Les contours du projet d'alliance P3 se précisent


Annoncé en juin, le projet d'alliance P3 reste suspendu à l'accord des autorités de la concurrence aux États-Unis, en Europe et en Chine. Sur l'axe Est-Ouest, selon le courtier parisien Alphaliner, la capacité déployée devrait rester identique mais le nombre de navires est moins important que prévu et quelques services en seraient exclus.


© Port de Rotterdam
© Port de Rotterdam
La future alliance P3 décidée par les trois leaders du transport maritime mondial (Maersk, MSC et CMA CGM), dont les projets de statuts viennent à peine d'être déposés, continue de soulever de nombreux débats dans la sphère de la ligne régulière conteneurisée. À sept mois de sa mise en œuvre attendue sur l'axe Est-Ouest, des contours plus précis commencent à être dévoilés.
Aux États-Unis, le président de la Federal Maritime Commission (FMC), Mario Cordero, a invité ses collègues de la Commission européenne et ceux des autorités chinoises compétentes à se retrouver à Washington (DC) à l'occasion d'un "sommet réglementaire global" pour débattre de leurs rôles respectifs dans l'étude des impacts de la future alliance sur le marché.
Dans un courrier révélé par le cabinet de courtage Alphaliner, Mario Cordero souligne que la Federal Maritime Commission (FMC) américaine, la Commission européenne et les autorités chinoises ont "la responsabilité de veiller vis-à-vis des États dont elles représentent les intérêts mais également vis-à-vis du marché du transport maritime mondial que ce projet d'alliance ne va pas porter tort aux autres, y compris aux consommateurs finaux, aux acteurs du shipping et porter préjudice au commerce mondial".

Un dossier déposé tard auprès de l'administration

On reproche de part et d'autre aux initiateurs du projet d'avoir tardé à déposer la demande d'enregistrement de leur dossier auprès des administrations. À Washington, au vu du dossier présenté mi-octobre, on s'est rendu compte que le nombre de navires total déployé par les trois partenaires ne devrait pas s'élever à 346 comme annoncé initialement mais à 255 pour couvrir l'ensemble des services sur les marchés Asie-Europe, le transpacifique et le transatlantique. De plus, un certain nombre de services devraient en être exclus tels que les lignes desservant le Canada, le Sud de l'océan Pacifique et le Moyen-Orient. Ce qui explique probablement le différentiel entre la flotte mentionnée à l'origine par la rumeur publique et l'effectif enregistré en octobre auprès des autorités.

"Hong Kong, Port Kelang et Rotterdam vont perdre des escales"


Sur le marché Est-Ouest, trois ports vont sortir perdants de l'ouverture du P3, estime Alphaliner. Dans le cadre des nouvelles rotations, Hong Kong verra le nombre d'escales hebdomadaires passer de 18 à 8. À Port Kelang, au lieu de 13 navires par semaine, le port malais n'accueillera plus que 5 porte-conteneurs une fois l'alliance mise en place. En Europe du Nord, le nombre d'escales hebdomadaires à Rotterdam s'établira à 5 au lieu de 13.
En revanche, cinq ports tireront profit de la refonte des services dans le cadre du P3. Tel est le cas en Italie du hub Gioia Tauro, en Chine de Chiwan, en Malaisie de Tanjung Pelepas et du port californien d'Oakland.

Un structure commune dirigée par un cadre de Maersk

La nomination de Lars Mikael Jensen, de Maersk Line, à la direction générale du centre opérationnel de l'alliance P3 à Londres soulève auprès des observateurs un problème d'indépendance de la structure commune. Lars Mikael Jensen, rappelle Alphaliner, était cadre supérieur chez Maersk Line. Le fait que le P3 ne soit pas parvenu à désigner un responsable indépendant pour diriger les opérations des trois armateurs membres pose un problème de neutralité et de risques de conflit d'intérêt, soulève le cabinet de courtage parisien.

Vincent Calabrèse

Jeudi 31 Octobre 2013



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