Les compagnies aériennes craignent d'être bridées par la saturation des aéroports


Le secteur du transport aérien va engranger de nouveau des bénéfices record en 2016 mais la hausse constante du trafic qui atteindra 7,2 milliards de passagers en 2035 doit s'accompagner d'un développement des infrastructures aéroportuaires pour éviter une future crise, préviennent les compagnies.


Le nombre de passagers aériens en 2016 a atteint 3,8 milliards © DGI
Le nombre de passagers aériens en 2016 a atteint 3,8 milliards © DGI
En 2016, le secteur va afficher un nouveau record de ses bénéfices avec 35,6 milliards de dollars (environ 33 milliards d'euros), après six années dans le vert, selon des projections présentées à Genève par l'Association internationale du transport aérien (Iata), qui regroupe environ 250 compagnies aériennes et représente plus de 80 % du trafic aérien mondial. Le nombre de liaisons aériennes dans le monde a augmenté de 4,1 % pour dépasser les 18.000, créant de nouveaux flux touristiques, souligne l'Iata, qui précise que le prix des billets a baissé en moyenne de 8 % en raison notamment des prix du pétrole plus avantageux.
Si le secteur s'est renforcé sur le plan financier, il doit toutefois se préparer à des "hauts et des bas", selon l'organisation. "Même si nous nous attendons à des conditions plus difficiles (en 2017), nous prévoyons un atterrissage en douceur en zone bénéficiaire", a déclaré le directeur général de l'Iata, Alexandre de Juniac.
L'année prochaine, le secteur devrait ainsi à nouveau être bénéficiaire, malgré les incertitudes liées au Brexit et aux élections américaines, mais verra ses profits s'amoindrir, à 29,8 milliards de dollars, prévoit l'Iata. "Les incertitudes sont importantes, après le Brexit et l'élection d'un nouveau président aux États-Unis", a expliqué Brian Pearce, responsable économique de l'association, estimant que la politique économique du président Donald Trump sera déterminante, en fonction de son évolution vers plus de protectionnisme ou des allègements fiscaux.
Par ailleurs, l'organisation note d'importantes disparités régionales : les États-Unis réalisent les meilleures performances financières avec des bénéfices nets après impôts de 20,3 milliards de dollars en 2016. L'Europe arrive en deuxième position avec 7,5 milliards de dollars de bénéfices, suivie de très près par l'Asie avec 7,3 milliards. Selon les prévisions de l'Iata pour 2017, l'Asie devrait devancer l'Europe (6,3 milliard contre 5,6 milliards de dollars). Les bénéfices des compagnies en Amérique latine et au Proche-Orient ont été en très faible progression (moins de 1 %), tandis que le secteur reste déficitaire en Afrique en raison des conflits sur le continent et du manque d'infrastructures adaptées.

"Les prévisions pour 2035 sont de 7,2 milliards de passagers"


Le nombre de passagers aériens en 2016 a atteint 3,8 milliards et devrait approcher les 4 milliards en 2017. Les prévisions pour 2035 sont de 7,2 milliards de passagers. Cette évolution va générer des bénéfices mais "seulement si le développement des infrastructures se poursuit", a souligné Alexandre de Juniac, ex-PDG d'Air France-KLM qui a pris la tête de l'association en juillet, redoutant une "crise des infrastructures" aéroportuaires.
"Malheureusement, je pense que nous nous dirigeons vers une crise des infrastructures", a-t-il déclaré. L'extension des capacités d'accueil d'un trafic en perpétuelle augmentation est difficile notamment dans des mégapoles comme New York, Bangkok, Bombay, Mexico ou Sao Paulo. Tout en saluant la décision du gouvernement britannique de construire une troisième piste à l'aéroport londonien de Heathrow, Alexandre de Juniac a qualifié son coût de "17 milliards de livres" de "scandaleux".

Gare aux privatisations

L'Iata a également lancé un appel aux gouvernements pour leur rappeler leur "responsabilité" de fournir aux compagnies aériennes une bonne infrastructure aéroportuaire. Elle a par ailleurs envoyé un message de "prudence" aux gouvernements dans leur politique de privatisation des aéroports, qui doit être "équilibrée entre intérêts publics et privés". "La première des préoccupations ne devrait pas être de trouver le plus offrant", a souligné Alexandre de Juniac estimant que, "malgré de nombreuses privatisations dans le monde, il n'y a aucun exemple qui ait vraiment répondu aux attentes de capacités suffisantes, d'opérations efficaces et de coûts abordables".
L'organisation a invité les gouvernements à réfléchir à l'impact des taxes et charges sur l'industrie du transport aérien, citant l'exemple de l'aéroport de Carthagène. Quand l'aéroport colombien a baissé ses redevances de 92 à 38 dollars en 2015, le nombre de passagers internationaux a augmenté de 30 %, selon l'organisation.

Sonia Wolf

Vendredi 9 Décembre 2016



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