenterait selon lui la distorsion de concurrence. Les cimentiers demandent également que soient revues les autorisations d'installations industrielles portuaires, comme des stations de broyage ou de simples terminaux d'importation, qui viennent concurrencer les usines locales.
Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, s'est dit à la "disposition" des acteurs du secteur pour "examiner les conditions d'évolution de la fiscalité sur le CO2" et "sur la question de la compétition déloyale", ou encore sur "l'économie de recyclage et de réutilisation". Les cimentiers français utilisent aujourd'hui en effet à 30 % des déchets comme combustibles et souhaitent doubler cette proportion à terme. Le Sfic regroupe les cinq fabricants de ciments, chaux hydrauliques et liants routiers : Ciments Calcia (Ciments Français), Holcim, Kernéos, Lafarge, le leader mondial du secteur, et Vicat.

Manifestation au Havre contre l'importation de ciments

Quelque 200 personnes ont manifesté jeudi 14 février devant le siège du Grand Port maritime du Havre (GPMH) contre deux projets d'importation de ciment qui menacent, selon les syndicats, l'emploi dans la cimenterie locale exploitée par Lafarge. Une partie des manifestants, parmi lesquels des salariés de Lafarge, de Renault, de Total ainsi que des dockers, inquiets pour l'emploi, ont envahi la salle où se tenait une réunion du Conseil de développement du GPMH. "Si un seul de ces deux projets voit le jour, cela nous mettra dans une situation intenable qui pourrait conduire à la fermeture de notre site qui emploie 150 salariés et autant de sous-traitants", a affirmé Didier Merle, délégué CFE/CGC de Lafarge. Selon lui, deux groupes ont demandé au GPMH la possibilité de s'implanter sur le port pour importer du clinker. "Sur place, chacun de ces groupes veut installer une simple station de broyage qui emploiera au maximum 30 personnes", a précisé Didier Merle. De son côté, la direction du GPMH, qui a dû interrompre la réunion de son conseil de développement, se refuse à détailler ces projets. "L'objectif du GPMH est de développer des trafics qui génèrent des emplois", a simplement souligné Hervé Cornède, directeur commercial, en assurant que onze implantations nouvelles avaient été dénombrées sur les zones portuaires de l'axe Seine en 2012.

AFP

Jeudi 14 Février 2013





     

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