Les compagnies à la recherche de leur rentabilité


Stimulées par l'essor du trafic, les compagnies aériennes n'ont jamais été aussi nombreuses ni aussi inventives et vont encore garnir les carnets de commandes des constructeurs au salon du Bourget.


© Skymark
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L'association internationale du transport aérien (Iata) représente aujourd'hui 240 compagnies, assurant 84 % du trafic mondial. Elle n'en comptait que 57 en 1945. Au fil des décennies, le secteur a vu émerger aux côtés des compagnies traditionnelles autrefois détenues par les États de nouveaux acteurs : les transporteurs à bas coûts dont Ryanair (1985), EasyJet (1995), AirAsia (1993) ainsi que les compagnies du Golfe à l'instar d'Emirates (1985) dont l'appétit pour les avions long-courriers d'Airbus et de Boeing semble insatiable. Le puissant transporteur de Dubaï, à la croissance fulgurante, dispose d'une flotte de près de 200 avions gros porteurs. Il a commandé 196 autres appareils, dont 57 A380 et 64 B777-300ER, et promet d'en acheter davantage.
"C'est un secteur où les barrières à l'entrée sont quasiment inexistantes. On peut créer rapidement une compagnie d'autant qu'il y a énormément d'avions d'occasions disponibles et les pilotes se trouvent, dans la plupart des régions, eux aussi assez facilement", explique Yan Derocles, expert aéronautique chez Oddo Securities. Aussi, souligne-t-il, "la liste des compagnies dans le carnet de commandes des avionneurs n'a jamais été aussi étoffée".

"57 compagnies en 1945 contre 240 aujourd'hui"


L'assureur-crédit Euler Hermes ajoute que "les constructeurs aéronautiques présentent un degré d'exposition non négligeable aux pays les plus fragiles sur les plans économique et politique", dans une étude publiée à l'occasion du salon. Mais, selon lui, cette "fragmentation des carnets de commandes (Airbus et Boeing disposant de plus de 120 acheteurs chacun) permet une ventilation satisfaisante du risque". Cette ruée sur les avions les plus récents s'explique par le boom attendu du transport aérien. Le nombre de passagers, estimé à 3,1 milliards pour 2013, doublera d'ici 2030, selon des prévisions de l'Iata.

Pas sans conséquence sur la rentabilité

La multiplication et la diversification des compagnies n'est pas sans conséquence sur leur rentabilité et leur modèle économique. Tony Tyler, directeur de l'Iata, a récemment estimé que les transporteurs dégageront 12,7 milliards de dollars (9,8 milliards d'euros) de bénéfices cette année avec une marge de seulement 1,8 %, soit "un bénéfice de 4 dollars par passager, moins que le prix d'un sandwich" en Occident. Les low-cost, proposant des billets à des prix extrêmement bas, ont contraint les acteurs traditionnels à revoir leur politique tarifaire et rogner sur les marges.
Le secteur a en outre dû se résoudre à des vagues de consolidation en Europe (Air France s'alliant à KLM, Lufthansa rachetant Swiss, Austrian et Brussels Airlines, British Airways fusionnant avec Iberia), aux États-Unis où toutes les compagnies majeures ont désormais fusionné entre elles (dernièrement American Airlines et US Airways) ou encore en Amérique latine (fusion de la chilienne Lan avec la brésilienne Tam). Nombre d'accords commerciaux ont en outre été noués entre compagnies de continents différents à l'instar de celui conclu entre Emirates et sa consoeur australienne Qantas.
Les low-cost, EasyJet en particulier, ont elles-mêmes été contraintes d'évoluer en proposant des services que les transporteurs traditionnels étaient seuls à offrir (billet échangeable, réservation du siège). "La vision simpliste compagnies traditionnelles contre low-cost a vécu", estime ainsi Alain Guillot, responsable du pôle aéronautique et défense d'AlixPartner dans une étude. Selon lui, "les compagnies qui réussissent proposent aujourd'hui toute une gamme de services à valeur ajoutée, la combinaison de différents réseaux. Les prix et horaires de vols ne sont plus la seule clé de la réussite". Didier Bréchemier, expert du cabinet Roland Berger, prévoit lui à l'avenir "l'émergence de low-cost long-courrier" intercontinentaux.

Le leasing en tête des commandes

La société de location d'avion de GE Capital, Gecas, a annoncé lundi 17 juin qu'elle commandait 10 B787-10, la version allongée du Dreamliner dont le lancement officiel doit se faire au salon. Le montant de la transaction s'élève à 2,9 milliards de dollars. La compagnie Doric, spécialisée dans le financement d'achats d'avions pour le compte des compagnies aériennes, a également signé un protocole d'accord portant sur l'achat de 20 A380 pour un montant de 8 milliards de dollars. Quant à la société américaine de location d'avions ILFC, elle a commandé 50 A320 Neo supplémentaires d'une valeur totale de 5 milliards de dollars. Par ailleurs, la compagnie aérienne japonaise Skymark a commandé 4 B737 Max 8. La transaction s'élève à 402 millions de dollars. La compagnie émiratie Qatar Airways a aussi annoncé qu'elle commandait 9 BB777-300 ER pour 2,8 milliards de dollars.

Delphine Touitou

Lundi 17 Juin 2013



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